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Poutine : le triomphe électoral

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Poutine : le triomphe électoral

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Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Après les élections du dimanche 18 septembre , ce n’est pas une victoire électorale mais un triomphe, une véritable communion avec son peuple que manifeste les résultats des urnes en Russie.

La Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, a remporté une victoire éclatante aux dernières élections législatives dont on s’est d’ailleurs très peu fait l’écho en France puisque cela dérange trop certainement la démocratie trouble de la République des camps  et de l’état d’urgence permanent. Or, il s’agit d’une victoire arrachée en dépit des problèmes que traverse le pays, la terrible récession économique dont il souffre à cause du blocus occidental dont la France est en partie responsable au prix de paupériser  encore plus ses propres agriculteurs !…

Une fois de plus, une loi politique se confirme, les blocus renforcent les pays bloqués et non l’inverse. Le premier parti de Russie, dirigé par Dmitri Medvedev a clairement gagné en ne manifestant aucune usure du pouvoir alors qu’il dirige le pays depuis près de seize ans. Poutine a obtenu la majorité absolue avec plus de 53 % des voix.

Russie unie a remporté 76 % des 450 sièges de députés à la Douma, la chambre basse du Parlement, améliorant même son score par rapport au scrutin de 2011 à l’issue duquel le parti avait obtenu 49,3 % des voix. Le parti du Président se retrouve devant toutes les autres formations y compris d’ailleurs des formations loyales au Kremlin. Le parti LDPR de l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski a ainsi devancé de peu le Parti Communiste de Guennadi Ziouganov. Le dernier-né, Russie juste, a fermé le ban avec un peu plus de 6 %. Le scrutin, anticipé de trois mois a littéralement laminé l’opposition.

Sur les 14 partis en lice, aucun issu de l’opposition dite « hors système », n’a dépassé la barre des 5 % nécessaires pour espérer entrer à la Douma. Á Moscou, le seul député sortant issu de cette opposition, Dimitri Goudkov, a même été battu. Dans une autre circonscription de la capitale, Piotr Tolstoï, journaliste à la première chaîne de télévision et descendant de l’illustre écrivain Léon Tolstoï,  qui  incarne le nouveau visage de Russie unie, a été élu avec plus de 51 % des voix devant son concurrent communiste. Ces élections constituent le premier test électoral avant la présidentielle de 2018, qui ouvrent désormais un véritable boulevard à Vladimir Poutine pour se représenter. On murmure que certains conseillers lui conseilleraient de le faire plus tôt et d’avancer même la date du scrutin. En tout cas, si la date de 2018 ne change pas, Vladimir Poutine, le « grand homme » historique du moment au sens hégélien du terme  dirigerait le pays jusqu’en 2024.
Avec plus des deux tiers des députés, le Kremlin aura un contrôle sans précédent sur la Douma et pourra faire adopter encore plus facilement ses projets de loi et ses révisions constitutionnelles. Notons tout de même que des citoyens appelés aux urnes ont quelque peu boudé le scrutin. Selon la Commission centrale électorale, le taux de participation s’est élevé à 47,9 % contre 60 % en 2011. Depuis 1993, date des premières élections législatives organisées après l’effondrement de l’URSS, il s’agit même de la plus faible participation jamais enregistrée. L’abstention affecte surtout Moscou, et Saint-Pétersbourg, les deux principales villes du pays, et est bien le signe d’un mécontentement manifeste et réel dans la Russie urbaine après dix-huit mois de récession. Persuadés que leur vote ne pèserait pas lourd dans la balance, de nombreux électeurs ont préféré s’abstenir. Mais en dehors de ces deux grandes villes, dans le reste du pays et en particulier dans les campagnes, l’adhésion à Poutine est générale.

Illustration : Poutine et  le retour de la Russie impériale
  1. Tonton Cristobal
    Tonton Cristobal30 septembre 2016

    les « bofistes » (« bof » = ça sert à rien etc..) se réfugient dans l’ abstention au lieu de voter pour les partis d’opposition qui se retrouvent sans aucun élu… et donc sans pouvoir influer si peu que ce soit sur le sort des gens. A quoi sert de voter ? à quoi sert de ne pas voter ? that is the question …

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