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Après l’histoire, la langue espagnole nouvel outil du politiquement correct

Cervantes

Après l’histoire, la langue espagnole nouvel outil du politiquement correct

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Jean-Pascal Ventre ♦

L’éducation nationale asservie.

Une fois de plus, le sujet du baccalauréat d’espagnol, du moins en Lv1, était unanimiste. Il se composait de trois textes qui tous trois défendaient le point de vue suivant  : intégrer rapidement des mots étrangers ou vulgaires à la langue espagnole doit être une chose normale voire souhaitable.

Bien entendu, les candidats, dont l’opinion était sollicitée, pouvaient répondre que non. Mais, habitués qu’ils sont par leurs professeurs à abonder dans le sens de l’idéologie dominante, il leur était facile de comprendre que leur intérêt bien compris était d’applaudir à une telle suggestion, qui a son équivalent sur le plan social et politique  : donner rapidement les droits civiques aux immigrés, même ceux dont les valeurs sont différentes des nôtres  ; considérer la vulgarité des classes populaires comme la norme, ou du moins comme acceptable (d’où le succès de l’expression «  tout est culturel  », et aussi la baisse du niveau de culture et de sensibilité de nos contemporains).

Non qu’il faille être xénophobe  : c’est un signe de bêtise  ; ni qu’il n’ait existé autrefois une culture populaire, encore vivante dans certains pays pauvres, supérieures à celle des bourgeois incultes (ils abondent aujourd’hui). Il est certain par ailleurs qu’en espagnol comme en français des mots étrangers ont trouvé leur place de manière tout à fait légitime. Par exemple, il est facile de deviner le sens de ce terme employé aujourd’hui encore parfois par nos voisins ibériques  : «  petimetre  ». Mais, ce qui est regrettable, c’est que les espagnols doivent se contenter de «  tuitear  » et nous de «  twitter  », alors que logiquement, nous aurions dû inventer nos propres mots pour désigner ces réalités autres qui apparaissent avec le progrès technique.

Si bien que, sachant que la plupart des mots nouveaux d’origine étrangère proviennent de l’anglais, les textes proposés à la session de juin 2016, en espagnol lv1, s’inscrivaient dans une perspective non seulement de lutte contre la culture humaniste, mais aussi de lutte contre la survie des identités éthno-culturelles face à la toute-puissance du modèle américain, les deux allant de pair.
En effet, le Système n’a pas du tout intérêt à ce que les élèves soient incités à penser par eux-mêmes. Au contraire, il faut en faire de braves petits soldats de la mondialisation. En langues, il est assez faciles de bourrer le crâne des élèves. Le travail a été commencé par les enseignants
marxistes * ; il est continué par tous ceux qui, soit par indifférence, soit par carriérisme jouent le jeu, et qui, plutôt que de faire débattre les élèves, leur indique à quel symbole de la Foi il faut adhérer.

Reste la philosophie, où il impossible d’agir ainsi, sauf à supprimer cet enseignement…ou le transformer en simple enseignement de l’histoire de la philosophie, ce qui paraît-il est souhaité par les instances dirigeantes.

*Pris de court par la révélation des atrocités du castrisme, certains auteurs de manuels d’espagnol ont pris le parti, là encore, de désigner des gentils et des méchants, mais cette fois au sein de la gauche  : Dolores Ibárruri (stalinienne), c’est bien  ; Castro (communiste), c’est mal. Le plus drôle dans l’affaire est que Dolores Ibárruri est morte après avoir fait retour au catholicisme de son enfance.

Illustration : Don Quichotte de Cervantès. C’est au Siècle d’or que l’on doit le roman picaresque, le « gongorisme », de beaux exemples de poésie lyrique ou mystique avec sainte Thérèse d’Ávila et saint Jean de la Croix, l’apogée du théâtre avec Lope de Vega et le célèbre la Vie est un songe, de Calderón de la Barca, et enfin le chef d’œuvre de Cervantès, Don Quichotte

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