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Après le premier tour de la Droite…

Droite Primaire

Après le premier tour de la Droite…

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Yves-Marie Laulan, Président de l’Institut de Géopolitique des Populations ♦

Dois-je l’avouer, ce premier tour à l’américaine m’a laissé vaguement indifférent et passablement déçu.

Tout d’abord, avait-on besoin de « copier », une fois de plus, l’Amérique en adoptant ce dispositif pré-électoral qui n’est vraiment pas dans les habitudes de notre pays ? Pourquoi ne pas laisser, comme par le passé, les divers candidats de droite tenter leur chance sans courir le moindre risque de la part d’un François Hollande politiquement agonisant ?

Je vois essentiellement dans ce tour de piste assez ennuyeux l’occasion pour certains candidats parfaitement inconnus, (je pense en particulier à ce fameux Poisson , on serait tenté de dire, d’avril, pêché par la larmoyante « Mâme » Boutin dans quelque pièce d’eau de Rambouillet) , de projeter leur frais minois sur les écrans de la télévision aux frais du contribuable.

En dehors de cela , la lecture des programme des différents candidats ne me parait nullement porter les germes de la rupture dramatique que l’état lamentable de notre économie réclame en urgence après 5 ans d’immobilisme hollandais
.
La « pensée unique » est  toujours là avec un petit peu de ceci , un petit peu de cela , mais surtout aucune proposition susceptible de changer radicalement la donne . De toute façon, chacun sait qu’en France, les programmes sont faits pour appâter le client et nullement pour être appliqués.

Si nos candidats sont aussi pusillanimes avant l’élection, qu’en sera t-il après ?

A l’heure de la grande invasion des migrants venus d’Afrique ou du Moyen Orient, pas un mot sur l’immigration et le regroupement familial. Il ne faut surtout pas fâcher le futur électeur. A l’heure où la France commence tout juste à panser ses plaies à la suite des attentats, pas un mot sur l’Islam et le problèmes qu’il pose dans notre pays . Pas un mot sur la suppression du funeste legs de Martine Aubry, les 35 heures qui pèsent toujours sur le marché du travail, sans compter l’action des syndicats toujours unanimes pour bloquer le fonctionnement du marché du travail , l’énormité des dépenses de l’État , l’obésité des dépenses sociales de toute nature, l’extravagance du secteur public et du nombre des fonctionnaires trop payés et trop souvent inutiles.

Les réformettes proposées ne résoudront rien, soyons en assurés. Ce sera, une fois de plus, un emplâtre sur une jambe de bois.

Quant aux candidats, quelle catastrophe !

On attendait mieux de ce malheureux Juppé , lequel, à force de rester dans le sillage de Jacques Chirac , s’est confiné dans son rôle d’éternel bon élève. Rappelez-vous  le certificat de bonne conduite, « le  meilleur d’entre  nous » .gracieusement décerné par son ancien mentor. Cela fait une belle jambe aujourd’hui à notre pauvre Alain.

Il est allé chercher refuge dans son fief de sa bonne ville de Bordeaux dans l’attente de jours meilleurs, sans oser se risquer à reprendre Paris, ce qui lui aurait pu lui servir de tremplin pour les présidentielles , comme pour son bon maître Jacques Chirac.

Mais quelle maladresse aussi , à l’heure des attentats islamiques, de brandir la bannière de « l’identité heureuse » . Ce slogan inepte a dû lui être soufflé par un de ces conseillers en communication grassement payés et prodigues de type Patrick Buisson. Encore une de ces formules magiques vides de sens destinées à jeter de la poudre aux yeux des gogos et à leur faire oublier les tristes réalités du temps présent. Une identité n’est ni heureuse ni malheureuse. Elle est, tout simplement , ou elle n’est pas.

En conséquence, vieilli et désabusé le voilà qui a, sauf retournement inattendu, largement compromis ses chances d’ àccéder à l’Elysée. Triste fin d’une longue vie politique passée dans l’attente d’un lendemain qui ne viendra probablement jamais . L’histoire ne repasse jamais deux fois les plats. Parti trop tôt en politique , il est remonté trop tard sur la scène .  Le voilà vraisemblablement relégué au placard et promis sans rémission aux oubliettes de l’histoire.

Mais voilà qu’apparaît un nouveau sauveur, le sémillant Fillon,  l’éternel second de Sarkozy

Ce « collaborateur » fidèle et complaisant  aura, sans broncher, avalé pendant 5 ans toutes les couleuvres que ce cher Nicolas lui aura fait ingurgiter . Ceci étant, v-t-il pouvoir faire preuve de la fortitude exemplaire, de la force de caractère que va requérir le nettoyage des écuries d’Augias ? Peut-on raisonnablement lui confier l’avenir de la France et de son renouveau . Il est permis d’en douter. Alors François Fillon, … par défaut, faute de mieux.

De Nicolas Sarkozy, mieux vaut n’en dire pas trop

Françoise Giroud disait tantôt qu’on ne tire pas sur une ambulance. En l’occurrence, ce serait plutôt sur un corbillard. Nous savons simplement que le bouillant Nicolas, quoi qu’il en dise aujourd’hui, sera très probablement une fois de plus au rendez-vous avec l’histoire pour les présidentielles de 2022 , puis de 2027, puis celle d’après etc. etc. Normal , il est encore tout jeune . Et il ne sait rien faire d’autre. Peut-être, pour s’en débarrasser une bonne fois pour toute, devrait-on le nommer ambassadeur auprès du Vatican où il serait logé gratuitement à ne rien faire dans un palais somptueux, le rêve pour l’ ancien président dont la France ne veut plus. Et Carla serait si contente.

Alors vers qui se tourner ?

Le Front national assagi, après avoir réduit au silence l’ancêtre fondateur rageur et trop bavard  peut-il être un recours possible ? Mais, en cas de danger, on peut être assuré que les socialistes , toute honte bue , voleront comme un seul homme au secours du candidat menacé pour faire  «  barrage au fascisme » . On a déjà vu le film avec Jacques Ch. Eh oui. Hannibal ad portes.

Reste le nouvel Eliacin, le divin Macron, qui aura eu le courage, lui, de rompre les amarres avec ses protecteurs , pour se lancer témérairement dans le courant des eaux vives . Mais la France saura-t-elle reconnaître et récompenser le courage de l’imprudent ? Chacun sait qu’en France , il faut 10 ou 20 ans à brasser du vent dans les coulisses du pouvoir pour se voir enfin reconnu. Ce n’est pas demain qu’on élira un «Donald Trump » français propulsé sur le devant de la scène du jour au lendemain.

En pourtant la classe politique française a pris un sacré coup de vieux avec la candidature de l’impudent jeune homme. Elle en avait bien besoin. Il serait grand temps de voir apparaître de nouveaux visages avec de nouvelles idées. Et avoir le courage de les mettre en application. Et ça , c’est une toute autre affaire.

  1. Plouvier Bernard
    Plouvier Bernard23 novembre 2016

    Désaccord pour une fois sur la forme, mais accord intégral sur le fond
    1 – Les primaires sont une bonne chose lorsqu’une multitude de Divas ne savent s’entendre. Cela n’a rien de spécifiquement nord-américain, c’est du pur bon sens
    2 – et si cela choque les puristes au nom des « institutions de la Ve Ripoublique », c’est encore mieux : il est grand temps de moderniser notre État, en le bâtissant mieux et en empêchant autant que faire se peut la corruption qui, non seulement règne en maîtresse dans le demi-monde de la racaille politicienne, mais a envahi la fonction publique, ce qui est infiniment regrettable
    Enfin : qui de Juppé ou de Sarkozy avait le plus de casseroles politico-judiciaires aux basques ?
    3 – Le véritable problème n’est pas posé par une primaire (après-tout fort démocratique) : Fillon, c’est l’économie placée au centre du débat…
    4 – alors que c’est l’énorme problème connexe de l’immigration extra-européenne & de l’islam conquérant qui devrait compter.

    • costaz guy
      costaz guy25 novembre 2016

      Bonne Analyse…

      Le problème majeur de cette immigration-invasion imposée par Bruxelles et qui sous-tend tous les autres, aussi bien économiques ,chômage ,sécuritaire et identitaire , n’ a pas été abordé !
      On nous impose un suicide avec bonne conscience …et on l’ accepte , donc on peut bien redire avec Zemmour que ce sera un second Quinquennat pour rien .

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