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Macron : Bonaparte? non Rastignac ! Le chouchou des médias devrait relire Balzac

Emmanuel Macron 3

Macron : Bonaparte? non Rastignac ! Le chouchou des médias devrait relire Balzac

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 Raoul Fougax, journaliste ♦

« Déjà napoléon perçait sous Bonaparte » ce vers de Victor Hugo doit plaire à l’ancien ministre et futur candidat.

Mais est-il un Bonaparte pour se rêver Napoléon ? Pour le moment il est objectivement nettement plus proche de Rastignac et de Balzac.
Dans la jeunesse même finissante, il y a toujours eu des hordes de Rastignac sûr que le monde à leurs pieds devrait les admirer. Les fausses célébrités médiatiques d’aujourd’hui ont amplifiés le syndrome Rastignac et le jeunisme des ambitieux. Eugène de Rastignac, héros balzacien s’il en est, figure dans le Père Goriot, Les Illusions perdues, Étude de femme, La Peau de chagrin, La Maison Nuncigen et devrait passionner Macron.

« Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut du cimetière et vit Paris tortueusement couché le long des deux rives de la Seine, où commençaient à briller les lumières. Ses yeux s’attachèrent presque avidement entre la colonne de la place Vendôme et le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde dans lequel il avait voulu pénétrer. Il lança sur cette ruche bourdonnant un regard qui semblait par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses : – A nous deux maintenant ! Et pour premier acte du défi qu’il portait à la Société, Rastignac alla dîner chez Mme de Nucingen. »

Cherchez la femme. Dans un autre roman de la Comédie Humaine, Eugène de Rastignac aura une liaison avec Delphine de Nuncingen, une femme mariée de sept ans son aînée. Leur aventure se poursuivra, au travers de nombreux romans de la Comédie Humaine, jusqu’au jour où pour le garder, elle lui fera épouser sa fille.

Originaire d’Angoulême, il s’installe à Paris pour suivre des études de droit. C’est un jeune homme ambitieux, qui regarde la « bonne société » avec des yeux à la fois surpris et envieux, qui va se montrer prêt à tout pour parvenir à ses fins. Adolphe Thiers, alors jeune libéral (plus tard président de la République), a servi de modèle à Balzac. On est loin de Mendés ou de Clémenceau. En effet, comme Thiers, Eugène de Rastignac épouse la fille de sa maîtresse. Aujourd’hui, le terme de « Rastignac » désigne un arriviste, un « jeune loup aux dents longues ».

Mais les temps changent et la comédie humaine aussi.

Macron devra bousculer les lourdeurs de la Vème république, le poids des partis et s’affronter aux défis politiques pour réaliser son ambition.
Pour le moment, il est l’enfant chéri des médias qui ont besoin de chair fraiche pour vendre. Mais il a déjà dérapé et il dérapera encore et deviendra bien vite une cible de la bienpensante cathodique.

Traître au Président et au Ps, à la droite de la gauche mais surtout au centre de lui-même, Macron a beaucoup d’ennemis et peu d’espace politique. Manuel Valls veut le tuer et il n’est pas le seul. Son grand atout est le rejet de tous les autres, de ceux qui ont été. C’est sa grande carte à jouer en faisant oublier ses responsabilités pendant 4 ans sur les échecs du pouvoir.

Il devra cependant parler terrorisme, Europe, immigration, islamisme… il ne pourra rester dans une sorte de « sillicon valley » économique.
Sur la route de la présidence, il y a plus d’un pont d Arcole. On verra alors si il y a un soupçon de Bonaparte, de stratège (politique) dans ce Macron là. Pour le moment on n’en sait rien.

Il intrigue, séduit, il a de l’ambition et se sert de tout pour sa carrière… Comme Rastignac on vous dit, pour le reste on verra.

  1. serisa
    serisa8 septembre 2016

    Macron est un peu vert … n’a pas encore assez souffert pour qu’on lui confie de hautes responsabilités. Bayrou est beaucoup plus crédible.

  2. retira
    retira9 septembre 2016

    Juppé-Bayrou, le fusil a double détente, puisque si Juppé ne l’emporte pas à la primaire, Bayrou sera candidat à la présidentielle. Oui, pour la 4ème fois, et alors ? La tenacité étonne trop souvent le caractère français.

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