Réseaux sociaux, newsletter et flux rss

Mémoire des peuples: les aborigènes réclament leurs boucliers

Arborigenes Boucliers

Mémoire des peuples: les aborigènes réclament leurs boucliers

Télécharger en PDF et imprimer

 Michel Lhomme ♦

Rodney Kelly, un Aborigène Australien, a entrepris des démarches auprès du British Museum pour récupérer un bouclier que le capitaine James Cook avait pris en 1770.

arborigenes

Rodney Kelly et le bouclier Gweagal au British Museum.

Rodney Kelly et le bouclier Gweagal au British Museum.

Kelly fait appel aux traditions autochtones et fait valoir que le British Museum manque de respect » envers son peuple. En parallèle, le Sénat australien a adopté une motion de soutien à Rodney Kelly, descendant du premier Aborigène Australien rencontré par le capitaine Cook. L’initiative de Kelly a reçu le soutien du Parlement de Nouvelle Galles du Sud ainsi que du Sénat Australien et est financé par des micros donations.

La pièce maîtresse de tous les objets emmenés considérés comme volés par les aborigènes est le bouclier Gweagal qui a été pris à un guerrier, du nom de Cooman, abattu à Botany Bay, selon les carnets de bord du capitaine James Cook, ainsi que de ceux de Joseph Banks et Sydney Parkinson, illustrateurs naturalistes, embarqués sur l’Endeavour. Rodney Kelly, descendant de Cooman et membre du clan aborigène Gweagal qui a donné son nom au bouclier, essaie de convaincre le British Museum que le bouclier a été « volé » par l’expédition Cook et qu’il doit être rendu à l’Australie. Il demande que plusieurs flèches soient également récupérées et que l’ensemble soit exposé au Musée de Sydney. Kelly fait appel aux traditions aborigènes selon lesquelles les pièces fabriquées par ces peuples devraient rester sur leurs territoires. La campagne qu’il a lancée et qui est financée à travers la plateforme de micro donations GoFundMe, assure que « c’est un manque de respect » que le bouclier soit loin de la terre des Gweagals. Des discussions ont été engagées avec la direction britannique du musée.

arborigènesAu mois d’octobre dernier, le Sénat australien a soutenu la demande de Rodney Kelly et a exigé que le gouvernement australien lui apporte « un soutien diplomatique » dans ses démarches au Royaume-Uni pour récupérer le bouclier et les flèches. Le British Museum a dit qu’il est prêt à discuter du bouclier, non pas pour le rendre aux Gweagal, mais pour le prêter à nouveau, comme il l’avait fait antérieurement pour un musée australien, cependant d’une manière plus ou moins permanente. La politique générale du British Museum est de ne pas rendre les objets qu’il garde ou expose sinon il ne lui resterait plus grand chose en effet !

En octobre et novembre dernier, Rodney Kelly et deux autres militants aborigènes ont fait un tour d’Europe, dans le but d’expliquer leur point de vue sur ce litige tout en exposant aussi comment l’arrivée des Européens en Australie a affecté le mode de vie des Aborigènes.

 

Répondre