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Bilan d’un quinquennat: François Hollande est-il un vrai guerrier?

Hollande Vrai Guerrier

Bilan d’un quinquennat: François Hollande est-il un vrai guerrier?

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  Michel Lhomme, politologue, philosophe ♦

Indéniablement, il y a eu un tournant guerrier de la présidence de François Hollande. Tout semble avoir commencé par l’intervention tardive au Mali qui ne fut décidée que pour des raisons de basse politique .

hollande1Ensuite, il y a l’alignement total sur la politique étrangère US. Du coup, la question doit être posée : Hollande représente-t-il un néo-conservatisme à la française ? La posture de Laurent Fabius comme celle de Nicolas Sarkozy sont toutes aussi emblématiques comme le sera demain  celle d’Alain Juppé. Toute la classe politique professionnelle française est atlantiste  souvent formée par les colloques des Young Leaders. Mais François Hollande n’a pas non plus cessé de ménager les intérêts diplomatiques et stratégiques des pays du Golfe (Qatar et Arabie Saoudite) qui sont en fait ses principaux créditeurs.

Plus officiellement  la France met en avant à l’international  la générosité humanitaire de la défense des droits de l’Homme, manifestée en particulier par l’attitude intransigeante en Syrie face à Bachar el-Assad. Mais cette feinte politique ne cache en réalité rien d’autre qu’un alignement  sur le grand Israël. Jamais le Président français ne s’est soucié des conséquences d’une politique internationale alignée sur des intérêts qui sont pourtant en contradiction flagrante avec la nouvelle composition ethnique de la France, ses 8 millions de musulmans recensés ou sa position géographique, l’Eurasie. Jamais il n’y eut dans la politique internationale française une dimension proprement européenne, une vision européenne autre que celle de l’administration soft de l’Union Européenne.

En fait, Hollande ne s’est jamais vraiment intéressé à l’Europe.  Hollande n’a pas de culture stratégique, il est resté un pur produit de l’énarchie administrative. Il n’a d’ailleurs jamais eu un intérêt particulier pour les questions internationales mais par défaut et bon calcul tacticien de militant de parti, il est devenu président. Mitterrand s’en est retourné dans sa tombe ! Il aura ainsi accueilli et trouvé dans la chose militaire le moyen de l’action et de l’efficacité.

Les guerres extérieures de François Hollande, la rhétorique de guerre à la fin de son mandat avec  Manuel Valls  ont-elles été sans doute pour lui un moyen de se reconstruire, de refonder une image présidentielle. Pour construire cette politique étrangère , il s’est rapproché  d’hommes de confiance  compétents dans le domaine militaire comme Jean-Yves Le Drian ou le général Puga son chef d’état-major particulier. Il faut reconnaître néanmoins que François Hollande s’est intéressé d’ailleurs assez tôt aux rapports des services, chose rare comparée à ses prédécesseurs (Jean-David Lévitte par exemple verrouillait tout) et qu’assez rapidement, il a pris conscience de la continuité entre les opérations (Mali,  Somalie, opération Barkhane au Sahel, opération Chamal en Irak-Syrie) et la question terroriste intérieure qui a mutée brutalement au cours de son mandat.

Quel est le défaut d’une telle politique ?

Le court terme ?  Certes mais surtout le fait de ne définir de la politique extérieure de la France que ce qui rapportera en politique intérieure. On nous dira certainement qu’il en a toujours été ainsi.  Mais il y a aussi une manière intelligente de le faire. Hollande fait donc la guerre mais sans aucune stratégie d’ensemble. Aussi est-il même capable d’être belliqueux, d’aller  plus loin que ses alliés et d’en appeler contre la Syrie par exemple à la guerre totale.

Au plus haut niveau de l’Etat, il n’y a en réalité ni corps de doctrine, ni vision, ni anticipation, ni projet. Il faut à la France une stratégie qui ne peut être que celle d’une Europe de la puissance.

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