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Marine Le Pen à Mayotte : les vertus tropicales des colliers de fleurs

Marine Arrivee Mayotte

Marine Le Pen à Mayotte : les vertus tropicales des colliers de fleurs

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Michel Lhomme; philosophe, politologue ♦

En mars 2016, devant les autorités préfectorales, les Cadis (juges musulmans de Mayotte et représentants officiels du magistère spirituel de l’île française) avaient lancé l’alerte sur les risques d’une explosion sociale. Les événements du printemps leur avaient donné raison. Quelques mois plus tard, ce 1er décembre 2016, c’est la présidente du Front National qui est reçue en personne par les cadis de Mayotte. La préfecture aurait très peu appréciée.

Marine Le Pen adoubée par les cadis

Marine Le Pen adoubée par les cadis

Sur l’épineux sujet de l’immigration clandestine du 101ème département français, Marine Le Pen était fortement attendue et, contrairement à la Réunion, il n’y eut aucune manifestation hostile, mis à part le ligotage d’une manifestante accompagnée du grand syndicaliste de l’île, Rivo, instituteur responsable du désordre  depuis des années. Contrairement à l’île Bourbon, il n’y eut pas sur l’île aux Parfums d’opposants vigoureux à l’élue frontiste que ce soit à l’aéroport ou dans d’autres lieux. Ce voyage est un succès car à Mayotte, le « Lampedusa français », le discours de Marine Le Pen, est reçu  cinq sur cinq.

A la Réunion, Marine Le Pen avait déjà déclarée : « L’immigration clandestine fait des ravages à Mayotte. Les Mahorais sont contraints de quitter leur île pour se réfugier à La Réunion. cela n’ira pas sans poser de problèmes un jour ». Puis, elle ajouta une remarque sur l’investissement calculé et stratégique des pays du Golfe aux Comores : « Je m’inquiète aussi de voir l’Arabie saoudite investir massivement dans les Comores ». Pour Madi Soiderdine, président du Front national local et ancien vice-président du conseil départemental, Marine Le Pen pourrait « sortir Mayotte de la pénombre dans laquelle elle est plongée » même s’il faut aussi relativiser puisque le réservoir de voix est relativement faible pour ce département : il n’y a que 78 500 électeurs.

 

Les résultats du droit du sol

Les résultats du droit du sol

En tout cas, la population de Mayotte est excédée par les cases en tôles qui délogent peu à peu la forêt et le paysage comme on peut le constater de visu autour du lac Dziani de Petite-Terre. Non seulement, les autorités ne réagissent plus mais pire elles fournissent souvent aux clandestins eau et électricité gratuitement. Certes, on peut imaginer d’accepter un tel afflux mais dans ce cas, il faut aussi avoir le courage d’augmenter le budget de l’État en conséquence. Or les dotations budgétaires municipales sont distribuées en France sur les chiffres officiels de la population légale alors qu’à Mayotte la moitié de la population n’est pas recensée. De fait, les comptes n’y sont pas sauf pour taxer les Mahorais et les métropolitains seules personnes étant solvables sur l’île. Non seulement le budget de l’État n’augmente pas de manière exceptionnelle et prioritaire en proportion de l’accueil du flux migratoire mais aucune solution n’est ouvertement proposée d’un projet de vie commune ou de « vivre ensemble » au niveau régional. Du coup, le premier espoir des Mahorais d’aujourd’hui, c’est la solution de François Barouin reprise par Marine de manière catégorique : la fin du droit du sol à Mayotte.

Marine Le Pen reçue par les Mahorais

Marine Le Pen reçue par les Mahorais

Lors de cette visite l’antenne du Medef local a cru bon de nier toute connivence du syndicat patronal avec Marine Le Pen. Sur l’île, le Medef défend depuis toujours une politique de néo-colons, souvent racistes, aux marges excessives, utilisant sans vergogne des clandestins pour s’assurer des profits qu’ils ne feraient jamais à ce point en France. Thierry Galarme, le président du Medef Mayotte a insisté : « aucune rencontre n’est programmée entre le Medef Mayotte et Marine Le Pen et il est exclu que la moindre rencontre ait lieu entre le Front national et le Medef que ce soit au plan national ou à Mayotte ». Thierry Galarme a d’ailleurs rappelé les prises de positions nationales du syndicat patronal. Pour Pierre Gattaz, le programme du FN « n’est pas économiquement responsable. Il n’est tourné ni vers l’avenir, ni vers la compétitivité. On ne peut pas fermer les frontières ». C’est sûr, le Medef votera Fillon mais pas Le Pen.

L’Union des Comores se vide de sa population, Mayotte les naturalise maintenant jusque dans la chambre de la maternité mais elle peine pourtant de plus en plus à les accueillir. Sans qu’aucune solution diplomatique ne soit trouvée, ni véritablement recherchée, une néo-colonisation  économique est à l’œuvre quotidiennement à Mayotte.

Mayotte, le plus jeiune département français

Mayotte, le plus jeune département français

Avec l’accueil favorable de Marine Le Pen sur l’île aux Parfums,  la population a voulu dénoncer l’attitude des patrons mahorais et des fonctionnaires métropolitains aux réflexes néocoloniaux et purement esclavagistes (voir par exemple la conduite récente des patrons de l’entreprise Panima avec leurs ouvriers) qui n’ont en fait jamais respecté les Mahorais.

In fine, la visite de Marine le Pen dans l’Océan Indien aura permis au Front National de clarifier son programme pour l’Outre-mer . Nous y reviendrons ici prochainement sans doute de manière plus critique.  Ce programme nous semble être un programme « patronal (s’il n’était pas sectaire, le Medef s’y reconnaîtrait à coup sûr !) mais surtout, il ne rompt pas avec le modèle de l’économie de comptoir dont souffrent depuis des décennies les Outre-mer français.

 

  1. Robert41
    Robert412 décembre 2016

    Très intéressante cette analyse de Michel, Lhomme, sur ce département d’Outre-mer en grave crise sociale. Le constat d’une réalité politique, ouverte et incessante de migrants, adoubée par une immoralité patronale locale. Celles-ci déstabilisent l’entité démographique, identitaire et sociale des Comores. Ce micro Medef local se satisfait de cette opportunité invasive car il s’enrichit sur le dos de ces déclassés. Les vrais victimes, ce sont les Mahorais. Ceux qui ont cru à la France …, enfin celle qui devrait normalement intégrer … Ils constatent et subissent aujourd’hui, les affres d’une politique française incompétente et gravissime pour leur territoire. Ce n’est plus la France qu’ils ont choisi, mais un concept politico-administratif sans tête, qui se laisse envahir par un déferlement planétaire, se soumet à des banques hors-contrôles et à un patronat maître-chanteur. Cette utopie politique est devenue l’idiote utile d’un marché divin où souveraineté, frontières et sens national sont méprisés.

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