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Donald, Hillary et Barack: 3 personnages pour une élection [2/3]

Obama Trump Clinton

Donald, Hillary et Barack: 3 personnages pour une élection [2/3]

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Jean Guiart, anthropologue, ethnologue ♦

A la défaite d’Hillary Clinton s’ajoute l’inefficacité d’Obama depuis plusieurs mois

Au centre du combat international, Barack Obama cherchait un couronnement grâce à des actions militaires financées par la dette, ce qui est une énorme imprudence financière. Il aurait dû s’intéresser aux problèmes sociaux intérieurs, ce qui aurait amené des voix à Hillary Clinton, au lieu de mettre sur pied des opérations militaires mal engagées, mal préparées, coûteuses de nouveau en hommes et en argent, et qui lui ont fait perdre des voix. La troupe a voté majoritairement pour Trump, le corps des officiers en moins grand nombre. Les anciens combattants d’Irak se plaignant de la manière cavalière dont ils étaient traités — voir le nombre d’états dépressifs non diagnostiqués se terminant par des suicides — ont voté pour Trump. La troupe, en de nombreux endroits, parlait de se mutiner si Trump n’était pas élu. Le chef d’état-major général a diffusé une circulaire avant les élections, rappelant aux militaires leur serment et l’obligation de respecter la hiérarchie et de ne pas obéir à des mots d’ordre pour des raisons politiques. Les soldats ont fêté partout en Irak la victoire de Trump et se sont affichés clairement comme tels sur les médias sociaux.

Le donald Bashing : 194 journaux sur 200 soutiennent Hillary Clinton

La bêtise constatée doit s’allier au mépris que l’on peut porter aux journalistes américains coalisés pour exécuter Trump sans rémission et qui se sont couverts de ridicule. On aurait dû savoir depuis longtemps que les boîtes de sondages étaient corrompues, tant elles se sont trompées au cours des années. Cela a commencé dans l’immédiat après-guerre à propos de l’élection du successeur du président Roosevelt, qui n’aurait déjà jamais dû passer selon les boîtes de sondages de l’époque, qui favorisaient alors le candidat républicain.

Les mêmes journaux apportant des électeurs à Trump à force de vouloir le détruire sont en train de dire, et c’est CNN qui a commencé, que Mme Clinton aurait gagné en voix et perdu en nombre de grands électeurs, ce qui est une possibilité théorique mais ce qui est absolument faux et n’est rien d’autre encore que le résultat de sondages trafiqués. Trump a gagné dans tant d’États à très forte démographie que la chose est impossible. Il n’a pas fait qu’additionner de petits États. Nous n’avons pas les chiffres définitifs parce que les retardataires peuvent encore voter, et nous ne les aurons que fin décembre. Cette affirmation est une nouvelle invention détestable. Une variante plus récente est qu’il y aurait 2 % d’écart entre les voix des deux candidats. Les responsables de l’administration de l’élection ne peuvent pour le moment ni confirmer, ni démentir, puisqu’ils ne disposent pas des chiffres définitifs.

Le personnage de Donald Trump

J’ai tendance à m’intéresser aux personnages qui présentent des apparences de victimes. J’en ai aidé beaucoup au cours de ma carrière. J’ai moi-même été victimes de campagnes de calomnies à Nouméa et à Paris, à Nouméa où il était difficile de se défendre contre les maîtres de la communication officielle là-bas, à Paris où j’ai été deux fois validé et tiré d’affaire par le Conseil d’Etat. Donc Trump rossé par toutes les sortes de gendarmes de l’opinion aux États-Unis m’a intéressé. J’avais franchi depuis longtemps une première étape, je savais que les boîtes de sondages US étaient accessibles à la corruption. Je savais aussi que leurs méthodes de travail étaient en fait fort peu sophistiquées, ce qui facilitait toutes les manipulations. Je savais aussi, contrairement aux affirmations  des journalistes français, que le président de la République américaine n’était pas le personnage le plus puissant au monde, tant il est entouré de barrières protégeant un peu tous les intérêts imaginables, et tant il doit négocier à chaque pas.

Par dessus le marché,  j’étais un des rares sociologues français contestant sur le principe la méthodologie des boîtes de sondages françaises copiées bêtement sur celles des États-Unis. Elles se trompent tout aussi souvent, par le seul fait qu’elles ne savent pas rédiger des questions où n’apparaisse pas dans l’énoncé le libellé d’une réponse possible, ce qui normalement rend l’opération sans valeur opératoire. Ils nous sortent alors pour se justifier des raisonnements mathématiques qui ne sont qu’une emplâtre sur une jambe de bois. Leur problème va être de démontrer qu’eux aussi ne sont point corrompus.

Le Los Angeles Times s’en est fort bien tiré, avec une méthode qui tendait à lisser les mouvements brutaux et qui par conséquent ne niait pas, mais sous-estimait la véritable lame de fond en faveur de Trump.

Les maîtres de la finance, les célèbres, désagréables et stupide néo-cons et les grands journaux savaient parfaitement que Trump était en train de consciencieusement structurer, à petits pas et petits coûts,  le mouvement qui l’a porté à un pouvoir tout aussi fragile que celui d’Obama. C’est cette fragilité, qui est structurelle, et ne provient pas des circonstances actuelles, qui a pour conséquence qu’il n’y a aucune raison de qualifier Trump de dangereux.

La présidence des États-Unis ne peut fonctionner que par des compromis intelligents successifs. L’exemple du président Roosevelt est là pour le démontrer. Quand un président américain se lance tout seul sans biscuits, il aboutit toujours à une impasse. Et cela, Donlad Trump, bon observateur de la scène politique — il a su jouer de toutes les faiblesses évidentes de ses adversaires qu’eux-mêmes ne voyaient pas, du fait d’un orgueil crevant l’écran et qui leur a créé encore plus d’adversaires irréductibles — le sait parfaitement.

Presque tous les journalistes  américains se sont lourdement trompés dans leurs attaques contre Trump. Ils n’avaient aucun contact avec le peuple des électeurs de l’Amérique profonde et ont constamment mis en route des tactiques erronées. Ils obtenaient l’effet inverse et ne le voyaient pas. Et les journalistes du Monde, à Paris, courbant l’échine, ont commis les mêmes erreurs.

Lire également : Mes nuits avec Trump, peut-on lui faire confiance.

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