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Trump : l’heure de vérité

Trump Lheure De Vérité

Trump : l’heure de vérité

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Century News ♦

L’arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis coïncide avec un risque de bouleversement comme les États-Unis n’en ont peut-être jamais connu.

Ce risque est généré par la transformation structurelle de la consommation pour des raisons démographiques et, simultanément, par l’incapacité des USA à financer leur système déficitaire et la dette astronomique qui en découle. Voici en synthèse, un résumé de la situation.

En huit années de présidence de Barack Obama, de 2009 à 2016, les États-Unis ont accumulé une dette plus importante que durant leurs 230 années d’histoire pour atteindre 19 900 milliards de dollars aujourd’hui. Depuis le quatrième trimestre 2014, la FED a totalement cessé d’acheter de la dette américaine. Et les achats de dette américaine par les « étrangers » (y compris Européens) ont cessé totalement en 2015/2016. Les pays du BRICS, surtout la Chine, n’achètent plus de dette américaine depuis déjà 2011. Or, c’est l’ensemble de l’économie des Etats-Unis qui vit à crédit. A raison de défaut de paiement et de défaut de financement par l’incapacité des Etats-Unis à rétablir leur équilibre budgétaire, la situation va rapidement se tendre.

Simultanément, le vieillissement démographique qui va s’accentuer, engendrera une restructuration de la consommation qui continuera d’affecter la croissance de plus en plus lourdement. Il y a en effet, et pour aller vite, une contradiction entre l’évolution démographique, les besoins qu’implique cette « seniorisation » des pays développés et le modèle d’une économie mondialisée. Cette tendance devrait d’ailleurs être la même dans tous les pays de l’OCDE, mais aussi en Chine, en Russie et au Brésil et entraîner une baisse importante de la demande de pétrole. Au niveau mondial, cette évolution ne pourra être compensée par l’Inde et moins encore par l’Afrique (pour les raisons invoquées dans Centurie News N°6).

Comme en Europe de l’Ouest et aux États-Unis jusqu’ici, Donald Trump pourrait être tenté de céder à la facilité en laissant ouvertes les vannes de l’immigration pour augmenter la population en âge de travailler et de consommer. Mais c’est précisément en réaction aux conséquences de cette politique (soutien de la consommation par la dette, immigration et augmentation de la masse monétaire), qu’il a été élu. Et c’est aussi pour les mêmes raisons que se précipitera le renouvellement de la classe politique en Europe dans les années à venir.

Si Donald Trump renonce à cette stratégie suicidaire sur le plan civilisationnel et social, il restera globalement deux possibilités, peut-être bien complémentaires.

La première solution, c’est le programme sur lequel s’est fait élire Donald Trump. Un déploiement important des investissement d’infrastructures, la limitation de l’immigration (de l’importation massive de populations à bas niveau de qualification), et un protectionnisme renforcé (qui fera augmenter les taux d’intérêts et les salaires et la poursuite de l’endettement). Un nouveau « new-deal » qui entraînera probablement sur la même voie la plupart des membres des pays de l’OCDE.

Mais à dix ans, ni les réductions d’impôts, ni les dépenses d’infrastructure ne seront en mesure de compenser le vieillissement et la modification des structures démographiques mondiales. La décroissance est inéluctable car le moteur principal de la croissance est la démographie, non pas la quantité de population mais la dynamique démographique de la population active. Les augmentations de revenus dans les pays industrialisés ne sont qu’un facteur tout à fait secondaire dans la mesure où elles sont pour l’essentiel, consommées par l’inflation. Lorsque la courbe démographique croisera celle de la dette et celle des effets ravageurs de la déstructuration sociale liée à la paupérisation et à l’immigration, nous approcherons de l’heure de vérité.

Cette transition isolationniste à court terme pourrait alors être complétée au plus vite, par une politique nataliste visant à rétablir l’équilibre de la pyramide des âges, à organiser l’autosuffisance locale des besoins fondamentaux (énergie, sécurité, alimentation, santé) pour maintenir les équilibres sociaux ; et, simultanément, par une réintroduction de monnaie intérieure non adossée à des réserves (pétrole, or, etc.) garantie par le gouvernement fédéral, sur le modèle du Greenback de Lincoln. Le tout sur fond de réorientation stratégique complète du rôle de l’Etat. Un scénario parfaitement transposable en Europe.

Résumons : Donald Trump va avoir le choix entre ces trois possibilités. Trahir ses électeurs et poursuivre la course à la dette, à l’immigration à la monétarisation comme l’ensemble de l’Occident l’a fait ces dernières années sous la férule des élites financières. Ou mettre en œuvre un new-deal appuyé sur une redynamisation démographique qui glisserait progressivement vers un modèle économique autocentré et autoporteur capable de satisfaire aux besoins de sa population. Ce serait alors, pour un temps au moins, rien de moins que la fin de la mondialisation.

Nous arrivons au point d’aiguillage. A sa suite, nous serons rapidement fixés sur notre avenir en fonction de la direction que prendra le train américain. Les États-Unis, qui sont plus que jamais le cœur systémique du monde, l’engageront-ils vers la fin de l’ère des bulles et vers l’entrée dans l’ère des sphères ? Bientôt l’heure de vérité.

Source

  1. jean Guiart
    jean Guiart22 novembre 2016

    L’analyse ne tient pas,pour la bonne raison que l’inflation est très faible depuis plusieurs années et que réfléchir uniquement à partir de la démographie dans un pays aussi culturellement divers que les USA ne tient pas. La démographie ne peut qu’apporter des éléments, si du moins elle ne s’enferre pas dans ses prévisions (voir les erreurs d’analyse quant à la démoraphie russe et les erreurs que s’annoncent quant à la démographie chinoise.. La grande erreur de Mme clinton a été de se satisfaire d’une analyse démographique du corps électoral américain, il s’est avéré que cette analyse ne fonctionnait pas/Elle la privilégiait parce qu’elle ne pouvait pas physiquement faire ce que Trump a réussi, aller cherche les voix partout, dans les plus petits patelins. Professeur Jean Guiart

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