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Pour la Turquie, l’Europe doit respecter la négociation…

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Pour la Turquie, l’Europe doit respecter la négociation…

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Le gouvernement turc travaillerait sur un plan secret pour envoyer quotidiennement 3 000 réfugiés à la frontière grecque. C’est du moins ce qu’a
déclaré un quotidien grec qui tiendrait cette information directement des services grecs de sécurité. Les autorités turques auraient déjà amassé des milliers de bateaux à moteur et des canots pneumatiques le long de la côte ouest de la Turquie, où des milliers d’immigrants syriens ont récemment accosté.

Le président turc Erdogan soutient ce plan, qui pourrait être mis en œuvre immédiatement car le dirigeant turc serait exaspéré du refus de l’Union Européenne de poursuivre les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union. N’oublions pas que récemment, le Parlement européen a voté un gel de ces négociations en raison de la répression brutale des opposants turcs et des purges menées dans le pays depuis le coup d’état militaire raté du mois de juillet.

Les Grecs n’auraient en tout cas pas la possibilité de contenir une telle masse de migrants. 16 000 réfugiés syriens sont déjà en attente d’asile et encore bloqués sur cinq petites îles grecques. La semaine dernière en pleine campagne électorale autrichienne et italienne, Erdogan a encore réitéré sa menace de libérer le passage pour que des millions de réfugiés se ruent sur l’Europe.

Erdogan d’une certaine manière a raison même s’il n’y va pas de main morte.  L’Union européenne (UE) tarde effectivement à verser les trois milliards d’euros d’aides promises dans le cadre d’un accord sur les migrants signé pourtant officiellement en mars 2016. Erdogan déclare à l’issue du conseil des ministres turc : « Jusqu’à présent, ils ont versé 179 millions d’euros, alors qu’ils avaient promis trois milliards d’euros». « Ils font des promesses mais ils ne les tiennent pas », a-t-il ironisé.

Il aurait pu ajouter : «nous, les Turcs, nous tiendrons les termes des négociations que vous n’avez jamais voulu considérer comme un chantage et que vous devez donc payer !» C’est exact : Bruxelles et Ankara ont bien signé en mars un accord prévoyant une aide de trois milliards d’euros avec en contrepartie l’engagement turc de maîtriser les flux migratoires vers l’Europe. De cet accord (Munich du vingt et unième siècle ?) la Turquie attend aussi l’exemption de visas pour ses ressortissants. Bruxelles s’était engagé à examiner la levée de l’obligation de visas et cette mesure n’a toujours pas été mise en œuvre à ce jour. ML [4.1]

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