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Présidentielles US : Trump, Clinton. Qui sera le candidat du grand capital ?

Trump Clinton

Présidentielles US : Trump, Clinton. Qui sera le candidat du grand capital ?

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Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Le  moment tant attendu est arrivé. Je veux parler du grand débat, le show télévisé des deux candidats à la Maison blanche, Donald Trump et Hillary Clinton. Après plus d’un an de campagne, Trump et Clinton ont enfin croisé le fer à l’occasion lundi du premier débat télévisé, organisé à l’université Hofstra, à New York. Les enjeux étaient  énormes puisque pour Donald Trump, il s’agissait de prouver qu’il avait les épaules solides et surtout les compétences pour devenir le prochain président des États-Unis d’Amérique tandis que pour Hillary Clinton, sous perfusion sanitaire, il s’agissait de sauver la face en discréditant à tout prix son adversaire. Aux États-Unis, on a atteint mardi soir des records d’audience puisqu’on a parlé du chiffre record de 100 millions de téléspectateurs !

Des élections cruciales pour les États-Unis !

Le schéma est simple : le gouvernement américain depuis le 11 septembre 2001 et l’action souterraine de l’État Profond, est totalement discrédité. Parallèlement, les États-Unis sont en pleine décadence économique, politique, morale et idéologique. Dans un tel déclin, un multimilliardaire Donald Trump en est venue à représenter la réponse la plus percutante pour tenter de contrecarrer cette chute. De son côté, la millionnaire Hillary Clinton au pouvoir en réalité depuis plus de 30 ans représente et défend la vieille garde passéiste des néo-conservateurs en tant que politicienne retorse , aujourd’hui revélée comme incompétente . De fait, ni Donald Trump ni Hillary Clinton ne pourront résoudre la crise économique et systémique qui secoue l’Amérique.

Comme la France, les États-Unis se retrouvent sous la menace d’un déchirement intérieur et d’une guerre civile. Face à ces risques , il s’agit pour les Américains de savoir si Hillary Clinton saurait faire face aux problèmes à venir de manière plus subtile que Donald Trump ?  En tout cas après les multiples attaques personnelles auxquelles se sont livrés les deux candidats à l’élection présidentielle, le grand débat télévisé n’a pas vraiment donné lieu à des échanges de fond. C’est d’ailleurs souvent le cas de ce genre de shows de la politique spectacle.

L’opposition entre Donald Trump et Hillary Clinton est restée conforme à la campagne. Le républicain a maintenu, surtout en fin d’entretien, ses déclarations provocantes  tandis que la démocrate a continué de démontrer son incapacité à proposer un véritable programme. Certes, selon les politologues, elle fut meilleure dans le débat. C’est sans doute vrai mais cela ne suffira pas pour remporter demain l’élection et être en mesure de mettre un coup d’arrêt à la montée de Donald Trump, en pleine progression dans les sondages après les attentats et les émeutes de Caroline du Nord.

Trump, candidat légitime pour combattre l’insécurité

De fait, sur les questions de sécurité intérieure, Donald Trump a indéniablement marqué des points ces derniers jours. Trump a rassuré les Américains en se présentant comme le candidat légitime dans la lutte contre l’insécurité. Et en Caroline du Nord, il a aussi surpris son monde en dénonçant les discriminations vécues par les minorités noires portant ici un discours à contre-courant des propos discriminants qu’il tenait en particulier depuis des mois contre les latinos. Or, on note que justement la Caroline du Nord, État clé dans le scrutin, est en train de basculer progressivement en faveur du milliardaire.

Pour nous en tout cas, en politique étrangère, les divergences entre le républicain et la démocrate demeurent fondamentales puisque Trump se fait l’apôtre du réalisme en privilégiant l’intérêt national en toutes circonstances, un réalisme qui est de notre intérêt face à l’aventurisme de la politique d’Obama de ces derniers mois (renforcement des installations de missiles et de bataillons à l’Est de l’Europe, occupation partielle d’une portion de la Syrie avec une alliance quasi ouverte avec les islamistes de Daech contre l’armée loyaliste de Bachar el Assad, fausse révolution organisée d’Ukraine).  La paix mondiale a plus que jamais besoin d’un réaliste à la Kissinger à la tête de l’Empire, l’Hyperpuissance fut-elle aujourd’hui en déclin.

Or, Hillary Clinton, est en libérale convaincue, interventionniste. Elle met en avant les institutions internationales et prône une certaine responsabilité des États-Unis dans les affaires du monde. Elle est enfin clairement partisane du grand Israël et du redécoupage au profit de Tel-Aviv des cartes du Proche-Orient.

Contrairement au système français où un seul débat est organisé entre les deux candidats, le système américain permet à celui qui perd le premier round, de se rattraper et de remporter les deux prochains. Si dans le cas d’Hillary Clinton, le débat de mardi n’a pas été décisif, il faudra donc qu’elle attende les deux prochains débats pour être rassurée. Les candidats doivent maintenant convaincre les électeurs des 5 États clés (Ohio, Caroline du Nord, Floride, Colorado, Nevada).  Selon les derniers sondages, Donald Trump pourrait conquérir ces 5 États. Qui aurait cru en France, il y a un an que Trump pourrait être donné favori aux élections américaines de 2016 ? Le succès « populiste » de Trump auprès du peuple américain peut en plus nous faire espérer une participation record, contrairement à l’abstention habituelle. Mais attention sans doute n’est-ce pas pour Trump lui-même que voteront les électeurs américains en novembre, mais pour la fin d’un système qui tient le peuple en dehors de toutes décisions et de tout projet. Le plus étrange alors est que ce soit un milliardaire « indépendant» qui incarne ce projet antisystème.

En fait, le grand capital mondial a du sans doute trouver en Trump son candidat outrancier. D’abord, il placera les États-Unis en bonne position quand la situation économique aura dégénérée : « Put America First » ! Puis, il engagera les États-Unis à fond dans les traités de libre-échange afin de les renégocier à l’avantage du capital américain. Enfin, Trump fera aussi ce qu’Obama n’a pas osé faire ces derniers mois, il augmentera les taux d’intérêt domestiques renchérissant ainsi le crédit et sa profitabilité. En haussant le loyer de l’argent, le nouveau Président remplira les poches des Banques et laissera des millions de familles américaine en faillite. L’augmentation de la pauvreté engendrera alors naturellement des turbulences sociales et des soulèvements .

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