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Mayotte, les chiffres de l’île aux records

Mayotte Le Plus Jeune Département De France

Mayotte, les chiffres de l’île aux records

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Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Mayotte est à 75 km de l’île comorienne d’Anjouan que l’on aperçoit par temps clair du village royal de M’tsamboro au Nord de l’île. C’est l’origine de son principal flux d’immigration. Mayotte est aussi le 101ème département français depuis le 31 mars 2011 (sous la présidence de Nicolas Sarkozy). On compterait 100 000 clandestins sur place, majoritairement comoriens, mais on y dénombre aussi beaucoup de malgaches et de plus en plus d’Africains.

Mayotte, c’est 19 000 expulsions par an vers les Comores, quasiment le chiffre de la métropole puisqu’on relève 20 000 expulsions officielles sur le seul territoire national en 2015. Mayotte détient donc le record national des expulsions et c’est ce qui a servi pendant longtemps à Sarkozy, Ministre de l’Intérieur de Chirac puis Président de la République a cacher en fait son absence totale de politique anti-immigrationiste sur le territoire français.

Pour Sarkozy pro-immigrée en fait, Mayotte, c’était la belle aubaine pour les nigauds de la droite qui croyaient en ses pseudo discours politiques identitaires écrits pour étrangler le Front National, la seule obsession de sa politique intérieure. Mayotte a été totalement instrumentalisée  sur place mais aussi dans l’hexagone pour des dessins bien personnels de réélection calculée puis finalement ratée.

Mayotte c’est ainsi une part de population étrangère qui atteint le chiffre de 40 % (35 % pour la Guyane, immense territoire et 21 % en Seine-Saint-Denis). Mayotte, ce sont aussi des radars de surveillance qui n’ont jamais fonctionné, des bateaux de douanes non opérationnels, des préfets fêtards.
Mayotte, c’est une incroyable explosion démographique : 225 000 habitants en 2016, 15 000 en 1950, 50 000 en 1980, 140 000 en 2000, 212 600 en 2012 et une projection hallucinante de 497 000 pour 2050, 752 000 pour 2100. C’est la première maternité de France avec plus de 9 000 naissances en 2015 (on table dorénavant pour 10 000 en 2016 !). Chaque nuit, c’est donc une classe entière d’école primaire qui naît à Mayotte. La vice-rectrice, Nathalie Constantini devrait aussi y penser : «Une autre grosse problématique se pose au niveau des collèges, on a un nombre certain de jeunes qui arrivent et qui n’ont jamais été scolarisés auparavant (…) cela peut monter très vite si cela se répète dans plusieurs établissements.» (entretien de rentrée dans le Mayotte Hebdo du 2 septembre 2016). L’Education c’est déjà 150 millions d’euros au total qui ont été programmés sur le plan Mayotte Education 2025.

Mayotte, c’est une population jeune, très jeune qui cherche à se former, à se marier, à fonder un foyer. 60 % de la population a moins de 25 ans. 75 % des 16-25 ans sont en difficultés de lecture. 36,6 % des actifs sont sans emploi. On compte 58 % d’adultes illettrés en langue française. Le taux de réussite au baccalauréat n’est que de 74,4 % et encore avec bienveillance des jurys ! (88,5 % pour rappel de la moyenne nationale).

Mayotte, c’est aussi un autre chiffre hallucinant : 889 millions d’euros d’aides de l’État en 2014 soit + 30,8 % par rapport à 2010 et le déficit abyssal du Conseil départemental que l’on compte rattraper seulement en débauchant le personnel. Seul un tiers des fonds européens des régions ultrapériphériques ont été pour l’instant attribués. Mais l’on vise l’« égalité réelle », la construction ininterrompue de nouveaux collèges, de lycées, de centres de santé alors qu’on ne dispose même pas du personnel formé pour en assurer les postes (1600 postes contractuels à pourvoir à la rentrée 2016), qu’on lésine sur le contenu en refusant d’indexer les heures des formateurs, qu’on ait presque contraint de réquisitionner le personnel pour qu’il se rende sur place ou y demeure.

Mais ce qui se précise, c’est que l’enseigne Tati de Barbès sera bientôt à Mayotte et que dans le bâtiment tout va puisque les Mahorais installés en France construisent sur leur île la future demeure de leurs retraites.

Mayotte c’est donc aussi une croissance du PIB impressionnante : + 6,8 % chiffre qui rend ridicule le 1,5% de la métropole et qui pose d’évidence la nécessité de sortir au plus vite d’une économie de comptoir néocoloniale pour se poser en leader d’un développement régional en partenariat avec de futurs états associés comme celui de la République islamique des Comores.

Illustration : Mayotte, le plus jeune département de France.

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