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Nucléaire : la force tranquille

Nucleaire Avenir

Nucléaire : la force tranquille

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Michel Gay ♦

Dans un contexte énergétique en profonde mutation, l’énergie nucléaire apporte des réponses adaptées aux défis d’avenir et correspond aux enjeux du XXIème siècle.  Elle est un atout économique pour la France qui souhaite redresser son économie, réindustrialiser ses territoires et lutter contre le changement climatique. Cette force tranquille s’enracine dans le monde pour accompagner le développement de l’humanité.

Le nucléaire assure aux Français une électricité bon marché. Par comparaison, un Allemand paye son électricité 70% plus cher qu’un Français et le prix de l’électricité pour les industriels en France est de 25% inférieur au prix moyen en Europe. (Eurostat 2015). Pour certaines industries, l’électricité représente jusqu’à 30% (aluminium) et même 70% (chlore) du coût de revient (Union des industries utilisatrices d’énergie). L’avantage compétitif procuré par le nucléaire bas carbone peut compenser d’autres facteurs négatifs de production comme le coût du travail.

Le nucléaire protège des aléas énergétiques mondiaux

Il met la France à l’abri des variations soudaines de prix car le coût de production de l’électricité nucléaire est prédictible. Il est peu tributaire des cours de l’uranium qui ne représente que 5% du coût de production, et moins de 2% du prix de vente aux particuliers. De plus les risques géopolitiques sont faibles puisque 44% des réserves actuelles se situent dans l’OCDE, et la majorité des échanges sont liés à des contrats long terme. (Uranium : Ressources, production et demande – AEN/OCDE _2014).

La sécurité d’approvisionnement de la France pour les réacteurs actuels est assurée :
– à court terme, EDF dispose d’un stock d’uranium correspondant à 2 ans de production d’électricité ( Rapport sur les coûts du nucléaire – Assemblée nationale -2014) . En comparaison, les réserves d’hydrocarbures représentent moins de 4 mois de notre consommation. (MEDDE -2013)
– à moyen terme, AREVA possède un portefeuille de réserves en uranium représentant 30 années de consommation.
– à long terme, les ressources connues en uranium représentent au moins 100 ans de consommation mondiale, et jusqu’à 250 ans si l’on inclut les ressources estimées. (Uranium : Ressources, production et demande – AEN/OCDE -2014)

Au cours de ce siècle, la surgénération permettra d’utiliser complètement la ressource uranium et les réserves mondiales passeront alors à plusieurs milliers d’années.

Notre parc nucléaire contribue aussi à exporter notre savoir-faire dans le monde pour 6 milliards d’euros par an. (Conseil stratégique de la filière nucléaire -CSFN-2014). AREVA réalise 60% de son chiffre d’affaires hors de France. Plus de 10% de notre électricité bas carbone est exportée vers nos voisins ce qui rapporte environ 2 milliards d’euros par an à l’économie française.( Conseil stratégique de la filière nucléaire -CSFN-2014)

La France a développé une filière industrielle nationale complète (conception et construction de ses centrales nucléaires, enrichissement et fabrication du combustible). Elle est la troisième en France (derrière l’aéronautique et l’automobile) avec plus de 2 500 entreprises réparties sur tout le territoire. Elle n’est tributaire d’aucun savoir-faire technologique ou industriel extérieur pour engager un programme de rénovation de ses centrales et le renouvellement de son parc à l’horizon 2030.

Un euro investi dans le nucléaire crée trois fois plus d’emplois en France que les autres filières de production d’électricité. Un EPR implanté en Europe génère environ 3750 emplois en France pendant la phase de construction, selon le cabinet d’audit PwC. (Le poids socio-économique de la filière nucléaire en France. PwC 2011)

Enfin, bon marché, respectueuse de l’environnement, propre et bas carbone, l’énergie nucléaire se place au carrefour des enjeux environnementaux et climatiques de ce siècle. Elle recycle ses matières et gère ses déchets de manière rigoureuse. Dans ses rapports de 2012 et 2014, la Cour des comptes indique que le démantèlement et la gestion des déchets étaient provisionnés dans le calcul des coûts de production et conclut sur leur suffisance.
Les déchets de haute-activité à vie longue (HAVL) ne représentent que 0,2% des déchets radioactifs produits. La création d’un centre de stockage (Cigéo) dans une formation géologique stable confinera définitivement ces déchets. En 2016, le ministère de l’Energie a donné comme objectif de coût pour ce projet un montant de 25 milliards d’euros étalés sur plus de 100 ans, ce qui représente moins de 2% du coût de production de l’électricité d’origine nucléaire.

Le nucléaire est un atout économique et le pilier de notre indépendance énergétique (55,8%12). Ce taux est l’un des plus élevés de l’Union européenne. (Panorama énergies-climat – MEDDE -2013). Malgré ce bon chiffre, en 2014, la France a dépensé 54,6 milliards d’euros en importation de gaz et de pétrole. L’électrification des transports et de l’habitat tertiaire permettra de réduire cette facture lorsque la réglementation thermique 2012 (qui limite l’usage de l’électricité dans les habitations au profit du gaz) aura été modifiée.

En 1970, deux tiers de l’électricité étaient produits avec des énergies fossiles (charbon, gaz et fuel). Aujourd’hui, cette part n’est plus que de 6% (94% de notre électricité est produite sans émission de CO2) grâce principalement au nucléaire (77%). La France est l’un des pays les moins émetteurs de gaz à effet de serre au monde pour la production d’électricité et elle est reconnue comme numéro un mondial pour la qualité, la disponibilité et l’accès à son l’électricité. (Choiseul Energy Index-KPMG 2016).

nucleaire-modelisation_reacteur_neutrons_astridLe développement du démonstrateur technologique de réacteur à neutrons rapides ASTRID permettra de mieux valoriser les matières issues du recyclage des combustibles usés, notamment l’uranium et le plutonium. Au-delà de 2050, le développement de réacteurs surgénérateurs permettra à la France de disposer d’une autonomie de 3000 à 5000 ans pour sa production électrique grâce à l’uranium et au plutonium déjà entreposés sur son sol.

Après une phase de consolidation pour renforcer les mesures de sécurité suite à l’accident de la centrale de Fukushima-Daiishi (qui n’a fait aucune victime due au nucléaire alors que la vague du tsunami, elle seule, a provoqué 20 000 décès), la construction de nouveaux réacteurs n’a jamais été aussi importante depuis 25 ans. Actuellement, 60 réacteurs sont en construction. Ils viendront s’additionner aux 450 déjà raccordés au réseau ( AIE -Agence internationale de l’énergie atomique)

La construction des futurs réacteurs évoluera au rythme du coût et de l’épuisement des énergies fossiles. Les qualités intrinsèques de l’énergie nucléaire en font une source d’énergie incontournable dans le futur pour tous les pays, modernes ou non, qui cherchent à se développer. C’est une puissante force inépuisable à l’échelle humaine qui se répandra tranquillement dans le monde.

Illustration : centrale nucléaire de Kruemmel en Allemagne, en 2007
  1. collectif antinucléaire 13
    collectif antinucléaire 1313 janvier 2017

    « suite à l’accident de la centrale de Fukushima-Daiishi (qui n’a fait aucune victime due au nucléaire  »

    Cette affirmation péremptoire est une insulte à l’intelligence. Comment pouvez-vous exprimer une telle certitude alors qu’aucune étude épidémiologique d’ampleur n’a été menée autour de la centrale de Fukushima-Daiichi, alors que les cancers dus à une exposition à la radioactivité (personne n’est d’ailleurs capable de dire exactement à quelles doses de radioactivité les populations ont été soumises) n’apparaissent que cinq ou dix ans après l’exposition ? Si vous devez affirmer de telles idées, une démarche scientifique rigoureuse voudrait que vous en apportiez les preuves. Il s’agit de la vie d’hommes, de femmes et d’enfants

    Merci par avance
    Collectif Antinucléaire 13

  2. Georges
    Georges18 janvier 2017

    « Le nucléaire assure aux Français une électricité bon marché. »
    Sérieux ?
    Et les coûts de R&D et futurs coûts de démantèlement ?
    Et la ruine annoncée d’EDF coulée par, entre autres, ses projets d’EPR ?
    Sérieusement…

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