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Présidentielles US et françaises : Trump, Juppé et les autres… le votant, clé de l’élection

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Présidentielles US et françaises : Trump, Juppé et les autres… le votant, clé de l’élection

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Jean Bonnevey, journaliste ♦

Dis-moi qui vote, je te dirai qui est élu.

L’abstention est une clé majeure des élections. C’est de plus en plus vrai. La révolution est faite par des minorités, paradoxalement aujourd’hui l’élection majoritaire aussi.

Pour gagner, il faut convaincre les mécontents qu’on représente une alternative réelle et rebelle. Ou alors, il faut au contraire faire peur avec le risque de rupture et obtenir le vote de ceux qui pensent que ça va mal mais que ce pourrait être pire.

Il y a des similitudes finalement entre l’élection américaine et la primaire de la droite française. Juppé comme Clinton représentent une certaine continuité et une dépendance au système économique dominant. Ils sont pour le libre échange, l’immigration, le métissage et l’interventionnisme contre les pays ayant une autre vision du monde. Ils ne dégagent ni l’un ni l’autre la moindre empathie. L’une est fausse, ça se lit sur son visage, l’autre est imbu de sa personne. Ils ont donc du mal à mobiliser, c’est leur grande faiblesse.

Hillary Clinton risque de perdre des voix des femmes, des noirs et des jeunes qui, sans aller voter Donald Trump ne se déplaceront pas pour elle, les banquiers et Hollywood.

En revanche les » petits blancs », bientôt minoritaires dans le pays qu’ils ont créé, restent majoritaires en nombre de votants et pourraient, sentant bien que c’est pour cette fois ou jamais, prendre la route des urnes comme jamais. C’est un réflexe racial- raciste parfois – mais identitaire qui peut faire gagner Trump.

Du coté de la primaire de la droite, c’est un peu pareil. Bien sûr l’enjeu n’est pas le même et, quand la présidentielle viendra, le vote rebelle se portera sans doute majoritairement vers Marine Le Pen. Il est certain que le vote Juppé est surtout un vote anti Sarkozy. Or, en absence d’adhésion, difficile de pousser à voter des gens de centre droit et de centre gauche. En revanche les droitiers qui pensent- à tort- que Sarkozy représentera une rupture nette avec la gestion de la décadence par la gauche, iront voter comme un seul homme. Plus il y aura de votants, plus Juppé peut gagner, moins il y aura de votant, mieux ce sera pour Sarkozy.

Certes, ensuite en France il y aura un second tour- sur lequel mise Fillon- et la vraie présidentielle contre les candidats de gauche et du Fn. Mais là aussi, de plus en plus au regard du niveau des abstentions, c’est le profil de l’électeur motivé qui devient la clé du vote. Devant le rejet du système, on peut avoir des résultats obtenus par des minorités d’électeurs déterminés qui s’imposeraient face à des majorités restant chez elles.

La révolution identitaire des européens peut passer par les urnes. Il n’y a pas que le Brexit. Encore faut-il incarner une vraie rupture et l’assumer. C’est possible aux Usa, pas en France ou la liberté d’expression n’est qu’un slogan ou une manipulation.

  1. bolo
    bolo14 novembre 2016

    Fort en gueule et en fourberie : si vous le reconnaissez, c’est bien.

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