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Macron et Chauprade : même combat !

Macron Chauprade

Macron et Chauprade : même combat !

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Hervé Montbard ♦

Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique dans le gouvernement de Manuel Valls durant deux ans, d’août 2014 à août 2016, a présenté sa démission au chef de l’Etat le 30 août 2016. Cela ne faisait qu’entériner une situation de fait qui durait depuis plusieurs mois, où la France n’avait plus de ministre de l’Économie. En effet, celui qui possédait ce poste ne l’occupait plus qu’en pointillés, occupé qu’il était à une campagne de promotion personnelle.

On dira qu’il ne se sentait plus à l’aise dans un gouvernement qui ne suivait plus ses directives, que sa conception libérale était en opposition avec celle de ceux qui l’ont fait roi. Il faut tout de même rappeler que le sieur Macron n’est pas né de la dernière pluie, qu’il savait bien où il mettait les pieds en acceptant le portefeuille ministériel. Le 15 mai 2012, au lendemain de l’élection présidentielle, il a été nommé secrétaire-général adjoint de l’Élysée conjointement avec Nicolas Revel. Il ne pouvait ignorer que la campagne de François Hollande s’était déroulée « à gauche toute », et que le nouveau président avait désigné l’ennemi : la finance. Il quitte l’Elysée en juin 2014.

Le secrétaire général de l’Élysée Jean-Pierre Jouyet indique alors qu’Emmanuel Macron quitte la présidence « pour mener des projets personnels dans les domaines de l’enseignement et de la recherche ». Il cherche alors à créer une société de conseil financier. Moins de 3 mois plus tard, il est nommé ministre. Il accepte cette tâche, alors qu’il sait avec qui il va travailler, puisqu’il a collaboré avec les mêmes personnages deux ans auparavant. Il travaille à la rédaction d’un projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, qui sera appelée loi Macron. Cette loi au titre ambitieux accouchera d’une souris. Il en reste une ouverture des transports en autocars et quelques autres modifications mineures du droit du travail, mais aucune avancée réelle. Et le bilan de l’économie en 24 mois de présence de Macron au ministère, c’est 350 000 nouveaux chômeurs. Pas de quoi pavoiser.

Le 6 avril 2016, à Amiens, il fonde le mouvement politique «En marche !», qu’il veut «Trans- partisan». Et depuis, il est dans la promotion de son projet politique. En somme, cet homme, qui n’est pas simple d’esprit, a organisé son parcours personnel : depuis 2012 il est dans une démarche de promotion de sa personne.

Aymeric Chauprade, dans un registre similaire a eu la même attitude.

Après un parcours universitaire d’excellente facture, comme Emmanuel Macron, il se spécialise en géopolitique, acquiert une certaine renommée. Arès avoir été proche de Philippe de Villiers qu’il a soutenu aux élections européennes de 2004, il a accepté des responsabilités dans le mouvement de l’Action Française avant de se rapprocher dès 2010 du Front National et puis d’y adhérer officiellement en octobre 2013. En 2014, il est tête de liste du Front National dans la région Île de France et est élu député européen. Il sera alors désigné chef de la délégation FN au Parlement Européen.

Dès lors, il fait cavalier seul, ne se souciant nullement d’être en adéquation avec son parti. Cela crée évidemment des tensions entre lui et les autres responsables. Il perd alors la responsabilité qu’il avait au Parlement Européen. En octobre 2015, il est impliqué dans l’affaire « Air Cocaïne ». C’est l’affaire qui ne passe plus : il doit démissionner du Front National et se déclare alors de plus en plus proche des Républicains. Toutefois il n’abandonne pas son mandat de député européen. Il crée son propre mouvement « Les Français Libres ». Lui également, comme Macron, a organisé son parcours personnel : depuis 2010, il est dans une démarche de promotion personnelle.

Ces deux hommes politiques, tous deux intellectuels de bon niveau, sont habités par une ambition incontestable. Ils ont chacun dans leur domaine, l’un en géopolitique, l’autre en économie, une qualification certaine. Ils n’hésitent pas à utiliser des personnes, des formations politiques pour satisfaire leur appétit de pouvoir. Macron utilise pendant au moins 4 mois les moyens de la République pour promouvoir ses projets, et cela sans vergogne. Chauprade se sert du Front National pour acquérir une stature politique et en quelques semaines d’élu européen de ce parti – qui n’a pas varié dans ses orientations depuis l’élection à la présidence de Marine Le Pen – il se présente comme « l’arme anti-FN » des Républicains, formation qu’il abhorrait il y a moins d’un an. On peut se poser la question de savoir s’il n’a pas été une taupe envoyé par l’UMP pour troubler le jeu du FN. Mais, on ne peut que s’étonner qu’il conserve son mandat européen. Il est censé représenter les électeurs qui ont voté pour le Front National et le Rassemblement Bleu Marine, ce qu’il ne fait plus. Aurait-il été dans une démarche intellectuellement honnête, qu’il aurait accepté de se démettre de son mandat électoral.

Comment les électeurs peuvent voter en toute confiance pour des hommes qui cachent leur jeu et qui pour obtenir des places sont prêts à tout renier ? La pratique est tellement banalisée que les journalistes ne s’en étonnent même plus. Mais peut-être qu’eux également jouent un jeu similaire, passant d’un quotidien de droite à un hebdomadaire de gauche sans état d’âme.

Ce n’est pas ma conception de la politique et du journalisme.

Illustration : Macron, Chauprade, n’est pas Machiavel qui veut !
  1. Guillaume
    Guillaume2 septembre 2016

    Pour Macron, quand on connaîtra les donateurs-financeurs, on aura la réponse. Pour le moment, le seul qui le revendique est Henry Hermand (consultez sur wikipedia son très complexe parcours professionnel) dont il ressort qu’il a des convictions de gauche et a fait fortune en construisant de hideux centres commerciaux géants.

    Pour Chauprade,le personnage est effectivement énigmatique (il vit à Vienne, travaille on ne sait où , et il est ami avec des milliardaires russes à la réputation sulfureuse). L’affaire « Air Cocaïne » (dont les deux pilotes sont en prison en France) révèle un relationnel surprenant d’anciens « des services », parfois mal reconvertis en professionnels de la « sécurité » (comme celui qui s’est fait cueillir au Caire. Gageons que les Dominicains, humiliés, ne sont pas près de la relâcher).

    Quant à garder son mandat même si on a quitté le parti grâce auquel on a été élu, la liste (à droite comme à gauche) serait trop longue ici de tous ceux qui se pratiquent allègrement l’exercice. Outre Chauprade, le groupe FN au Parlement européen a connu plusieurs défections (parfois même quelques semaines après l’élection). Citons quand même « Lepage » (Modem), Cahuzac, Thevenoud (celui atteint de « phobie administrative »), ou les Balkany, pair ne citer que les plus connus.

    • Thibaud
      Thibaud4 septembre 2016

      Personnellement j’observe le parcours Chauprade depuis des années et ne vois aucun rapport entre un arriviste comme Macron et lui, dont les convictions identitaires et personnelles sont solides. Au-delà de ses compétences internationales, Chauprade croit profondément en la nation et dans la culture de l’Europe classique. Ses engagements pour la famille, contre l’islamisation, mais aussi pour les intérêts économiques et industriels français l’on prouvé. Il est scandaleux de lui donner une image de barbouze à travers l’affaire « Air cocaïne » alors que, député des français de l’étranger, il n’a fait que se prendre de pitié pour deux compatriotes pris dans la tourmente d’une affaire qui les dépassait. Dans un pays dont la justices notoirement corrompue par le trafic de drogue, celle-ci s’est rachetée une virginité en montant une affaire de toutes pièces (on ne sait toujours pas ou est passée la drogue). Ces gars déjà âgés de 55 ans auraient finit par mourir dans une prison dominicaine et Chauprade qui connaissait particulièrement bien le pays a agit,
      Contrairement au gouvernement qui ne fait rien pour ses ressortissants et dévalue constamment le passeport français (ferait-on cela à des citoyens américains ?). S’il a quitté le FN, alors qu’il partage les opinions de Marion et admire JM, c’est qu’il n’en pouvait plus d’entendre les absurdités économiques d’un Philippot qui reste au fond un socialiste chevènementiste , ou de constater l’influence de fous antisémites tels que A. Soral. Les véritables frontistes se réveilleront avec la gueule de bois quand ils verront comment Marine a fait de ce parti, un parti de gauche, parfois proche de la CGT et qui finalement fera des compromis avec les musulmans, pris au piège de sa foutue laïcité républicaine et IN FINE, ne stoppera pas l’immigration qui ronge notre pays.

  2. JEAN PN
    JEAN PN2 septembre 2016

    CHAUPRADE, il te faudra courir vite le moment venu …

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