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L’Odéon de Marseille ouvre avec Offenbach. La Belle Hélène : un véritable feu d’artifice

BH Couv IMG 1068 Photo Christian DRESSE 2016

L’Odéon de Marseille ouvre avec Offenbach. La Belle Hélène : un véritable feu d’artifice

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Christian Jarniat ♦

Disons-le d’entrée, le Théâtre de l’Odéon a ouvert avec éclat sa saison 2016-2017 en affichant une « Belle Hélène » en tous points remarquable et qui se hisse au niveau de celle qui avait été représentée en 2010 à l’Opéra de la cité phocéenne.

©Christian Dresse

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Tout d’abord, il faut souligner à l’orchestre la qualité des instrumentistes, aussi précis que ductiles, sous la direction pleine d’enthousiasme d’Emmanuel Trenque. On connait parfaitement les décors d’Eric Chevalier pour avoir vu sa production dans nombre de théâtres en France. Mais la surprise est venue de ce que, pour tenir compte des dimensions spécifiques du plateau de l’Odéon, il a redessiné un nouveau dispositif scénique (décors réalisés par les ateliers de l’Opéra de Marseille) qui représente l’intérieur d’un palais avec, en fond de scène, des parois qui coulissent et qui s’ouvrent soit sur un temple, soit sur une perspective maritime tout à fait en adéquation avec la plage de Nauplie pour le dernier acte. Tout cela est fort bien construit, évocateur et d’un esthétisme raffiné.

Il en va de même de la mise en scène de Bernard Pisani dont le maître-mot est l’élégance. Il n’est jamais question ici de gaudriole ou de grosse farce mais plutôt d’un humour léger et de bon aloi. A souligner aussi bien le travail fait sur le texte que le soin apporté à la chorégraphie. Ces ingrédients se complètent avec les magnifiques costumes du regretté Frédéric Pineau qui sont un véritable plaisir des yeux. Bref, voilà tout ce qui contribue à donner une image flatteuse de l’œuvre d’Offenbach, d’autant que la distribution est de grande qualité. Mais ce n’est pas chose nouvelle de la part de Maurice Xiberras qui, on le sait, préside aux destinées de ce temple de l’opérette qu’est l’Odéon sur la Canebière, mais encore de l’Opéra de Marseille.

©Christian Dresse

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Après avoir incarné, avec autant d’intelligence que de talent, les diverses héroïnes des « Trois Valses », Laurence Janot aborde pour la première fois le mythique rôle de la Reine de Sparte. Dans cette entreprise, elle part déjà quasiment gagnante grâce à son physique, son allure et son abattage. Pour l’avoir déjà entendue lors du Festival d’Opérette de Nice dans « Princesse Czardas » où elle incarnait le rôle de Sylva (la tessiture, comme dans nombre d’opérettes viennoises, sollicite certes des aigus puissants mais encore un médium et des graves chaleureux), nous nous doutions qu’elle pourrait soutenir avec aisance un emploi dont la couleur s’apparente à celle d’une mezzo-soprano. Et, de fait, le résultat est à la hauteur des espérances qui nous laisse penser que, sans doute, Laurence Janot est à l’heure actuelle l’une des interprètes la plus adéquate dans le rôle.

Nous avions aussi entendu Kevin Amiel (qui avait été nommé « révélation classique » de l’Adami en 2011) lors des représentations de « Geneviève de Brabant » à l’Opéra de Montpellier. La voix est celle qui convient pour incarner Pâris, à la fois souple, ample et rayonnante dans l’aigu. Dommage que l’air qui précède le duo du rêve « Je la vois, elle dort » ait été supprimé alors même que la version choisie était celle de Jean-Christophe Keck et que l’air en question figurait bien lors des représentations à l’Opéra d’Avignon en 2008 et à l’Opéra de Toulon en 2014 dans la même production.

©Christian Dresse

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Philippe Ermelier incarne un Agamemnon truculent et sonore et Michel Vaissiere, que l’on a tant de fois apprécié avec sa tessiture de baryton aigu dans les rôles viennois, nous a agréablement surpris par sa drôlerie dans Calchas. Ménélas, en tous points parfait, Dominique Desmons brûle les planches, tandis que Jean-Marie Delpas, qui est sur tous les fronts de l’opéra et de l’opérette, incarne avec beaucoup de conviction Achille. On a revu avec plaisir Samy Camps qui fit ses débuts à Nice dans « L’Auberge du cheval blanc » en 2006. Ce jeune ténor, excellent dans Oreste, a désormais entamé une belle carrière. Nelly B et Lorrie Garcia sont aussi jolies à regarder qu’agréables à entendre dans Parthenis et Léaena, tandis que Carole Clin joue avec beaucoup de finesse et de charme le rôle de Bacchis. A n’oublier ni le duo drôlissime des Ajax (Jacques Lemaire et Yvan Rebeyrol) ni le Chœur Phocéen pour son implication.

Illustration en tête d’article : ©Christian Dresse

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