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En Italie, le Gramsciste peut-il être de droite ?

Antonio Gramsci

En Italie, le Gramsciste peut-il être de droite ?

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Gabriele Adinolfi ♦

En Italie, le défaut du gramscisme de droite est en fait d’être de droite.

Non  parce que la droite n’avait pas de culture, bien au contraire ! C’est plutôt la gauche qui en a peu. Mais c’est avant tout une question de mentalité. Trop individualistes et amateurs d’improvisation à droite, bien plus méthodiques et systématiques à gauche. Là où ils n’ont rien inventé du tout, mais ont réglementé les méthodes de prise et de contrôle du pouvoir (gramscisme, léninisme, trotskisme, stalinisme).

Pour Antonio Gramsci, l’intellectuel devait être « organique au parti » et l’hégémonie culturelle était atteinte non seulement intellectuellement ou académiquement, mais à travers l’organisation sociale (salles de bal, organisations sportives de quartier, etc.).

Peut-être qu’en France cela n’a pas été fait, mais les Français ont, quoi qu’il en soit, une capacité de faire un système supérieur aux Italiens.  Le « gramscisme de droite » le GRECE  l’a construit de toute façon. On peut penser à l’influence sur les cadres des partis politiques, en particulier le Vlaams Blok (Bloc flamand) dans les années 90.

En Italie, le « gramscisme de droite » a été une couche de vernis qui a permis à certains de se sentir « fréquentables »  dans les salons.
En fait, cependant, en Italie ce gramscisme n’a rien produit, si bien que tous , une fois attirés dans des gouvernements, se sont découverts comme étant libéraux, sociaux-libéraux et cléricaux.

Il n’y avait alors rien, vraiment rien : juste une patine bourgeoise.

Toute révolution est impossible dans un imaginaire de droite. Ce n’est pas un hasard si les révolutions nationales, sur les principes et valeurs de droite, ont été produites par des hommes qui ont grandi à droite, Benito Mussolini en premier.

En Italie, le problème des nationalistes ne réside pas dans le positionnement de ses « gramscistes de droite », mais dans la perte de la capacité d’inventer et de créer, d’avoir une vue d’ensemble.

Cela aussi s’est perdu parce que la vitalité a été perdue. Mais il s’agit là d’un autre sujet.

Illustration : couverture du livre d’Antonio Gramsci, Sul Fascismo, Eir Editore, 2012, 431p.

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