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Poutine : mieux vaut un bon autocrate qu’un démocrate nul

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Poutine : mieux vaut un bon autocrate qu’un démocrate nul

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Jean Bonnevey , géopoliticien ♦

Ce n’est pas parce que l’on se revendique comme un démocrate que l’on est aimé par le peuple. Incroyable non. La popularité incontestée de Poutine a de quoi révulser Hollande.

L’intervention en Syrie s’inscrit dans une politique globale de restauration de la puissance russe en dehors de l’ancien espace soviétique, de rééquilibrage des relations internationales au détriment des USA, dans une région du monde où ils souhaitent se désengager. Le succès de cette politique dépend de la victoire militaire sur le terrain. Une victoire qui ne peut s’obtenir qu’avec la collaboration militaire de l’Iran, la négociation avec la Turquie et la lassitude des États-Unis. La deuxième année de l’intervention russe en Syrie devrait être marquée par un renforcement du corps expéditionnaire dans le but de s’imposer comme le principal acteur militaire sur le terrain et bien sûr d’emporter la victoire.

Cette politique de grandeur est approuvée par les Russes. Les Russes se rendent aux urnes, dimanche 18 septembre, pour des élections législatives qui n’ont pas déchaîné les passions dans le pays. Depuis 17 ans, Vladimir Poutine dirige la Russie, comme président ou Premier ministre. Le président et son parti Russie Unie, peuvent envisager ce scrutin sereinement, presque assurés d’une victoire qui doit permettre de préparer la probable candidature pour un quatrième mandat du président russe en 2018. Vladimir Poutine peut en effet compter sur sa popularité record, qui frôle les 80% selon les instituts de sondages russes, mais aussi sur une opposition désunie, rongée par les querelles internes, qui a échoué à présenter une liste commune. Près de 110 millions d’électeurs sont appelés à voter lors d’un scrutin qui doit permettre le renouvellement des 450 députés de la Douma d’État, actuellement dominée par le parti du pouvoir, Russie Unie.

Malgré l’état de l’économie, Vladimir Poutine continue de bénéficier d’une popularité personnelle car il continue d’incarner, aux yeux des Russes, la réaffirmation de leur pays sur la scène internationale, le retour à une fierté nationale perdue lors de l’éclatement soviétique et largement restaurée, c’est un fait, par l’annexion de la Crimée après l’écrasement de l’indépendantisme tchétchène. Les électeurs devront également renouveler certains parlements régionaux et élire leurs gouverneurs. À ce titre, le président tchétchène Ramzan Kadyrov devra pour la première fois faire face aux électeurs depuis sa nomination à ce poste par le Kremlin en 2007.

L’économie russe traverse une profonde crise provoquée fin 2014 par l’effondrement des prix du pétrole et les sanctions économiques imposées par les Occidentaux Ces sanctions entravent notamment l’accès aux financements sur les marchés de pans entiers de l’économie (énergie, banques, défense). Les hydrocarbures constituaient en période faste plus de la moitié des rentrées budgétaires.

La récession, la plus longue depuis l’arrivée de Vladimir Poutine au Kremlin, s’est caractérisée par une envolée des prix et donc une baisse brutale du pouvoir d’achat des ménages et de leur consommation. En août, la Banque centrale russe a néanmoins estimé que la récession frappant la Russie avait pris fin.

Il s’agira également des premières élections législatives pour les habitants de la Crimée, péninsule ukrainienne annexée suite à une prise de contrôle par les troupes russes début 2014 avant un référendum pour son rattachement à la Russie non reconnu par Kiev et par les Occidentaux.

On va mesurer par les législatives, au niveau des abstentions, la popularité du tsar avant sans doute qu’il ne brigue un 3ème mandat.

Illustration : l’influente Église orthodoxe soutient Vladimir Poutine

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