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Taux nuls : à qui profitent-ils ?

Taux Nul

Taux nuls : à qui profitent-ils ?

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Auran Derien, universitaire ♦

Les vieilles badernes de la banque de Suède, certainement aux ordres  des banques centrales, délivrent depuis des années un pseudo prix Nobel à des individus dont très peu méritent le nom de savants. La plupart se gargarisent de mathématiques sans contenu, de marchés sans structures, de monnaie-marchandise apparaissant et se transformant de manière miraculeuse. On est arrivé ainsi au taux d’intérêt zéro sans qu’aucun grand penseur, récompensé pour ses élucubrations idéologiques, n’ait jamais expliqué quel paradigme le fondait.

Non contraint par la pensée pieuse, et sans aucune fascination pour les singes, savants en justification mensongère, nous proposons de les considérer comme un mécanisme de retour à un système collectiviste totalitaire.

Pas de calcul économique

Rappelons tout d’abord que depuis des lustres, il est enseigné que le taux d’intérêt est un prix fondamental, il est le prix du temps. Il concerne donc quasi tout le monde puisque chacun vit dans le temps, construit des projets qui s’étalent sur plusieurs périodes. Le taux d’intérêt joue un rôle essentiel dans les décisions d’épargne. Á imposer des taux nuls voire négatifs, il en résulte des déséquilibres que les banques centrales cherchent à promouvoir.

Le taux nul incite à moins prêter, à “manger son capital” puisque les ressources ne donnent aucun rendement futur. Ceux qui empruntent à taux zéro consomment immédiatement. Et si l’emprunteur n’honore pas ses engagements, quelle importance puisqu’il n’y a plus aucune prime de risque sur les taux.

Ceux qui épargnent n’obtiendront aucune satisfaction accrue dans le futur. En conséquence ils pourraient utiliser ces ressources pour consommer ou acheter un équipement dont ils espèrent obtenir un rendement ultérieur, à condition qu’il y ait une espérance de vente des biens et services offerts. L’alternative est d’utiliser ses ressources pour acheter des actions, en souhaitant que l’entreprise fasse des bénéfices, ou de prêter à des investisseurs qui promettent de rendre ces ressources à terme, avec un gain sorti de plus-values et non de l’intérêt puisque ce dernier est tombé à zéro.

Une distinction parallèle fort importante est la distinction entre les fonds propres (achat de matériel ou d’actions) et les fonds prêtables (le prêt et le crédit). Comme l’endettement est devenu colossal on peut penser que les criminels en col blanc qui achètent le monde à crédit, tant les hommes que les choses car les hommes sont des choses comme les autres, veulent protéger une situation devenue fragile et s’emparer des fonds propres pour s’arroger la propriété du monde.

Le recyclage du cauchemar bolchévique ?

Voler les fonds propres grâce aux fonds empruntés nous entraîne dans la folie de l’inhumanité bolchévique. Les véritables libéraux ont toujours insisté sur le fait qu’il est tout à fait possible de faire fonctionner une économie de marchés sans fonds prêtables (prêts, crédits), mais qu’elle disparaît avec la fin des fonds propres.  L’idée niaise selon laquelle il fallait lutter contre le capitalisme en éliminant le capital privé excita de pauvres bougres pour qui la foi importait avant tout. Ils ne perçurent pas que les droits de propriété, dans le bolchévisme, restaient “implicites”, résultant de rapports de force entre secteurs sociaux, factions internes au parti. L’arbitraire régnait.

Les taux nuls accompagnés de la parfaite liberté accordée aux banques centrales ramènent une situation comparable. Les responsables des banques centrales s’emparent des dettes et des actions, donnent de l’argent aux entreprises pour qu’elles rachètent les leurs et, finalement, volent une partie significative de fonds propres tout en décidant du volume des fonds prêtables. Le type de pouvoir dont disposait le soviet suprême de l’inhumanité s’est simplement reconstitué sous forme de réseau des banques centrales dont les chefs constituent le nouveau soviet s’appropriant des fonds propres et contrôlant les fonds prêtables.

Les taux nuls et la manne céleste émise par les banques centrales conduisent sûrement à sortir du capitalisme sans le dire. Le nouveau modèle des criminels en col blanc repose sur la minimisation des fonds propres gage d’une minimisation des pertes lorsque les entreprises fonctionnent mal et un recours massif à l’emprunt, racheté par les banques centrales. Les dirigeants d’établissement financiers, de fonds de pension, etc. ont profité et continuent de profiter de l’extraordinaire abondance d’argent créé ex nihilo par les banques centrales, toutes privées. Avec des taux nuls, tout gain tiré des achats effectués par les emprunts aura un rendement net. Et une organisation qui fait faillite laisse peser le poids de son échec sur les créanciers et non sur les propriétaires des fonds propres. D’ailleurs, les lois récentes concernant les faillites bancaires, les compagnies d’assurances ou les États ont étendu les conséquences sur tous les créanciers et tous les contribuables. Nous revenons vers le système des économies collectivistes, un système transnational appuyé sur les banques centrales.

Conclusion

L’installation d’une tyrannie de banquiers devrait préoccuper les hommes d’élite encore en activité. Les discours des responsables placés  à la direction des banques centrales devraient faire rire tant ils sont creux. Pas une once de savoir rigoureux… Des bidouillages, des tripotages, pas une ombre de science. L’un de leurs maîtres, le monétariste Milton Friedman, a été trahi. Il recommandait une règle monétaire: l’annonce à l’avance d’un taux de croissance constant de la quantité de monnaie. Ils font l’inverse. La trahison de l’autre figure libérale, F.Hayek, est tout aussi brutale. Le rôle des taux d’intérêt, fondamental pour choisir entre le présent et le futur, est éliminé. Il reste l’obscurantisme, le pillage et le meurtre de masse des populations ruinées par ces individus agissant de concert.

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