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Colombie, un second accord de paix !…

Farc Colombie

Colombie, un second accord de paix !…

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Monde en Action : On se rappelle la forfaiture du prix Nobel de la paix 2016 décerné alors qu’une première version de cet accord avait été rejetée lors d’un référendum populaire le 2 octobre par une majorité d’électeurs. Il importait donc de réparer l’image.

Du coup, le gouvernement colombien et les FARC ont annoncé samedi 12 novembre avoir conclu un nouvel accord de paix. Le document remanié a été signé à La Havane par les négociateurs des deux camps, qui cherchent à mettre un terme à cinquante-deux ans de conflit armé. « Le texte prend en compte les précisions et les propositions suggérées par les secteurs les plus divers de la société », souligne leur communiqué conjoint.

« Cet accord, renouvelé, ajusté, précisé et clarifié doit nous unir et non nous diviser », a déclaré à la télévision le président Juan Manuel Santos. Au lendemain de sa défaite dans les urnes, le chef de l’État avait engagé un « dialogue national » avec les partisans du non, représentants de la droite dure et pasteurs évangéliques. Ce front du refus – mené par l’ex-président Alvaro Uribe – avait soumis une longue liste de quelque 500 objections et propositions, regroupées en 57 thèmes.

Selon le président, 56 d’entre eux ont fait l’objet de modifications dans la nouvelle mouture de l’accord de paix. Les pasteurs et les curés s’inquiétaient en réalité de voir la « théorie du genre », les nouveaux droits sexuels de l’ONU « encryptée dans les accords de paix », devenir ainsi pour la Colombie une norme constitutionnelle.

Le nouvel accord précise la portée de la « perspective de genre » et supprime presque toutes les références à la communauté lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre et intersexe (LGBTI). Le gouvernement est aujourd’hui convaincu que l’opposition des Églises, en particulier évangéliques, a pesé très lourd dans le résultat du référendum. Autre modification importante, les guérilleros ont accepté de livrer leurs biens qui seront utilisés pour la réparation – individuelle et collective – des victimes du conflit armé. Les conditions des « peines restrictives de liberté » applicables aux combattants démobilisés ont, par ailleurs, été précisées : ils ne pourront pas sortir du hameau qui leur aura été assigné. La juridiction spéciale de paix ne comprendra pas de magistrats étrangers. Seuls les chefs d’entreprise ayant joué un rôle « déterminant » dans le financement des milices paramilitaires auront à répondre de leurs actes.

Ce qui est en tout cas certain c’est que cet accord de paix a été une des premières manifestations de ces modèles constitutionnels en construction en Amérique latine et en Afrique qui subrepticement intègrent les droits sexuels dans les droits universaux classiques. ML.[26.11]

 

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