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Gibraltar : «le rocher est anglais et le restera»

Fabian Picardo

Gibraltar : «le rocher est anglais et le restera»

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Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Lors d’un entretien avec une chaîne de télévision catalane, le ministre principal de Gibraltar, Fabian Picardo s’est emporté et a assuré que le Rocher ne sera jamais intégré à l’Espagne : «avant d’être espagnol, l’enfer gèlera».

La possession britannique de Gibraltar, reconnue par le traité d’Utrecht en 1713, est toujours revendiquée par l’Espagne. La population a voté par deux fois, le 10 septembre 1967 et le 7 novembre 2002, avec plus de 90 % de participation et à chaque scrutin, la population du Rocher a envoyé un message très clair au gouvernement espagnol sur la question territoriale. Lors du vote de 1967 par exemple, sur les 12 000 votants, seulement 34 votes étaient favorables à l’intégration au Royaume d’Espagne. Fabian Picardo a donc été cassant lors de son entretien avec les journalistes : « Jamais veut dire jamais. Personne ne nous mettra dehors. Je n’ai aucune haine envers l’Espagne, mais je déteste que l’on me dise ce que je dois être ».  Ce message sans concession était directement adressé au ministre espagnol des Affaires Extérieures, José Manuel Garcia Margallo.

Pourquoi cette mise au point  ?

C’est en fait le Brexit qui a relancé en Espagne la question de Gibraltar. Après le Brexit, un débat a animé la petite possession anglaise qui est aussi la porte d’entrée méditerranéenne de l’Espagne. Que devait faire effectivement le Rocher, rester britannique en dehors de l’Union Européenne ou devenir hispano-britannique au sein de l’Union ? Le Brexit ouvrait alors à l’Espagne une opportunité qu’elle attendait depuis longtemps et quoique sans gouvernement cet été, elle en profita aussitôt pour demander à Gibraltar qu’elle cède sa souveraineté à l’Espagne. En pleine crise gouvernementale, certains à gauche avaient qualifié les actions du gouvernement central de « franquistes » ce que s’empressa d’ailleurs de confirmer immédiatement le ministre principal britannique Fabian Picardo qui considéra officiellement ces agissements comme étant « des idées de dictateur des années 60 ».

Or, Gibraltar se porte plutôt bien : les données économiques indiquent que le Rocher connaît un taux de chômage de 0,49 % avec 157 sans emplois, une croissance annuelle de 8 % et une charge fiscale pour les entreprises de 10 % ! L’historien du Rocher, Tito Vallejo s’est de plus moqué au passage des îles Canaries et des îles Baléares, territoires autonomes de l’Espagne mais totalement assistés comme nos départements d’Outre-mer.

Pour lui, ces îles espagnoles pourries par le tourisme de masse sont des colonies de l’ancien temps, des économies de comptoir en faillite sans aucune liberté réelle de décision alors qu’à Gibraltar, toutes les affaires courantes, les lois et les taxes sont, elles, discutées et décidées par les locaux.

Illustration : Fabian Picardo

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