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La crise de l’État, au Mexique aussi

Mexique

La crise de l’État, au Mexique aussi

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Auran Derien, universitaire ♦

Les grands pays d’Amérique Hispanique, après quelques efforts méritoires pour s’éloigner de l’inhumanité étatsunienne, sont à train de plonger à nouveau dans le néant. C’est la conséquence normale des méthodes  développées par les partenaires de la globalisation. Le fanatisme n’a pas de limite. Tous les États, centres d’indépendance et de civilisation, sont des obstacles au pillage. A mort l’État, la civilisation, la culture, les arts. Vive la camelote et la bigoterie.

L’an 2000, une date empoisonnée pour le Mexique

Depuis le début du XXI ième siècle, les services publics mexicains sont démolis. Certains services disparaissent, d’autres sont désarticulés pour devenir inefficaces et bons à ravir par les affidés au service de l’Empire du néant. Il y a aussi le don d’activités aux comparses de pays étrangers et la vente du patrimoine accompagnée d’un pourcentage pour les politiciens soldeurs. La justification emploie le schéma classique de l’inversion accusatoire. L’État est détruit pour lutter contre la corruption.

Les agences, un moyen de détruire l’État

La tyrannie des hommes d’affaires repose sur l’idée a priori que les Al Capone sont capables de prendre les bonnes décisions puisqu’ils sont devenus riches. Or, il n’y a aucune adéquation entre une réputation de compétence et la légitimité de la prise de décision. On voit donc que des conditions strictes doivent être respectées pour que des agences distinctes du gouvernement ne soient pas des centres de la tyrannie. Il convient que son conseil d’administration soit représentatif des intérêts de la population et que la direction soit responsable devant le peuple, avec possibilité d’imposer des changements de personnes et d’objectifs.

Comme ce n’est pas la situation dominante ni au Mexique, ni ailleurs, ces organisations constituent la mise en pratique de la volonté de soustraire à toute contestation le système légal installé. C’est la tyrannie de fait dont un des avantages est qu’elle multiple aussi les déficits publics car ces organismes s’endettent puisqu’ils dépensent en général plus que leurs ressources. Les « banksters » globalitaires s’en frottent les mains. Ils contrôlent de nouveaux esclaves en même temps qu’ils engrangent d’importants bénéfices.

Ce mécanisme de création d’agences “indépendantes” est à l’œuvre dans tous les pays esclaves de l’empire du néant. En Amérique hispanique on citera : Colombie, Argentine, Vénézuela, Brésil. Idem en Europe. Une telle évolution est bien le résultat d’ordres donnés par le soviet de la finance et par les partenaires de la globalisation qui terrorisent l’humanité depuis le début du XX ième siècle. Après tant d’années d’investissement dans la haine de l’État, dans la promotion de médiocres serfs, dans la propagande  du génocide des peuples, de la bestialité humaine, il est normal que les États soient devenus ingouvernables et déstabilisés.

L’impossibilité d’un bon gouvernement

Dans les relations internationales, les États apparaissent désormais faibles, sans vigueur, souvent au service d’intérêts étrangers par l’intermédiaire des diasporas qui ont essaimé partout. Les partis politiques ont évolué vers la bigoterie, la promotion de l’État consistoire, un État au service d’une idéologie chaque jour plus totalitaire. L’inhumanité étend son ombre sur la planète au rythme de la corruption. Base de l’horreur occidentale, celle-ci a atteint un régime de croisière à partir duquel elle s’étend lentement mais sûrement. Protégés par l’OTAN et les médias , blanchis par  la magistrature, ces politiciens et trafiquants évoluent vers  le parasitisme, l’indolence , la vulgarité et l’obscénité, manifeste dès qu’un homme de qualité émet un commentaire. L’administration de tels États ne prend plus les décisions pertinentes pour la population et vole de fait les ressources de la Nation. L’argent des dépenses publiques part sous forme de subventions ou de projets aux coûts gonflés, finance l’inversion des valeurs, la haine des hommes de qualité, de ceux qui pensent au lieu de croire.

Il en résulte un programme très précis pour toute véritable élite, non pas les serfs actuels mais les aristocrates, car la définition antique de ce noble mot désigne les meilleurs. . Il convient de redonner aux politiques la suprématie sur les agences indépendantes et de multiplier les contrôles sur les élus pour s’assurer de la bonne fin des décisions prises au nom du peuple. On doit en même temps bloquer ceux qui trahissent en faveur des intérêts de mafias étrangères. Ainsi peut-être, une nouvelle génération pourra retisser le lien social détruit par les tire-laines et leurs serfs, tout en jetant à la poubelle les remugles bien-pensants qui n’auraient jamais dû en sortir.

Illustration : Un homme, déguisé en faucheuse, brandit une affiche avec les photos des 43 étudiants disparus, surmontés de la phrase «Ils les ont enlevés vivants!»

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