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Barak Obama : un Noir à la Maison Blanche

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Barak Obama : un Noir à la Maison Blanche

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Yves-Marie Laulan* ♦

Un président s’en va, un autre arrive sur la scène politico-médiatique, l’un et l’autre d’un calibre hors du commun.

De Donald Trump, il sera question sans doute aucun, plus tard. Le contraire serait étonnant. Mais il serait regrettable de s’épargner un retour sur l’ex président Barak Obama, un homme exceptionnel à bien des égards. En effet, 144 ans seulement après l’abolition officielle de l’esclavage aux États-Unis , c’est un président noir, en fait, un métis né d’un père kényan et d’une mère blanche, qui s’installe à la Maison Blanche.

Un événement sans précédent dans l’histoire de États-Unis

En premier lieu, il faut être clair que l’arrivée au pouvoir de Barak Obama, un métis né à l’autre bout du monde américain , Hawaï, une île plantée au beau milieu de l’océan Pacifique , est le fruit, de la fantastique métamorphose, en cours, de la population américaine. Les Blancs d’origine seront bientôt minoritaires, pour le meilleur ou pour le pire. La toute récente élection de Donald Trump traduit la prise de conscience de la population blanche qui se rend bien compte que le pouvoir va bientôt lui échapper sans rémission et une ultime, et vaine, tentative pour le conserver. En second lieu, cet événement résulte de l’irruption sur la scène politique américaine d’une personnalité d’exception.

Car la vie de Barak Obama tient du conte de fée. De par son itinéraire, Barak Obama est d’une certaine façon, une sorte d’extra terrestre de l’histoire politique des États-Unis. Cet oiseau exotique, d’une espèce rare, est né à Honolulu, Hawaï, d’un père kényan, vaguement économiste au Trésor du Kénya, , mort à 56 ans dans un accident de voiture, et d’une mère blanche, Ann Dunham, gentillette, un peu fofolle, issue de la génération hippie. C’était l’époque, celle des années 60, où les « filles fleurs » se croyaient tout permis et notamment quand coucher avec un noir était considéré comme un acte libérateur et purificateur des turpitudes de la guerre du Vietnam. Pourquoi pas .

Le père, alcoolique invétéré, qui battait femme et enfants, a pris promptement la poudre d’escampette pour échapper au plus vite aux servitudes de la vie familiale pendant que sa mère se consolait dans les bras d’un géologue indonésien. Peu après avoir donné naissance à un premier enfant , elle est prématurément décédée d’un cancer, peut-être provoqué par des moeurs quelque peu tumultueuses de sa jeunesse.

Avec un tel pedigree, il n’aurait pas été surprenant que le malheureux enfant, né de telles amours tourmentées, sombre à son tour dans l’alcoolisme, tel père tel fils, ou devienne un caïd de la drogue à Chicago. D’autant plus que sa vie d’enfant puis d’adolescent, s’est déroulée dans un contexte social étonnamment cosmopolite et multiculturel, éclaté entre plusieurs familles et plusieurs continents, en Indonésie , puis ailleurs. Eh bien, pas du tout.
Elevé par une grand-mère blanche exemplaire, Madelyn Durham, une sévère méthodiste de modeste origine, l’enfant Obama, prénommé Hussein, un nom à la consonance bien peu américaine , a pourtant traversé sans encombres les brumes de l’enfance puis de l’adolescence. Il a pu se forger une solide identité et donner naissance à un homme aux exceptionnelles qualités humaines et intellectuelles.

Car on a affaire ici à une personnalité singulièrement attachante : grand, mince , élégant, distingué , remarquablement intelligent, au surplus doté d’un humour dévastateur et d’un sang froid à toute épreuve : Donald Trump en a été la victime à plusieurs reprises.  Après un passage par Columbia et Harvard, il est élu au Sénat de l’Illinois puis au Sénat fédéral en 2004. Tout au long de sa carrière, ce jeune homme doué a su cultiver l’art du compromis, , et la capacité de convaincre, l’un et l’autre si utiles en politique. Mais c’est aussi un homme qui n’a peur de rien, qui ne recule devant aucun obstacle. Car se présenter à la présidence avec un nom qui évoque aussi clairement l’Afrique et un prénom importé du Moyen-Orient , il fallait le faire comme on dit. Et il l’a fait.

Ceci étant, on remarquera que la dissimulation ou, le pieux mensonge, verbal, écrit ou photographique, ne sont pas étrangers aux mœurs politiques américaines. Ainsi la coiffure en brosse de Barak Obama, dont le père était africain, avait surtout pour objet de dissimuler une abondante chevelure crépue, bien visible sur ses photos de jeune homme. Ce qui aurait pu rebuter le public. On ne sait jamais.

De même les photos officielles de Michelle Obama, la première dame des États-Unis, en qui des journalistes visionnaires voient déjà la prochaine présidente américaine, ont toujours été prises de buste de façon à cacher un arrière train fort opulent. Ce que le public non averti aurait pu juger peu gracieux.

Quoi qu’il en soit, Barak Obama aurait pu sans problèmes convoler avec n’importe quelle jeune fille au teint clair de la bonne société américaine . Mais avec beaucoup d’intelligence, et non sans calcul , car l’homme est loin d’être naïf, il a préféré choisir son épouse, la charmante Michelle, au sein de la communauté noire dont il a pu ainsi obtenir les faveurs à peu de frais. Il a par la suite mené une vie de famille exemplaire qui a contrasté heureusement avec le parcours plutôt dévergondé de Bill Clinton dont chacun se souvient des prouesses sexuelles dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche.

Ceci étant, il s’est bien gardé de favoriser la communauté noire estimant que les meilleurs représentants d’entre elle pourraient toujours faire leur chemin, pour peu qu’ils en soient capables. La « positive action » chère aux libéraux américains, ce n’est pas son idée . Que chacun se débrouille selon ses capacités et ses ambitions. Là encore Barak Obama se situe dans le droit fil de la tradition des Etats-Unis. Donner des chances à chacun, certes, mais pas de favoritisme.

Le bilan politique de Barak Obama, sans être exceptionnel, n’est pas négligeable pour autant. Le chômage à son arrivée à la Maison Blanche, qui avoisinait 10 %, est retombé à moins de 5 % ( de qui faire rêver les hommes politiques français !). Ce n’est pas rien. Mais la loi sur l’assurance maladie, le fameux Obamacare , a monopolisé ses efforts et mécontenté une bonne partie de son électorat , fermement attaché au principe du capitalisme pur et dur, et donc farouchement opposé à l’idée de l’État Providence, si chère aux Français, Cette loi va connaître vraisemblablement une existence précaire et de courte durée, si le président Trump arrive à ses fins.

Malgré tous ses efforts, Obama n’a pas réussi le moins du monde à mettre au point un système permettant de contrôler la vente des armes à feu de catégorie militaire, bien commodes pour réaliser ces tueries à répétition si fréquentes aux États-Unis. La National Rifle Association qui finance généreusement les élections d’un bon nombre de sénateurs, Républicains ou Démocrates, veille efficacement au grain, 2° Amendement de la Constitution oblige. Si on ne pouvait plus envoyer ad patres son voisin ou, de préférence, plusieurs personnes ciblées au hasard dans la rue, on ne serait plus aux États-Unis, que diable. Il faut respecter ces traditions bien américaines.

Il a quand même réussi à mettre hors d’état de nuire le 2 mars 2011 au Pakistan, Oussama ben Laden , le trop célèbre inspirateur d’Al Quaida. On se souviendra que ce dernier avait superbement monté l ’attentat des Twins Towers, qui a, quand même, coûté la vie à près de 2 500 personnes le 11 septembre 2001. Du cousu main . On n’a guère fait mieux dans le genre depuis, même en France.

Prix Nobel de la Paix en 2001, Obama a cependant sagement refusé de céder à la tentation d’intervenir militairement en Syrie, contre Daesch, malgré les pressions multiples dont il a fait l’objet, laissant à la Russie de Poutine, ravi de l’aubaine, d’engager ses troupes en soutien à Bachar el Asad. Un Busch , père ou fils n’auraient pas hésité une seconde à envoyer les GI combattre au Moyen- Orient, dans une de ces guerres inutiles dont on ne voit jamais la fin. Mais l’amère leçon de l’Afghanistan, et de l’Irak, a fini par porter ses fruits. A d’autres le soin de régenter le monde et d’intervenir à tout propos aux quatre coins du monde.

A l’actif d’Obama également, il faut compter la reprise des relations avec Cuba quand Fidel Castro, le vieux dictateur, qui a bien failli faire sauter la planète en 1962 avec la crise des missiles de Cuba, a fini par rendre son âme au diable ,au grand désespoir des bobos parisiens amateurs de poésie exotique déjantée et de rhum blanc , comme naguère Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir.  Cela va redonner force et vie aux quartiers pittoresques de la capitale où les dames de petite vertu cubaines, réputés pour la générosité de leurs charmes , vont enfin voir se renforcer les maigres rangs de leur clientèle canadienne ou européenne grâce aux robustes contingents de touristes américains aux appétits solides et au portefeuille rebondi .

Quant aux négociations avec l’Iran et la Chine, restaurées avec difficultés par Barak Obama, il faut s’attendre à les voir promptement remises en question par le nouveau président américain bien décidé à renverser l’échiquier au Moyen Orient. Mais pourquoi l’Iran et non la Corée du Nord ? C’est que les Américains n’ont nullement oublié la cuisante humiliation infligée, mois après mois, par les Gardes révolutionnaires islamiques qui trouvaient très divertissant de fouler au pied un drapeau américain, comme un vulgaire paillasson.

Sur le plan intérieur, autre échec. Les policiers blancs continuent à abattre avec constance des Noirs , jeunes et vieux , ce qui ne manque pas de provoquer manifestations sur manifestations . C’est devenu un rituel. Cela s’explique. La police locale n’est pas du ressort du gouvernement fédéral. Il y a aussi le fait que tout policier blanc, ou noir à l’occasion, se sent aisément menacé dans la rue. Il sait qu’il risque sa vie lors de l’interpellation d’un délinquant noir, jeune ou non, en raison de l’extraordinaire atmosphère de violence au quotidien qui règne en Amérique, près de deux siècles après l’abolition de l’esclavage. Et aussi les armes à feu sont en vente libre au coin de la rue.

Quoi qu’il en soit, du fait de ce parcours exemplaire, Barak Hussein Obama compte parmi les présidents  des États-Unis. Aura-t-il un successeur ? Pas de sitôt sans doute. Car, en fin de compte, c’est bien la démographie qui dictera de plus en plus sa loi à la vie politique américaine.

*Yves Marie Laulan a été haut fonctionnaire international, directeur de banque et professeur à l’université . Il préside aujourd’hui l’Institut de Géopolitique des Populations.Parmi ses ouvrages parus :Les nations suicidaires, Les années Sarkozy :5 ans de perdus pour la France, Allemagne chronique d’une mort annoncée, Le couple Giscard-Chirac :deux années de plomb et Pour la survie du monde occidental :demain la Femme.

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  1. Giorgio Gordini
    Giorgio Gordini10 février 2017

    Comment l’auteur, Yves-Marie Laulan, peut-il ignorer
    • qu’Obama n’est pas noir, mais métisse
    • qu’il n’aurait pas dû être président des États-Unis car il n’y est pas né
    • qu’il est homosexuel, ancien adepte de drogues
    • que sa ravissante épouse, « habilement choisie », est un transgenre, et donc
    • que leurs deux filles ne sont pas leurs filles.
    Obama n’est que l’instrument d’un long et méthodique plan de destruction de notre monde.
    La VRAIE question à se poser est : Avec quel toupet le Système a-t-il pu imposer ce candidat « idéal » ? Le Système se sent-il aussi fort pour imposer cette marionnette ?
    La réponse est dramatique : oui. La preuve : Yves-Marie Laulan n’y a vu que du feu.

  2. petitjean
    petitjean10 février 2017

    Monsieur Laulan avance des chiffres sur le chômage qui ne sont pas le reflet de la réalité hélas

    tout décompte fait on n’est pas loin des cent millions de chômeurs. Prendre en compte également les plus de 40 millions d’américains qui survivent grâce aux bons alimentaires, les fameux  » food stamps ».

    De nombreuse villes sont ravagées par la pauvreté et la délinquance. Sur le plan intérieur le très démocrate Obama n’a rien fait pour lutter contre cette pauvreté inquiétante qui ronge l’Amérique

    Je ne m’étends pas sur la politique extérieure, mais la mise à mort du président Libyen, comme le coup d’état en Ukraine, organisés par Obama et son secrétaire d’état, auraient pu être rappelés.

  3. Herodote
    Herodote11 février 2017

    Que vous soyez un fan de Barak Obama soi disant prix Nobel de La Paix,est une chose, mais pour quel résultat ? A l’exception de l’Obamacare et d’une réconciliation avec l’Iran, le bilan du métis est maigre.Je parle sur le plan politique.
    Pour un expert en population j’aimerais que vous cité l’esprit de Claude Levis Strauss. A savoir que nous sommes trop nombreux sur Terre et que nous épuisons nos ressources.En clair, la 3 ème guerre mondiale arrive à grand pas. Si elle n’a déjà commencé.

    • michel Mourolin
      michel Mourolin13 février 2017

      bravo pon y edst

  4. LHOMME
    LHOMME3 mars 2017

    Il semblerait bien que le système ait pu imposer ce candidat effectivement hors normes (voir le commentaire de Gordini) mais qui avait l’avantage d’être le noir servile et de service avec les mêmes méthodes de manipulation évoquées ici par Auran Derien (http://metamag.fr/2017/02/09/etats-unis-la-nouvelle-maniere-de-manipuler-les-foules/).L’opinion d’Yves-Marie Laulan sur la réalité américaine et Barak Obama ne semble pas être réaliste. On attend avec impatience mais ce sera dans une ou deux décennies la biographie détaillée et rigoureuse d’Obama. La clef de sa carrière, effectivement digne d’un roman, (je concède cette vérité à Laulan) est à chercher à Chicago (moeurs invertis) mais aussi et surtout en raison à l’époque de ses prises de positions politiques modérées considérés comme « collaboratrices » avec les « Blancs » face aux leaders de la communauté noire de Chicago qui étaient alors très engagés politiquement dans une tendance racialiste et  »black power ». Il sera plus tard  »acheté » par les clintoniens et les néo-cons, auxquels il n’appartenait pas et n’appartient pas, dans la course aux primaires de 2008 suite à sa  » nationalité » américaine et de fait sera contraint de servir fidèlement leurs intérêts durant tout son mandat. Il est encore loin d’être mort politiquement car en devenant maintenant la caution morale des Démocrates clintoniens , il ne manquera pas d’intervenir habilement pour  »piquer » et tacler en permanence les Républicains qui oublieraient un peu trop vite leurs allégeances néo-conservatrices à l’Etat profond américain. ML.

  5. LHOMME
    LHOMME4 mars 2017

    J’oubliais Obama, c’était aussi tout de même 3 bombes américaines par heure durant tout son mandat. Un joli record pour un Prix Nobel de la Paix, confirmé par « décodex » puisque c’est l’Express qui l’écrit ! https://fr.express.live/2017/01/12/obama-guerre-bombes-expulsions/
    ML.

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