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Croire ou ne pas croire, là est la question !

Suovetaurile Louvre

Croire ou ne pas croire, là est la question !

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Bernard Plouvier, auteur, essayiste ♦

Le grand Will, dans son Hamlet, a fait un tabac avec une phrase connue d’à peu près tous les écoliers de la planète : « To be or not to be, that’s the question ». Et, depuis quatre siècles, de mauvais comédiens insistent lourdement, en toutes les langues, pour faire comprendre aux spectateurs l’intensité de l’angoisse métaphysique qui est censée se dégager de ce texte.

Si la formulation concise s’harmonise parfaitement avec l’instant dramatique du chef d’œuvre shakespearien, il faut reconnaître que la question posée n’a rien d’original. On peut penser que les peintures et les sculptures préhistoriques, parfois touchantes de maladresse, très souvent d’une grande beauté plastique, exprimaient au moins partiellement la même angoisse face à la brièveté de l’existence humaine et à ses drames, à la fugacité des instants de bonheur, aux mystères de l’Univers ou de la vie terrestre.

Dès l’Antiquité grecque, la mère spirituelle des Européens de souche, se différentièrent, de façon très logique, croyants, athées et dubitatifs. Rendons grâce à nos lointains civilisateurs grecs et romains : jamais ils n’imposèrent d’autre croyance que le respect des grands ancêtres et celui de la Cité-État. Une fois accomplis les devoirs patriotiques et familiaux, chacun était libre d’adorer l’essence supérieure qu’il vénérait ou de refuser de le faire. Le fanatisme religieux vint de l’Est.

S’il est entièrement inexact d’affirmer, avec Michelet et les médiocres historiens du sot XIXe siècle, que la civilisation nous est venue de l’Est (ce fameux « croissant fertile » dont on nous rebat les oreilles, alors que les premières cités bâties, la roue, la domestication du cheval, le travail du bronze puis du fer, les pyramides à degrés sont des inventions européennes), le fanatisme clérical est bien une spécificité orientale. S’il est faux – sauf au plan astronomique – d’affirmer : Ex oriente lux, il est exact que la sauvagerie à motivations apparentes théologiques nous est venue de ces contrées exotiques.

Or à l’évidence, l’humanité ne peut renier une découverte de la logique européenne antique, remise au goût du jour par la grande Renaissance des XVe – XVIe siècles : il n’est de vérité qu’arithmétique… et encore faut-il ne pas vouloir convertir les fractions en nombre décimaux, car alors on se retrouve dans l’approximation, l’indétermination. ‘’Molière’’ (in Don Juan), ‘’Voltaire’’, Diderot nous l’ont assez répété, mais il fallut à certains esprits qu’au XXe siècle, un Wittgenstein sorte un énorme et abscons traité pour reconnaître enfin cette évidence : il n’existe aucune vérité, en dehors de l’arithmétique de base.

Ni en matière de législation civile, pénale, constitutionnelle ou internationale, ni en médecine ou en sciences, n’existe de vérité universelle et durable. Même les découvertes techniques s’avèrent un jour ou l’autre améliorables. Reste l’immense problème de la philosophie et de sa très inutile complication : Dame métaphysique, au nom de laquelle on s’est quelque peu entretués entre croyants des nombreuses « foi(s) unique(s) » et mécréants.

En dépit de l’absurdité manifeste de la chose et de ses soubassements rarement édifiants, l’on continue de s’étriper, de s’égorger ou de se faire réduire en énergie et en vapeur, pour le triomphe de dogmes issus de l’imagination fertile d’illuminés, de délirants et de sujets atteints d’épilepsie limbique. L’homme n’atteint jamais plus facilement des sommets dans l’art de nuire à son prochain que grâce aux élucubrations de cerveaux malades.
Pourtant, le problème est en lui-même d’une remarquable simplicité de résolution. L’homme (terme générique qui « embrasse la femme », comme le mentionnaient les dictionnaires jusqu’à ce que fasse rage la guerre des sexes et des « genres » librement choisis ou variables d’une décennie à l’autre, sauf mutilation irréversible) n’a et n’a jamais eu que le choix entre trois possibilités, symbolisées par le zéro, l’infini ou le point d’interrogation.
Le sentiment, et lui seul, préside au choix entre l’infini – soit, la croyance en une divinité ou en un postulat, tel celui de l’amélioration morale de l’Humanité, d’où découlent la sirupeuse religion des Droits de l’Homme et le sanglant crétinisme marxiste -, et le zéro – l’athéisme, étayé par le caractère aléatoire de l’Univers, l’observation du massacre général entre espèces animales sur Terre et l’immuabilité des comportements animaux, ce qui est assez logique, étant donné qu’ils sont génétiquement programmés.

Certes, on nous affirme que le libre-arbitre – soit les choix fondamentaux – et la transcendance – soit la faculté de juger ses actes autant que la valeur du « monde qui nous entoure », voire d’envisager l’existence ou l’inexistence d’essence(s) supérieure(s) – permettent à chacun de lutter contre cette programmation, de sublimer les défauts et d’exprimer ses qualités… à quoi de grands théologiens (tel Bernard de Clairvaux) ou des saints réputés (Jean-François Bernardone d’Assise) ont répondu que même le meilleur des êtres péchait plusieurs fois par jour. C’est la meilleure remarque que l’on ait jamais faite pour étayer la programmation des comportements, véritable fatalité ou nécessité de l’être.

La froide raison ne permet que le doute, le point d’interrogation, l’agnosticisme. Le croyant ou l’athée veulent croire à l’infini ou au néant, et tous deux n’ont parfaitement raison de le faire que pour eux seuls. Que chacun croie ce qu’il veut, c’est bel et bon. Mais personne n’a le droit d’imposer son dogme – politique ou religieux, c’est tout un : même intime conviction, reposant sur un phénomène paralogique, et même sensation d’être en possession de « la vérité ».

Après les sanglantes et grotesques dictatures marxistes (léniniste, stalinienne, maoïste, castriste etc.), les populations de la planète – et en première place, celles d’Europe – sont menacées de subversion par un crétinisme médiéval, oriental, grotesque par ses usages domestiques (sexisme, esclavage, culture du viol et de la rapine perpétrés au nom d’une divinité), par son obscurantisme (puisqu’un livre dicté par un illettré au VIIe siècle est censé représenter la quintessence du savoir).

Fanatisme chrétien, obscurantisme mahométan, crétinisme marxiste ont ensanglanté l’Europe depuis deux millénaires et continuent de le faire. Les temps ne seraient-ils pas venus pour les Européens de souche de s’en remettre à la sagesse européenne antique, tout en dénonçant les pratiques obsolètes de nos ancêtres (esclavage ; gladiature et autres absurdités) ?

On pourrait, à bon droit, abandonner aussi bien le capitalisme de spéculation que le fanatisme religieux qui n’ont rien de spécifiquement européen. D’une saine réflexion sur le zéro, l’infini ou le point d’interrogation, pourrait naître une orientation politique, économique et sociale continentale, adaptée au génie de notre race.

Illustration : suovtaurile, Mars, cuirassé et casqué, préside au cortège solennel du censeur et des prêtres qui ont la tête voilée et couronnée de lauriers, marbre, musée du Louvre.
  1. Franck
    Franck5 septembre 2016

    L’homme en revient peu à peu à la position de nos ancêtres les Celtes: le respect de la nature sous toutes ses formes, animales et végétales, l’humilité de l’homme qui n’en est qu’un élément parmi d’autres et non un être privilégié. Cette évolution (ou ce retour aux sources) est liée à l’avancée des sciences (astronomie, environnement…) et à l’influence de certaines cultures extrême- orientales qui ont gardé leur authenticité. Elle se traduit aussi par la prise de conscience de plus en plus grande de l’absurdité de la maltraitance animale sous toutes ses formes. Après deux mille ans perdus par la faute des religions anthropocentriques mettant la nature à disposition de l’homme, ce dernier se tourne de nouveau vers la reconnaissance de la beauté des lois de l’univers et se rend compte que les seuls « péchés » sont ceux perpétrés contre la nature et donc contre lui-même.

  2. Henri
    Henri8 septembre 2016

    J’ai rien compris !!

  3. patrice sanchez
    patrice sanchez9 septembre 2016

    Et pourtant, elles tournent, les particules élémentaires qui virevoltent en tous sens et en toutes synchronicités !
    N’étais-ce pas le grand Nietzsche qui avait dit qu’il nous fallait être physiciens, ce qui nous permettrait de nous rendre compte que nous pouvons tous être maîtres de notre destin par delà toute croyance ou irréligion, simplement grâce à nos pensées éthiques et morales associées à nos particules particulières créatrices de réalités…
    Le physicien Philippe Guillemant l’explique lumineusement dans ses conférences !

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