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L’Éducation nationale officialise Décodex . Big Brother à la manœuvre

Decodex

L’Éducation nationale officialise Décodex . Big Brother à la manœuvre

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Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Ils n’ont pas tout à fait osé mais tout de même, ils l’ont fait. La formation  du pseudo-outil scientifique, Décodex, se fera en interne par les inspecteurs et les formations ciblant les déradicalisations.

Dans le bulletin officiel de l’Education nationale, BO du 2 mars 2017, un décret apporte des modifications à la mise en œuvre pédagogique des travaux personnels encadrés, en classe de première des séries générales Or ces modifications sont loin d’être anodines car si les TPE sont souvent critiqués, ils demeurent le seul moment pédagogique vraiment critique autorisé par le système éducatif qui permet à l’élève de surfer librement. Mais voilà en lisant leurs productions, on a flairé le « politiquement incorrect ». Il importait donc de légiférer en insistant pour que la production de l’élève atteste d’un usage pertinent des nouvelles technologies de l’information et de la communication, qui nécessite de la part des élèves un travail d’analyse des sources auxquelles elles donnent accès.

Les professeurs resteront peut-être dans le vague à la lecture de cette modification officielle mais n’ayez crainte, on leur expliquera sur le terrain : « Témoin de la démarche adoptée, il permet aux professeurs encadrant les TPE de dialoguer avec les élèves en portant la trace des conseils et des précisions apportés, notamment en ce qui concerne le respect des consignes méthodologiques relatives à la citation des sources. » On semble être dans l’urgence : le BO précise que « ces dispositions entrent en vigueur à compter des épreuves anticipées organisées en 2017, comptant pour la session 2018 de l’examen du baccalauréat » Mais pourquoi donc tant d’empressement ? C’est que le Ministère a trouvé son joujou orwellien, c’est Décodex, l’instrument de censure concurrentiel du Monde, l’organe officiel de la post-vérité . Outil qui  en ce qui nous concerne nous convient parfaitement en tant qu’enseignant : il suffit de dire aux élèves que ce qu’il faut lire et retenir, ce sont les sites des codes orange et rouge !

Mais revenons sur la genèse de l’instrument même et la pertinence de l’outil de ce journal qui s’appelle Le Monde. Décodex n’a pas été inventé par Le Monde  mais lui a été vendu. L’outil aurait été vivement discuté en salles de rédaction et l’on apprend que ce qui a déterminé l’adoption de l’algorithme américain, c’est l’assurance que, programmant la distribution des contenus aux utilisateurs, il « pourra » réduire à terme la circulation du « fake », selon les termes du communiqué de l’entreprise américaine producteur de l’outil. « C’est cet élément qui nous a décidés», a expliqué Jérôme Fenoglio, directeur du Monde. «Pour la première fois, il serait possible d’agir sur un algorithme quand un contenu pose un problème éditorial. »

Si la chasse aux sorcières et l’esprit inquisitorial l’a emporté chez les journalistes du Monde, n’est-ce pas pour s’autoriser un plan de reconversion  puisque c’est  par les usages pédagogiques que l’on peut tirer de Décodex que l’outil a finalement été adopté. En effet, si l’on n’a plus besoin d’envoyer les journalistes en reportage pour vérifier les faits autant les envoyer dans les classes faire de la propagande . L’Éducation nationale a d’ailleurs immédiatement répondu présent avec ses professeurs les plus serviles. Le Ministère de l’Education nationale a donc décidé la semaine dernière, mais sans nommer l’outil, de rendre possible son application systématique dans les classes.

Avec le lancement de Décodex et les modifications de consignes de l’Éducation nationale, on comprend mieux le véritable objectif du journal. Avec Décodex, le Monde veut nous imposer la pensée unique.  Décodex est destiné en réalité à formater les élèves. L’Éducation nationale a très bien compris la finalité véritable de l’outil mais elle oublie que  la police de la pensée ne peut empêcher le plaisir de la transgression : lire ce qui est interdit.

L’hebdomadaire suisse  Antipresse  est remonté à la source technologique de Décodex, en réalité fournie par Google. Comme très souvent ,la source est  militaire et associe à la fois le Pentagone et l’OTAN. Décodex nous explique Antipresse «est le petit bébé de la doctrine otanienne connue sous le nom de « Comprehensive Approach », une tentative militaire pour cerner ce qu’on appelle dans le jargon les « menaces hybrides », celle en particulier de la désinformation et de la guerre psychologique». Avec Décodex, nous sommes dans ce que l’on appelle la Perception Management.

Slobodan Despot précise à juste titre que « Decodex et bien d’autres « outils » et cercles d’influence, travaillent, en fait ,dans un cadre otanien très précis, non seulement idéologique, mais également organique et fonctionnel ». En fait, nos enseignants sont transformés  en petits soldats de l’Otan autorisés dans leurs relais privés et gouvernementaux, à «user de méthodes de communication et autres moyens, en direction d’audiences agréées, en vue d’en influencer les perceptions, les attitudes et les comportements, dès lors qu’ils affectent l’accomplissement des objectifs militaires et politiques de l’OTAN». Décodex est un outil informatique conçu dans ce cadre.

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