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Chili : les ressources affectées, la bonne stratégie de l’armée

Augusto Pinochet Ugarte

Chili : les ressources affectées, la bonne stratégie de l’armée

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Auran Derien, universitaire ♦

Puisque l’Etat chilien, à l’image d’autres Etats, a abandonné ses prérogatives à des oligarchies privées  et que la Corporation politique, mafia très soudée, très bien organisée et totalement servile, pille le pays, imitant très bien ce que font les mêmes en Europe, il ne reste rien pour le peuple.

Celui-ci, s’il veut survivre, doit s’orienter vers une forme de Corporatisme apte à freiner le pillage  et la tyrannie de la haute finance mondialiste. L’armée chilienne a compris cela et donne l’exemple d’une résistance.

La loi d’affectation du cuivre

Le cuivre, l’une des principales ressources du Chili, est géré par l’entreprise publique CODELCO. Celle-ci transfère 10% de ses ventes annuelles à l’armée, qui reçoit aussi une dotation de l’Etat pour acheter des armes et des munitions. La loi fut votée à l’époque du Président Carlos Ibáñez (1952-1958), réformée au temps des généraux, en avril 1975, avec notamment la fixation d’une somme plancher de 90 millions de dollars par an.

Depuis les privatisations organisées par Pinochet, au service des oligarques, le pays est le membre de l’OCDE affecté du pire indice d’inégalité et les taux d’investissement en retraites, santé et éducation sont les plus bas. Grâce aux ressources affectées, l’armée chilienne a le meilleur budget, en pourcentage du PIB, de toute la région, soit 2,2% alors que l’Argentine ne dépense que 1,2%, le Pérou 1,9%, la Bolivie 1,8%.

A l’arrivée au pouvoir des domestiques de la tyrannie globalitaire, en particulier lors de la Présidence de Piñera, ont débuté les critiques envers ces dispositions qui couvrent évidemment des abus de la part de certains. Mais n’est-ce pas le même problème avec la corporation politique, l’oligarchie locale et le soviet de la finance ? Pourquoi donc vouloir priver les militaires de cette manne et laisser les kleptocrates et autres mafias bancaires piller allègrement le pays ?

Les oligarques se gavent

L’économie chilienne est entre les mains de 6 groupes qui  se plaignent toujours, reprenant les techniques de l’industrie de la jérémiade. Le groupe Matte contrôle tout le secteur du bois et de sa transformation en papiers et cartons, mais traîne derrière lui quelques affaires de massacres sur les territoires forestiers. Les autres s’appellent Paulmann, León, Yarur, Luksic, Angelini et l’ancien Président Piñera, le troisième homme le plus riche du Chili. Ils contrôlent 35% de la richesse, paient le moins d’impôts parmi les pays de l’OCDE. La fondation chilienne Sol a calculé que ces individus ne paient que 1,6% de la masse fiscale. Cette mafia s’est constituée avec la privatisation du pays, tant à l’époque des généraux qu’ensuite, au moment de transformer en affaires juteuses l’éducation et la santé.

Les taux d’intérêt chiliens ne sont pas négatifs mais à des niveaux extrêmement bas, des minimums historiques. Les entreprises en profitent pour se refinancer, s’endettant à long terme pour réduire les coûts, mais n’investissent pas en nouveaux projets. Un des oligarques locaux, H.Chadwick, président de la compagnie d’électricité Enersis se plaint que les relations entre les grandes entreprises et le gouvernement ne soient pas assez étroites. Bachelet ne doit pas en faire suffisamment pour le big business.

alain-cottaLes corporations de banquiers, d’actionnaires, de politiciens  se gavent et seule une ferme opposition  pourra bloquer le processus de destruction massive qu’elles organisent à leur profit.Toutes les professions doivent suivre l’exemple de l’armée chilienne, afin de se faire respecter par ces trafiquants qui privent les hommes de leur humanité, en les transformant en marchandises.

Alain Cotta a expliqué clairement les vertus de cette généralisation du Corporatisme : «les deux vertus cardinales du Corporatisme tiennent justement à la parfaite conciliation d’un égoïsme tempéré et d’une réduction considérable du risque majeur de baisse du niveau de vie» (Le Corporatisme, stade ultime du capitalisme, d’Alain Cotta, Fayard, 2008). Il convient d’obliger la finance globalitaire à partager, en imitant l’attitude ferme et digne de l’armée chilienne.

Illustration : Augusto Pinochet

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