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Fidel Castro, gardien du communisme et du goulag cubain. Il y a des dictateurs moins condamnables que d’autres

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Fidel Castro, gardien du communisme et du goulag cubain. Il y a des dictateurs moins condamnables que d’autres

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Jean Bonnevey, géopoliticien, journaliste ♦

Les réactions en France à la mort de Fidel Castro sont un régal.

On voit bien que les défenseurs des valeurs humanistes d’aujourd’hui sont les héritiers des compagnons de route du marxisme. Ils n’ont pas coupé le lien ombilical avec une classe politique et intellectuelle ,estimant globalement avec Aragon que «  tout anti communiste est un chien ».

Pendant des décennies, espérant le grand soir et la lutte finale pour le bonheur  de l’humanité- déjà- ils ont cherché le pays modèle. Ils n’ont jamais été que face à des échecs monstrueux, ce qui ne les a jamais empêchés de pérorer dans les médias ou les universités.

Ayant renoncé au modèle soviétique malgré l’hommage appuyé de l’Assemblée Nationale à Staline lors de sa mort, suite à l’écrasement des printemps hongrois puis tchèques, ils ne se sont jamais découragés. Ils ont annoncé le bonheur Viet à Saigon et Phnom Pen, puis se sont repliés sur Mao et Tito avant enfin de trouver Castro.

Ce dernier va bénéficier de l’imagerie révolutionnaire véhiculée par le très charismatique Che Guevara, un Argentin qui voulait exporter le modèle cubain partout en Amérique latine et qui, suite à des erreurs d’analyses, a été éliminé en Bolivie.

Le Castro impérialiste et anti colonialiste ne peut être donc totalement mauvais. Sa disciple; madame Taubira nous l’a bien fait savoir. Pas question de trop salir l’anti colonialiste leader Maximo.

C’est pourquoi les migrants qui fuyaient son île goulag sur de frêles esquifs sont moins plaints que les migrants d’aujourd’hui. La liesse des exilés de Miami a choqué certains des journalistes incultes qui ne fonctionnent que par réflexe médiatique pavlovien. Ils ne retiennent du passé que ce qui les arrange.

Même les défenseurs passionnés de la cause homo n’ont pas souligné la façon dont cette référence sexuelle était traitée à Cuba. Passés par pertes et profits les purges, les assassinats et les emprisonnements massifs.

Encore une fois, on a le droit d’admirer Castro. On peut approuver sa stratégie, allant jusqu’à pousser le monde au bord de la guerre nucléaire. On peut être pour une dictature brutale luttant pour des idées que l’on partage. On peut le haïr aussi comme l’un des pires communistes d’un continent, un interventionniste militaire en Angola, un faiseur de guerre et d’instabilité.

Mais on ne peut sûrement pas se revendiquer des valeurs molles des démocraties d’aujourd’hui et ne pas le condamner au nom de ces valeurs. Sinon l’humanisme anti raciste d’aujourd’hui doit reconnaître ce qu’il est, un continuateur camouflé du pire des totalitarismes.

Illustration : Fidel Castro libérateur de Cuba face à Batista et créateur du goulag cubain.
  1. Singuillaume
    Singuillaume28 novembre 2016

    Mais bien sûr que les humanistes anti-racistes mondialistes d’aujourd’hui ne sont que les continuateurs des marxistes communistes d’hier.Ils ont trouvé ce cache sexe parce que le précédent était plein de sang et de pus.Cela me fait bien rire lorsque certains parlent de libéraux -libertaires . La plupart ne sont que des troskystes, maoïstes ou orthodoxes qui ont mis leur mouchoir dans leur poche pour emprunter des chemins moins voyants vers la révolution (  » la déconstruction »)

  2. TRUDELLE Jean-Claude
    TRUDELLE Jean-Claude29 novembre 2016

    les propos rapportés « tout anti-communiste est un chien » sont de SARTRE qui a jouté : je ne sors pas de là et n’en sortirai jamais…

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