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En finir avec la communauté internationale : une notion subjective et sujette à controverse

Communauté Internationale

En finir avec la communauté internationale : une notion subjective et sujette à controverse

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Jean Bonnevey, journaliste ♦

« La Communauté internationale condamne… La Communauté internationale décide, demande etc.…. » La Communauté internationale est un terme fréquemment utilisé comme expression et référence par les journalistes pour mettre en valeur ou condamner un régime, des hommes politiques. C’est donc, en raison de son utilisation et en absence de définition, une notion subjective fluctuante et sujette à controverse et contestation. Mais au fait késaco  juridiquement?

Y aurait il une organisation regroupant des pays représentant le monde en dehors ou aux côtés de l’Onu et ayant une sorte de puissance morale de droit démocratique divin.  Certes non. Voici une définition à géométrie variable donné par Wikipedia et bien révélatrice de la difficulté de définir ce concept.

Le terme de Communauté internationale désigne de façon imprécise un ensemble d’États influents en matière de politique internationale. Il peut inclure : tous les pays du monde… mais ce n’est jamais le cas ; les États membres de l’Organisation des Nations unies (ONU) … mais ils sont divisés sur les principaux dossiers, les États membres du Conseil de Sécurité des Nations unies (dont la composition varie)  ou bien seulement les pays qui ont une grande influence internationale, notamment lesÉtats-Unis et leurs alliés. Même si cette influence se réduit.

En fait la Communauté internationale dont parlent les médias est réduite en effet aux Usa et à certains de leurs alliés politiques et économiques. On pense au Japon bien sûr. La Communauté internationale d’aujourd’hui, issue de l’alliance des démocraties et de l’Union soviétique contre les régimes nazis et fascistes, n’a plus rien à voir avec ce monde de l’après-guerre qui a connu la décolonisation et la chute du soviétisme.

Les forces du bien auto-proclamés

Il est évident que la « Communauté internationale » n’englobe plus vraiment certains pays émergents proche pourtant des Usa, comme le Brésil ou l’Afrique du Sud. Elle ne peut prétendre représenter la Russie, la Chine ou l’Inde et on ne parle même pas des « États voyous », selon des définitions objectives ou subjectives dont elle serait la norme. En réalité, la « Communauté internationale«,  qui prétend parler pour le monde, ne représente qu’une partie de la planète très minoritaire démographiquement et représente les valeurs de l’»empire américain ».

Peut-on prétendre parler pour tous quand on ne parle ni au nom de la Russie, ni au nom de l’Inde, ni au nom de la Chine, ni au nom de nombreux pays arabos-musulmans ou africains ? Non bien sûr. Certains juristes considèrent que cette notion ne repose sur aucun fondement juridique et des hommes politiques influents lui nient toute valeur.

La « Communauté internationale » représenterait donc finalement des forces du bien auto-proclamés, partageant les mêmes principes moraux économiques et politiques autour des Usa. Une notion floue, contestable et un rôle plus fantasmé qu’effectif. On peut se poser en effet objectivement la question de l’utilité de cette notion et de son usage médiatique.

Dans un mode en mouvement, la « Communauté internationale » paraît se dissoudre sans s’être vraiment identifié et sans jamais avoir eu les moyens de ses ambitions. Elle n’existe plus vraiment que dans les médias comme référence idéologique. Un sujet de réflexion très ouvert… car il peut c’est certain être abordé bien différemment que dans cette chronique.

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