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Mayotte : et si au lieu de prier ou de pomper, on faisait tomber la pluie ?

Mayotte Lac Dziani

Mayotte : et si au lieu de prier ou de pomper, on faisait tomber la pluie ?

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Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Je réponds à l’article publié il y a quelques jours et qui a suscité de nombreux commentaires. J’apporte au passage quelques précisions.

Effectivement, le nouvel arrêté préfectoral  généralise les restrictions d’eau sur l’ensemble de l’île (interdiction d’arrosage, de remplissage des piscines, de lavage de voitures et des gros chantiers de travaux publics) mais n’a pas encore instauré de coupures d’eau sur le Nord de l’île. ce qu’un de nos commentateurs juge irresponsable. Il faut savoir que Mamoudzou est aussi raccordé aux réservoirs de Dzoumogné et de Combani et qu’ils continuent de pomper occasionnellement sur ces deux réservoirs pourtant menacés d’assèchement.

La nécessité de la construction d’une autre réserve d’eau pour l’île de Mayotte a officiellement été actée en 2009. La préfecture était d’accord pour lancer la mise en projet. Ce sont alors à cette époque les élus qui s’y sont opposés et ont continué de la faire pendant toutes ces années. Appelons cela la « politique du canapé ».

mayotte_cartePar ailleurs, il faut savoir que les bouteilles d’eau Ogiva qui ont été distribuées dans les supermarchés mais aussi dans les écoles et les lycées pour pallier aux coupures d’eau proviennent du groupe Sodifram et de son collaborateur le distributeur Mayco. Ils ont approvisionné les magasins du Sud. Mais cette eau n’est pas tombée du ciel ou arrivée en bateau : elle provient en réalité de la retenue collinaire de Dzoumogné pourtant en phase critique. Pourquoi ? Parce que là encore, l’anticipation n’a pas été possible. Ce qui est logique et compréhensible car pour acheminer de l’eau de la Réunion ou de la Métropole, il faut du temps (le trajet pouvant prendre parfois jusqu’à six semaines), il faut aussi de la place sur les navires travaillant de plus en plus en flux tendu et puis, disons-le, il faut aussi une coopération étroite avec les producteurs d’eau minérale. Or Edena groupe réunionnais ne tient pas tout particulièrement à envoyer son eau à Mayotte ou aux Comores. Ils n’accepteront pas forcément de produire davantage pour répondre à la demande mahoraise. Le groupe Sodifram a donc bien avoué (Mayotte Hebdo du 6 janvier 2017) qu’il a réagi en local en pompant l’eau de Dzoumogné. Pour le groupe, c’est en tout cas une bonne affaire commerciale puisque le groupe a enregistré une hausse de 25 % de ses ventes en eau en décembre par rapport à novembre et cela continue !
Pour l’instant, on tait la date d’assèchement de Combani mais s’il n’y a pas de pluies diluviennes dans les jours à venir, elle paraît inévitable. N’oublions pas enfin qu’on sait depuis longtemps faire venir la pluie sur une région (projet Haarp) par des moyens chimiques appropriés. Rappelez-vous Pékin entre 2001 et 2009 mais aussi les Emirats Arabes Unis cet été. Bien sûr ce sont de gros moyens mais quand on aime un pays, on ne compte pas !

Enfin, pour terminer cette réponse en fait aux commentaires, une lectrice évoque le scandale des écoles publiques fermées pendant huit semaines à Mayotte et ne suscitant aucune réaction de la part des autorités locales comme gouvernementales, les instituteurs étant même payés par le rectorat. Nous y reviendrons. Sachez que le syndicaliste instituteur leader de ce mouvement n’a, depuis le début de sa carrière, soit depuis près de dix ans, jamais enseigné et pris en responsabilité sa classe mais qu’il a toujours été couvert par la complaisance de son administration et de ses inspecteurs. Alors ?…

Illustration : lac Dziani à Mayotte

 

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