Réseaux sociaux, newsletter et flux rss

Législatives : les Espagnols referont-ils le match ?

Espagne Legislatives 2016

Législatives : les Espagnols referont-ils le match ?

Télécharger en PDF et imprimer

Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Les élections législatives du 20 décembre 2015 n’ayant pas dégagé de majorité claire et aucune coalition de gouvernement n’ayant pu être négociée entre les partis, les électeurs espagnols étaient retournés aux urnes le 26 juin mais rebelote, même si le Parti populaire (PP) de droite de Mariano Rajoy était légèrement arrivé en tête, ce n’était pas suffisant car il ne peut encore gouverner seul.

Á gauche, le nouveau parti Unidos Podemos avec Izquierda Unida sont en position de force pour exercer un chantage sur le Parti Socialiste espagnol afin de ne pas cautionner Mariano Rajoy. Du coup, le Parti Socialiste fait cavalier seul depuis quelques semaines et se retrouve en interne complètement déchiré entre nouvelle garde et vieille garde, entre volonté de continuer d’être un parti de gouvernement et opposition musclée. Le Parti socialiste semblerait avoir choisi de disparaître plutôt que céder au populisme gauchiste.

Depuis le 26 juin, l’Espagne n’a donc pas de gouvernement. Or, le parti du Premier ministre conservateur Mariano Rajoy vient de sortir renforcé de deux élections régionales qui se sont déroulées ce dimanche 25 septembre dans le nord de l’Espagne. Il a contre toute surprise maintenu sa majorité en Galice et limité la casse au Pays basque. Le parti socialiste quant à lui s’est complètement effondré. Certes, la Galice, région agricole natale de Franco est un fief conservateur de la droite espagnole mais selon des résultats provisoires portant sur plus de 70 % des suffrages, le PP garderait sa majorité absolue au parlement régional avec 41 sièges sur 75. Au Pays basque, avec 99 % des bulletins dépouillés, le PP arrive en cinquième position avec seulement neuf sièges sur 75, un résultat là encore attendu dans cette région fortement nationaliste et indépendantiste mais où l’événement est ailleurs à savoir justement l’échec cuisant du PSOE, la déconfiture du Parti socialiste espagnol, qui se retrouve dépassé par Podemos au Pays basque mais aussi à égalité avec En Marea c’est-à-dire l’allié local de Podemos, en Galice.

Au Pays basque, les forces nationalistes et indépendantistes sont donc largement en tête

Le Parti nationaliste basque (conservateur) au pouvoir, aurait 28 sièges, suivi du parti de gauche indépendantiste EH Bildu (18). Elkarrekin Podemos, favorable aussi à l’autodétermination ferait une entrée remarquée au Parlement basque, avec 11 sièges.

Ces élections pourraient débloquer la situation en Espagne qui n’arrive pas à se doter d’un nouveau gouvernement depuis plus de neuf mois. Le parti du centre, le nouveau parti Ciudadanos pourrait en effet maintenant donner son accord à Rajoy pour former un gouvernement de coalition. Le mauvais résultat de dimanche pour le PSOE pourrait enfin accroître la pression sur ce parti pour qu’il lève son véto et laisse Rajoy gouverner, un retour aux urnes précipité dans ces conditions pouvant maintenant signifier son arrêt de mort.

Réponse en tout cas dans quelques jours après les tractations de couloirs en cours et les règlements de compte partisans.

Illustration : Mariano Rajoy : le candidat Permanent, Pedro Sanchez : le candidat blessé du Parti Socialiste, Albert Rivera : l’attrape-tout centriste de Ciutadans et Pablo Iglesias, aux portes du pouvoir avec Podemos

 

  1. John Wayne
    John Wayne28 septembre 2016

    Comme en Israël , en Italie , ces Législatives à la proportionnelle sont une plaie en Espagne ,et ne peuvent dégager une majorité ….( La 4 ème république en France, une vraie rigolade…) !! Les années passent et l’Espagne sombre lentement . Seuls les Espagnols feront évoluer les choses ….? ! Tant pis pour eux .

Répondre