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Présidentielles 2017 : les primaires de la Droite vues du Pacifique et des Outre-mer….

Flosse Sarkozy Promesses

Présidentielles 2017 : les primaires de la Droite vues du Pacifique et des Outre-mer….

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Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Le Tahoera’a Huiraatira, le parti de Gaston Flosse a acté son soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy, lors de la primaire à droite, en contrepartie d’une investiture Les Républicains aux trois candidats « orange » pour les législatives de 2017. Du coup, Nicolas Sarkozy a fait quelques promesses à la Polynésie française dont une nouvelle révision statutaire et la restauration de plusieurs dotations de l’Etat. Rappelons que le scrutin de la primaire de la droite et du centre aura lieu en Polynésie française les 19 et 26 novembre.

Ainsi, Gaston Flosse cerné de toutes parts par ses déboires judiciaires et à la tête d’un parti divisé plus que jamais avec son gendre dissident Edouard Fritch à la Présidence du territoire a tout de même décrit Nicolas Sarkozy comme le candidat par défaut du Tahoera’a après qu’Alain Juppé ait refusé tout arrangement avec lui, en juillet dernier. Ce scrutin offrira en tous cas au parti orange légitimiste, celle de la vieille garde de Gaston Flosse, l’opportunité de se compter avant les législatives.

Pour Nicolas Sarkozy, dans un courrier daté du 10 octobre : «Il s’agit de faire d’avantage confiance aux Polynésiens pour l’exercice de leurs compétences et le développement de leur territoire, tout en leur donnant les moyens de mener à bien leurs politiques publiques. Il s’agit aussi que la France assume enfin ses responsabilités en Polynésie au regard du fait nucléaire». Nicolas Sarkozy répond ainsi favorablement au chantage polynésien totalement construit de la « Dette nucléaire » et promet le rétablissement de la Dotation globale pour le développement économique, un montant sanctuarisé de 18 milliards de Fcfp (150 millions d’euros) qui serait géré intégralement par les autorités de la Polynésie française. C’est un moyen habile pour continuer à arroser copieusement la caste technocratique des « demis » au pouvoir. Sur la « dette nucléaire », Nicolas Sarkozy emboîte en fait le pas d’Alain Juppé et comme le maire de Bordeaux, il promet une révision de la loi Morin afin que l’Etat non seulement reconnaisse politiquement les victimes des essais nucléaires mais ensuite les indemnise. Rappelons que ce sont des victimes la plupart du temps fantomatiques, des victimes de papier qui ne servent qu’à faire profiter pleinement, au travers d’associations bidons et pro-indépendantistes, de l’argent distribuée par la France.

Vers un nouveau statut en Polynésie ?

Mais là où Sarkozy semble  être aller un peu loin dans la captation démagogique des voix – preuve d’ailleurs peut-être qu’il ne croit même plus à sa victoire ? – c’est dans l’acceptation du nouveau cheval de bataille de Gaston Flosse depuis deux ans, à savoir un nouveau statut d’autonomie pour la Polynésie française par le biais du statut de « pays associé ». Sarkozy se rend-il compte que cette évolution sans doute souhaitable vers un statut de Pays associé ouvrira aussi une belle boîte de Pandore pour les Outre-mer français ? Le « pays associé » ne serait-il pas en effet pour beaucoup la solution idéale pour se débarrasser de l’Outre-mer, totalement absent par exemple de la réflexion du Front National ?

Or ils sont nombreux  à souhaiter un tel largage. D’autres départements et territoires d’Outre-mer pourraient en effet suivre cette idée sans compter que le statut de pays associé pourrait être la piste la plus raisonnable du règlement du différend international de Mayotte avec l’Etat comorien. L’évolution statutaire vers le Pays associé donnerait par exemple à la Polynésie française la compétence pour délivrer des visas « touristiques et économiques ». Elle permettrait d’envisager aussi un développement unitaire des Comores et de réintégrer Mayotte dans son archipel d’origine.

A Mayotte, Nicolas Sarkozy devrait faire un score plus qu’honorable car lorsqu’il fut Ministre de l’Intérieur puis Président, les rafles de la Police de l’Air aux frontières étaient permanentes puisqu’elles étaient instrumentalisées pour faire gonfler artificiellement les chiffres de reconduites à la frontière au niveau national, reconduites qui en métropole n’avaient pas lieu contrairement aux engagements politiques promis. A l’inverse, comme en métropole où Alain Juppé le devance de plus en plus, l’ancien président de la République ne devrait pas emporter la primaire en Polynésie française.

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