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La tyrannie de Bruxelles

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La tyrannie de Bruxelles

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Auran Derien, universitaire ♦

Depuis des années, l’Union Européenne installe une tyrannie en Europe. Les bases de cette tyrannie, ses raisons ainsi que les fondements de l’opposition à celle-ci sont analysés de manière systématique par Jacques Sapir (in Souveraineté, Démocratie, Laïcité aux éditions Michalon) qui, ayant commencé sa carrière en étudiant l’Union Soviétique, est bien placé pour comprendre comment l’Occident en général et l’Union Européenne en particulier ont pris la place de cet ancien totalitarisme.

L’Union Européenne est composée de fonctionnaires choisis par des oligarchies , des sectes s’auto-proclamant volontiers chargées de mission du bien en soi. Cette organisation européenne est un empilement de domestiques obéissants dont le pouvoir est économique – en général – mais surtout financier. C’est la tyrannie standard de fonctionnaires qui n’ont aucune légitimité mais donnent cependant des ordres. Ils ont repris, systématiquement, la théorie de la souveraineté limitée telle que l’entendait l’ex-URSS face à ses victimes, les pays de l’Est. L’Union Européenne se comporte de cette manière face à chaque pays la composant et les serfs placés là obéissent à des maîtres plus discrets, l’axe de l’inhumanité globalitaire.

Il y a de multiples dimensions civilisationnelles que les cadres  de cette institution ont fait passer à la trappe. Jamais il n’est débattu du pourquoi de la destruction des peuples et des États de l’Europe, mais toujours il est fait état du pourquoi chacun doit se prosterner devant  Wall Street ou les démons de la City.

La conquête du monde

L’obsession de conquérir le monde inspire les fonctionnaires des organisations, depuis le Fond Monétaire International jusqu’à l’Organisation Mondiale du Commerce sans oublier l’OTAN. Ces acronymes orwelliens sont en pratique responsables et coupables de créer partout le chaos et son corollaire, le fondamentalisme. La destruction des États, de la culture, des peuples, débouche sur le retour des tribus, des sectes, des mafias, tous les groupements primitifs qui ont existé avant le niveau d’organisation étatique et réapparaissent avec ces gangs  en possession de l’Occident.

Un Européen actuel est confronté à une barbarie aux formes multiples. Si les esprits simples voient que celle-ci est souvent liée aux nouveaux venus du vaste monde, un regard plus attentif permet de découvrir que la barbarie vient des factions en possession d’État, choisies par les forces  globalitaires qui veulent imposer ce qu’ils appellent le paradis sur terre.

Légalité sans légitimité

Les assassins de l’Europe devaient évidemment prendre le masque de l’Union Européenne. Pour détruire, tout en faisant croire qu’ils défendent le projet européen, la double morale  leur est nécessaire: ils disent une chose et font l’inverse.  Ainsi, depuis Jacques Delors au moins tout va dans le sens du retour de l’Europe au néant et au désert. La France d’ailleurs a bien avancé dans cette direction, car les friches industrielles s’étalent à perte de vue et les glapissements de chamelier(è)s s’y intensifient grâce à la caisse de résonance étatique. On cherchera bientôt un être humain en Europe, comme Diogène le fit en son temps avec une lanterne. Mais s’il en rencontrait de temps à autre, aujourd’hui la planète des singes à la Sarkozy-Hollande ou Merkel-Juncker recouvre ce qui reste de civilisation et promeut le trafic en toute vulgarité.

Politique et souveraineté versus crapulerie et tyrannie

La souveraineté différencie la “Potestas”, pouvoir d’agir et de faire, de la “Auctoritas”, droit moral et politique de faire. La légitimité dont la Auctoritas doit être revêtue est un thème dû au  penseur Carl Schmitt, qui reste indépassable sur cette question. Il nous permet de comprendre pourquoi les organisations globalitaires – dont la bureaucratie stipendiée de l’Union Européenne – apparaissent désormais comme une tyrannie. Elles s’auto-proclament souveraines, au moyen de règles économiques qu’elles imposent, alors que ces  fonctionnaires n’ont jamais été élus par qui ce soit.

La base d’une réflexion sur la souveraineté, dans une société diversifiée, remonte à Bodin, qui insista sur la dialectique fondamentale entre public / privé et mit en place les éléments intellectuels d’une réfutation de la religion comme fondement de la souveraineté à partir du moment où la diversité religieuse caractérise un même peuple. Si la croyance n’est pas unanime, un autre principe politique prévaut, le bien commun d’une collectivité. Problème que ne se sont jamais posés les serfs de Bruxelles, tentés au contraire par l’obéissance aux fanatiques de la banque et des multinationales dont les références béates sont le mot sublime de constitution économique, sorte de dogmatique révélée, sans réflexion sur les sociétés et la diversité des activités humaines. Jacques Sapir met en cause l’efficacité de toute constitution économique pour des raisons de bon sens, l’incertitude radicale de l’avenir qui n’est pas probabilisable au moyen de la loi des grands nombres.

La décision est un acte de volonté qui n’a rien d’arbitraire ni de capricieux, au contraire des règles économiques que manipulent les oligopoles. La décision entre dans le champ de la volonté manifestée par une Autorité au service d’un bien commun, donc non sectaire, à la différence des constitutions économiques qui servent uniquement les intérêts des hommes d’affaires. La décision instaure l’ordre et la justice et non le pillage. Contre des règles infâmes, imposées par la ruse ou la violence, il convient que des autorités sachent prendre des décisions en faveur de tous.

Les principes de l’ordre démocratique tournent autour de la responsabilité, de la liberté d’organisation, de l’égalité d’accés à la décision. Ils s’opposent nettement au pouvoir d’une oligarchie  qui a pris un pouvoir par ruse mais n’a aucune légitimité. Mario Draghi par exemple, à la BCE, est  au service de Goldman Sachs. Rien de plus ! L’oligarchie économique transforme l’État en assassin du peuple. Il devient une mafia, un consistoire où le mérite n’a aucune importance, sinon la foi, l’idéologie, la servitude. Dans toute l’Europe, les politiques sont des employés des oligarques, et les médias sont soit les culs-lécheurs des politiques.

Au total, la tyrannie s’est installée en Europe avec l’Union européenne, la BCE et toute une collection d’agences sans légitimité. Cette oligarchie parasitaire et obscurantiste amène la mort et la misère. Il faut absolument l’empêcher de nuire.

Jacques Sapir,  Souveraineté, Démocratie, Laïcité,  Ed.Michalon, 2016, 328p, 20€

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  1. jino
    jino4 juillet 2016

    C’est Juncker qui doit maintenant démissionner; et vite !

  2. Robert41
    Robert415 juillet 2016

    Nous vivons dans une société transfigurée. Un désordre persistant où le politique n’est plus dans sa fonction : – De souverain, de patriote et de garde-frontières. Il est devenu une compromission, un suiviste, une mollesse qui par sa nature, s’est laissée convaincre d’un huis-clos idéologique, d’un format juridique inimitable et d’une repentance pleurnicheuse. Le résultat est probant. Cette uniformité sape insidieusement notre société, de sa liberté d’être et du devoir de refuser ce qui est contraire à son viatique. La France politique s’est enfermée corps et âme dans la subordination. Le parrain est américain, son kapo européen est allemand ; mais où aussi, la religion est remplacée par un ersatz religieux de la repentance exclusive et sans pardon. Elle s’accorde d’ailleurs merveilleusement bien avec les lois du marché et les banques internationales qui elles profitent sans pitié de notre abaissement économique et intellectuelle. La France est devenue cet animal blessé qui appelle le fauve ! Cette emprise détruit la France. Le Peuple le constate. Il se réveille partiellement de cette mainmise, mais c’est encore insuffisant pour recouvrer sa légitimité. Pour une fois, l’espoir sera sans doute européen, dans le réveil des peuples qui constatent eux-aussi de l’ampleur de cette machination punitive organisée. Car dés l’origine de la création de cet espace économique, les banques de Wall Street ont investi les lieux, à raison d’élites européennes corrompues qui voulaient faire de la France et de l’Europe, un outil américain (Jean,Monnet). Pour que cela soit efficace et indiscutable, on a placé à la tête de cette Europe, des technocrates, des fonctionnaires grassement payés dont la seule fonction est de faire appliquer les directives, obligations et chantages financiers. ( N’est-ce pas François avec tes mistral ) – La fonction publique est le squelette et le muscle à tout Pouvoir. C’est une chaîne obéissante qui n’a aucune conscience ni une once de discernement. La collaboration lors de la seconde guerre mondiale a fonctionné en France, parce que le monde des fonctionnaires a obéi. Un seul conducteur de train français a refusé d’exécuter la mission – Il s’appelait Léon, Bronchart. Tous les autres ont obéi ! – Alors, comme le dit très bien la philosophe Chantal, Delsol, dans son excellent livre (La Haine du monde – éditions du Cerf), le totalitarisme n’est pas mort avec le nazisme et le communisme, il s’est recomposé sous une autre forme qui s’appelle la dérision et elle remplace la terreur. Elle active l’image d’un progrès dévastateur qui métamorphose l’humanité. De fausses valeurs nous dirigent vers le corral de la pensée unique, vers un consumérisme maladif, vers une jouissance mortelle. Nous sommes entrés dans le suicide, celui de l’homme, de sa culture et de sa civilisation. Deux mondes se regardent maintenant : Les exploiteurs et les exploités. C’est le propre de l’esclavagisme.

  3. couila
    couila9 juillet 2016

    Lanajat et Elkomri : Ces deux pantins marocains sont les leurres de ceux qui tirent leurs ficelles.

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