
Comment ne pas se retrouver en photo aux côtés de Dominique Strauss Kahn ? C’est le casse-tête des socialistes, notamment des candidats aux primaires, depuis l’annonce du prochain retour en France de l’ancien favori du PS à la présidentielle. La panique est quasi générale.
Le seul, qui n’ait aucun problème, c’est l’ancien Premier ministre, Michel Rocard, qui a considéré que l’ancien directeur général du FMI était « un malade mental incapable de résister à des pulsions sexuelles ». On est difficilement plus clair. Même s’il s’est piteusement rétracté ; lui doit être incapable de réprimer ses pulsions orales. Il a d’ailleurs toujours eu un problème d’élocution.
Pour les autres, ce n’est pas si simple. Notamment pour Martine Aubry qui avait, paraît-il, un accord politique avec lui. Voila qui explique sa prise de distance tardive, malgré le non-procès, sur le comportement général de DSK « avec les femmes ». Ce qui prouve qu’au-delà de l’affaire américaine, elle savait... Ils savaient d’ailleurs presque tous. Cela prouve que la fin de la procédure américaine a, en fait, officialisé une suspicion.
Hollande, Aubry, DSK, Royal, Montebourg, Star Wars. | Montage Le Post
Pour le moment, des proches de Martine tenteraient de limiter la fête prévue pour le retour de l’»innocenté», à Sarcelles. Un petit triomphe amical serait, semble-t-il, gênant. Surtout que le PS se méfie maintenant de la presse, qui en fait des tonnes sur DSK, et dont l’engouement pour la victime judiciaire, hier un atout, est maintenant embarrassante. Comment faire oublier ce qui est sans cesse médiatisé ?
La petite repentance du FMI, transformée en adieux de Fontainebleau, c’est, pour certains, un peu trop. Et puis il y a le danger de la fête par trop « communautaire». On a, les premiers, évoqué les inquiétudes des organisations juives sur les dégâts collatéraux antisémites du dossier DSK. Une analyse confirmée par une plainte déposée par certaines de ces associations contre Sud Radio. Ce média, dans sa volonté de copier RMC Info et ses « talk » à succès avec le public, a été débordé par des auditeurs mettant en cause un « lobby juif » dans les soutiens politiques et médiatiques à DSK. Le manque de maîtrise de l’antenne explique ces débordements.
Un souci de plus : l’attitude d’Anne Sinclair
Arnaud Montebourg, lui, a demandé tardivement, mais a demandé à DSK de s’excuser puis de la fermer… On n’est pas plus clair. Quant à François Hollande, impliqué même très indirectement dans l’affaire française de Tristane Banon toujours en cours, il voit le retour de Dominique comme une calamité. Il fera tout pour s’esquiver.
Le lâche soulagement et la satisfaction indécente que nous évoquions, voici peu dans nos colonnes, a cédé la place, avec l’annonce d’un retour rapide du « camarade », à une panique révélatrice. On est passé du « tous derrière DSK » à « courage, fuyons ». A quelques rares exceptions prêts de vrais amis, prêts à tout pardonner, le présumé innocent est considéré comme infréquentable. C’est dire à quel point on est persuadé, parmi les siens, que le comportement « inapproprié» est une réalité politiquement incorrect et injustifiable.
C’est une chose de faire de grandes déclarations générales, la main sur le cœur, en l’absence de DSK ; c’en est une autre que de s’afficher, a ses côtés, et de prendre un risque. C’est en tout cas la preuve que le PS savait que le « futur» président avait des problèmes et un point plus que faible. C’est finalement, comme nous l’avons écrit, le vrai scandale politique de cette affaire privée d’un homme public. Le PS et ses leaders le savent, et tentent de le faire oublier.
Mais voilà, DSK est de retour. Il ne sera pas facile de l’éviter s’il décide de se manifester. Tout est fait, en ce moment, pour qu’il adopte le profil bas d’un homme blessé, qui prend le temps de se reconstruire. Mais Anne Sinclair est-elle d’accord ou veut-elle régler quelques comptes ? C’est une question qui taraude de nombreux socialistes. « Si il revenait seul », confiait un élu PS, « ce serait un moindre mal .»
Pour le retour du héros, en tout cas, c’est raté. Le faux innocenté reste un vrai impliqué. Personne ne paraît capable d’assumer, parmi les candidats aux primaires, le poids de DSK, devenu un boulet.