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Marine Le Pen à Mayotte : une île incontournable pour les présidentielles

Mayotte Couv

Marine Le Pen à Mayotte : une île incontournable pour les présidentielles

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Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

mayotte_carteSouvent méconnue en métropole, Mayotte qui est le seul département a avoir voté à plus de 80 % pour Sarkozy au premier tour des primaires de la droite sera, pour la première fois,  présente dans la campagne présidentielle 2017. « Lampedusa français » et plus grande maternité de France et d’Europe, machine à naturaliser avec pour demain une classe de primaire à construire par jour, le Front National a compris enfin qu’il ne pouvait pas oublier Mayotte et qu’il faut donc pour Mayotte faire des propositions.

C’est donc au plus haut niveau du parti que l’on a décidé de bouger et de se déplacer puisque la présidente du FN, Marine Le Pen se rendra mercredi 30 novembre  sur l’île au Parfum. L’immigration sauvage mais aussi les agriculteurs et les cadis sont inscrits à son carnet de rendez-vous mais l’on attend surtout  les propositions de son programme pour Mayotte. La population y sera d’emblée réceptive car excédée par le délitement de l’île et l’inaction des autorités gouvernementales, elle préfère attendre et écouter Marine le Pen de vive voix pour se prononcer même si le corps enseignant de Mayotte composé de fonctionnaires privilégiés et solidaires en métropole du  »vivre ensemble » reste influent sur des populations qui continuent encore de croire parfois qu’il s’agit d’une candidate raciste. La bêtise humaine a la vie dure.

Mayotte, le lampedusa français

Mayotte, le lampedusa français

L’île de Mayotte a aujourd’hui un taux d’étrangers en situation irrégulière de près de 40%. Les bidonvilles  y sont présents partout. Mais surtout, les entrées de kwassa (barques clandestines) malgré les pseudo-renforts de gendarmerie ne cessent pas. Les radars ne voient rien ! Ainsi, des témoins en ont vu arriver régulièrement ces dernières semaines et pas seulement à M’tzamboro mais sur les petites plages du Sud de l’île. Par ailleurs, les feux de brousse résultats de la culture sur brulis pratiqués par les clandestins (il faut bien qu’ils se nourrissent !) menacent les forêts primaires et nombre de sites y compris sur Petite-terre autour du lac Ndziani se retrouvent ainsi dévastés. Les naturalistes de Mayotte n’en parlent pas de peur de faire de l’anti-immigration.

La présidente du Front National atterrira  à 11h45 par un vol commercial en provenance de La Réunion. Elle commencera son séjour à Mayotte en recevant le bureau exécutif du FN local, présidé par l’ancien vice-président du conseil départemental Soiderdine Madi. Elle se rendra ensuite à M’tsahara, dans la commune de M’tsamboro, village royal et traditionnel où débarquent la plupart des kwassas en provenance d’Anjouan.

Le voyage de Marine Le Pen semble pour une fois bien préparé puisqu’elle rencontrera plusieurs comités citoyens, les cadis de Mayotte, le Collectif du Sud, un nouveau collectif qui intègre quelques femmes leaders et surtout ces femmes du Sud (responsable en particulier des décassages critiques du printemps suite au laxisme gouvernemental) et des organisations officielles comme la Chambre d’Agriculture, de la Pêche et de l’Aquaculture (CAPAM), le maire de Koungou, Assani Saindou Bamcolo, ville bidonville avec de gros problèmes de violence quotidienne à gérer, les représentants de l’Association des retraités de la collectivité de Mayotte.

On regrette qu’elle n’aille pas visiter l’hôpital qui risque en plus d’être privé de plateaux repas prochainement suite à la grève de la plus grosse entreprise de restauration rapide de l’île, Panina dont plusieurs camions de livraison ce week-end ont été incendiés. A l’hôpital de Mamoudzou, c’est près de 10 000 naissances « françaises » qui seront une fois de plus attendues cette année à Mayotte et on dit même que le chiffre sera largement « dépassé ». La situation est telle que la mairie de Mamoudzou a d’ailleurs décidé d’ installer carrément une antenne de l’état civil au sein même de l’hôpital pour faciliter les déclarations de naissance.

Remettre à plat  avec la plus grande fermeté le dossier comorien avec la République islamique voisine

Il faut redéfinir un nouveau statut de l’archipel dans sa totalité. Il importe de ne pas confondre  la dignité du peuple comorien et en particulier anjouanais avec la corruption et l’incompétence de ses élites. Les Comores sont aussi au pied du mur : dans deux décennies, le pays sera vidé et plus de la moitié de la population aura des papiers français, en une sorte de colonisation à l’envers voulue par l’exil juridique de ses propres citoyens.

Mtsamboro : un kwassa sur une plage

Mtsamboro : un kwassa sur une plage

En fait, à Mayotte, les statistiques hospitalières, scolaires, démographiques, environnementales donnent le vertige. Pour faire face aux flux d’élèves à venir, il faudrait déjà lancer la construction d’au moins dix collèges et cinq lycées. On n’en rénove que quelques uns, souvent déjà des constructions provisoires comme le lycée du Sud  ! Le vice-rectorat en est arrivé cette année au taux de 42 % de contractuels pour les établissements du second degré, contractuels souvent non formés et embauchés en Afrique. La situation sera pire à la rentrée prochaine car beaucoup d’enseignants titulaires de métropole ont décidé cette année de demander leurs mutations.

Dans les écoles primaires, la situation est encore plus chaotique sur le terrain. Plus de 90 écoles sont actuellement fermées par les instituteurs grévistes qui ont cadenassé les portails d’entrée de dizaines d’écoles avec souvent le soutien des parents en l’absence de réponse favorable de l’État à leurs revendications. Il semblerait ainsi que les écoliers n’iront plus à l’école jusque début janvier. Ce sont ainsi plus de 25 000 élèves mahorais (sur un total de plus de 55 000 écoliers ) qui ne peuvent aller à l’école et ce en République française.

Souhaite-t-on  rendre ingouvernable Mayotte ? Oublie-t-on  que Mayotte, territoire comorien est et restera tricolore à jamais?

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