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La servitude tous azimuts: l’exemple de l’Argentine et du Chili

Argentina Chile

La servitude tous azimuts: l’exemple de l’Argentine et du Chili

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 Auran Derien, universitaire ♦

L’absolutisation du trafiquant, par les oligarques occidentaux, les amène à promouvoir ou imposer l’esclavage, par la violence ou la servitude volontaire de serfs bien payés. Cela explique pourquoi, en occident, les pantins politiques prospèrent.

Mais, une fois l’esclavage organisé puis accepté par les clowns politiques, il est impossible de se défendre contre d’autres maîtres qui proposent aussi quelques menus avantages à leurs larbins. Peu à peu se multiplient les pouvoirs étrangers auxquels rendre hommage et les pays tombent en déshérence. Il en va ainsi en Argentine et au Chili

Le quatuor des maîtres

L’un des derniers pouvoirs à s’implanter en Argentine est la Chine, qui construit à Neuquén, au cœur de la Patagonie, sa plus moderne station interplanétaire. La première hors de son territoire, elle s’inscrit dans le programme chinois d’exploration de la Lune et de Mars et doit entrer en fonction dès la fin de cette année 2016. Evidemment, les moins naïfs se demandent si l’immense antenne de 35 mètres destinée à ausculter l’espace profond ne pourrait pas servir à des fins militaires et si, par hasard, il n’existerait pas des clauses secrètes jointes à un tel accord.

Le nouveau Président argentin a promis de les révéler (s’ils existent) alors que le Secrétaire Général de la Commission Nationale, Félix Menicocci, a affirmé qu’il n’existait aucune annexe secrète. Il y a cependant une particularité: la base dépend de l’armée populaire chinoise, alors qu’une station spatiale du même genre construite en collaboration avec l’Union Européenne dans la Province de Mendoza est une entité civile. L’accord avec la Chine date de 2012. L’ancienne présidente Kirchner avait bien compris la nécessité de contrebalancer la tyrannie bestiale des  étatsuniens en établissant des contacts avec d’autres puissances. Le résultat fut la cession des terrains pour 50 ans, ainsi que l’exemption d’impôts pour la même période. Le coût de la construction a été estimé à 50 millions de dollars et la loi argentine s’arrête à l’entrée de la base.

Mauricio Macri, président argentin dépend totalement des trois autres pouvoirs qui s’intéressent à l’Argentine.

Les Anglais contrôlent les îles Malouines, à partir desquelles ils couvrent un espace maritime important pour exploiter les richesses naturelles souterraines et possèdent un accés au pôle sud.

Les Israéliens ont toujours eu le projet d’un État sioniste dans la partie tempérée de l’Argentine, depuis l’époque de Hertzel. Ils sont très présents comme cela a été observé lors de l’exécution du procureur Nisman.

Les USA ont envahi le pays dès que Macri est arrivé au pouvoir. Ils veulent disposer d’une base permanente dans le Nord de l’Argentine, sur la triple frontière (Argentine, Paraguay, Brésil) et une autre en terre de feu, près d’Ushuaia. Avec leur astuce habituelle, les dirigeants de Washington affirment qu’il est important d’installer une suite de radars pour lutter contre le trafic de drogue et le terrorisme. Comme toujours, les anglo-saxons pratiquent l’inversion accusatoire. Ils veulent en réalité organiser le trafic de drogue, comme ils l’ont fait dans les autres pays, l’Afghanistan, les Balkans, etc…

La triple frontière et Ushuaia sont des lieux fondamentaux pour contrôler l’eau. Là se trouvent les plus grandes réserves d’eau douce, souterraine à la triple frontière, congelée au pôle sud. Le pôle est aussi attractif car y sont accumulés quelques minerais importants ainsi que du pétrole. Mauricio Macri affirme que l’installation des étatsuniens permettra de réaliser des études scientifiques. On en rit d’avance tant l’oligarchie de banquiers  qui contrôle l’Amérique se moque de la connaissance qui ne se traduit pas en pillage, racket, extorsion de fonds et génocide.

Mauricio Macri a sélectionné une équipe gouvernementale composée de collabos de chaque centre de domination étrangère. Sauf, peut-être, pour la Chine. Le pouvoir globalitaire occidental ne veut pas de concurrence.

La lente chute du Chili

Heraldo Muñoz, chancelier Chilien, membre de la filiale locale du Council on Foreign Relations (CFR), ne cesse de répéter, comme un disque rayé, que le meilleur accord commercial que le monde ait jamais connu est le TTP (Trans-Pacific Partnership) signé par le Chili en février 2016. Les cuistreries exhalées  ne varient jamais : le Chili connaîtra des lendemains qui chantent ; des quantités colossales de nouveaux emplois vont apparaître. Quelle insolence! Quelle impudence!  Le Chili n’a plus de politique extérieure depuis des décennies. La seule obsession des trafiquants locaux est de faire signer au pays tous les accords de libre-commerce qui se présentent, sans jamais étudier l’impact, les rodondances ou les contradictions.

Pourtant, le porte-parole du monde globalitaire, Obama, a bien précisé que ce TTP avait pour but de permettre aux USA de fixer les normes de toutes les activités pour le XXIème siècle. Cela ne préoccupe pas les petits bourgeois qui siègent au Parlement chilien.  Ils vont se prosterner, en rang serré, devant l’idole dollar. La discrétion a été imposée, et Heraldo Muñoz a obtempéré. Pas de discutions, pas de débats, rien de démocratique. Reconnaissons qu’il en va de même partout où les néantologues globalitaires s’installent. Le trafic est trop important pour être soumis à discussion.

Les Européens subissent les mêmes avanies avec le traité transatlantique que les fonctionnaires de Bruxelles et d’ailleurs imposent au détriment de notre humanité. Les pitres politiques ne veulent plus connaître les relations asymétriques imposées par les traités commerciaux inégaux. Pourtant, il suffit de savoir mesurer les résultats de ces associations asymétriques. Marx expliquait déjà au XIXème siècle, que le commerce était l’artillerie qui faisait tomber les murailles et obligeait à capituler. Vendre plus de cuivre, pour le Chili, ne signifie donc pas que le pays se développera, mais qu’il sera pillé un peu plus. L’option de la vassalité convient à l’oligarchie locale, espèce produite en grande série par l’occident transformé en poubelle. Mais est-ce la fin de toute réflexion?

Dans les guerres commerciales, la question reste de savoir s’il est de l’intérêt du Chili, de l’Argentine, etc. de se ranger derrière les ennemis du genre humain, ces Al Capone qui considèrent les êtres comme des choses et installent partout le néant. Quel est l’ennemi de ces pays, reste la question fondamentale pour les véritables élites sorties du peuple. On peut penser que l’intérêt bien compris de l’Argentine et du Chili serait de garder leur liberté d’action, ce qui suppose une concertation avec les autres Nations de l’Amérique hispanique.

L’indépendance est le bien suprême lorsque la servitude est incarnée par des Maîtres infâmes. Le problème consiste toujours à choisir entre  qualité, indépendance ou la quantité, la poignée de dollars qui rend veule et crapuleux.

 

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