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L’armée des sans dents : seul un tiers des hélicoptères est en état de vol

Budget Defense

L’armée des sans dents : seul un tiers des hélicoptères est en état de vol

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L’examen du budget 2017 de la Défense nationale en commission élargie dans la nuit du 2 au 3 novembre a apporté son lot d’informations inquiétantes sur les problèmes de maintenance de nos équipements militaires et en particulier sur le segment des hélicoptères de l’armée de terre.

« Nos capacités critiques sont très bridées par le très faible taux de disponibilité de nos hélicoptères, en moyenne 38% », s’est ainsi alarmé François Lamy, rapporteur pour les forces armées.  Ainsi, seul un Tigre sur six serait en état de vol ! Le comble d’ailleurs c’est que ce soient les hélicoptères les plus récents, comme le Tigre (hélicoptère de combat) et le NH90 Caïman (hélicoptère de transport), qui affichent les taux de disponibilité les plus faibles. La marine a ainsi 17 machines caïman, dont 10 sont en entretien. Même situation abracadabrantesque du côté des avions: le C-130 affichait 28,8% de disponibilité en 2014, moins que l’antique Transall (40,1%).

Comment expliquer ces performances catastrophiques? Il y a évidemment l’impact du déploiement permanent des machines sur les théâtres d’opérations extérieurs, qui accélère l’usure des hélicoptères et des avions. Il y a aussi d’évidents problèmes de qualité chez les industriels, visibles chez NHI pour le NH90 et chez Airbus pour l’A400M ou le Tigre.

Il y a enfin une organisation du système de maintenance des armées peu efficace, marquée par la dilution des responsabilités entre partenaires publics et privés. Un exemple éloquent: pour un hélicoptère Tigre, une visite périodique doit ainsi théoriquement durer 183 jours, ce qui est déjà énorme. Dans les faits, elle dure en moyenne 383 jours ! C’est aussi un cercle vicieux pour la formation des pilotes car faute de machines disponibles, les équipages ne peuvent pas suffisamment se former. Ce qui aboutit à un manque d’équipages entraînés déployables en opérations extérieures. Au problème technique, la disponibilité des matériels, s’ajoute ainsi un problème humain: le maintien des compétences des militaires. Soit le cœur du réacteur de la défense française. ML.

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