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Vendredi 18 avril 2014
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L’ascension du marché des lettres et manuscrits - Les mécanismes d’acquisition et de valorisation d’Aristophil

L’ascension du marché des lettres et manuscrits


Les mécanismes d’acquisition et de valorisation d’Aristophil




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Acquérir une lettre ou un manuscrit est toujours, avant tout, un geste de passion culturelle. On veut toucher matériellement et au plus près, par l’écriture et le papier, le plus intime, le plus révélateur d’un grand personnage ou d’un événement historique. Ainsi en est-il d’une lettre de Napoléon, d’une partition de Mozart, d’un écrit de Flaubert ou d’équations d’Einstein.

On sait que l’on acquiert, en plus, un témoignage de l’histoire qui a une valeur propre. Une valeur qui ne peut qu’augmenter. Car l’écrit, même abondant – et des merveilles sont encore à découvrir - se raréfie. Nouvelles technologies obligent. Voila pour expliquer, en partie, la progression spectaculaire d’un marché qui, depuis le début du XIXème siècle, n’a connu qu’une croissance régulière. Depuis quelques années, il cumule les records.

Il faut l’expliquer par sa dimension patrimoniale qui se surajoute à la valeur proprement culturelle de l’acquisition. Nous entrons sur un marché prestigieux, fondé sur des valeurs sûres : une lettre de Hugo sera toujours une lettre de Hugo. Il profite aussi des doutes sur la pérennité d’autres investissements. Le futur des actions, des obligations, de l’immobilier et même de l’assurance-vie reste incertain, après des périodes plus que négatives pour l’épargnant. Quand l’avenir est incertain le passé rassure.

C’est pourquoi un nombre croissant d’investisseurs privés dans le monde - des Usa à la Chine en passant par Londres et Paris - se tourne, dans un souci de diversification de leur patrimoine, vers l’écrit historique et les manuscrits. C’est une petite révolution en France où ce domaine,  à la différence des pays anglo-saxons, paraissait structurellement réservé à de vénérables institutions publiques prestigieuses, parfois poussiéreuses, ou à des marchands de livres anciens plus conservateurs que dynamiques.

Un concept culturel unique

Tout cela est bouleversé par les prix du marché. Le 23 novembre dernier une vente à Sotheby’s a rapporté plus d’un million et demi d’euros. Un manuscrit de Cocteau du « Mystère de Jean l’Oiseleur » s’est envolé, c’est le cas de le dire, à près de 300.000€.

Le record des records va au « Birds of América » de John James Audubon, le livre le plus cher du monde, L'ouvrage est constitué de planches ornithologiques de très grande taille, représentant les divers oiseaux vivant aux Etats-Unis. L’ouvrage est considéré comme l'un des plus coûteux de l'histoire de l'art.

En 2010, un des rares exemplaires appartenant à des collectionneurs privés a été adjugé pour la somme de 8,6 millions d'euros, lors d'une vente aux enchères organisée par la maison Sotheby's à Londres. On peut citer encore le record pour le manuscrit bien plus récent d’une chanson de John Lennon à plus d’un million d’euros tout de même.

Ces sommes phénoménales ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Sauf a faire appel à des sociétés en expertises et constitutions de patrimoine regroupant des collectionneurs privés. En France, la société Aristophil s’est imposée avec un concept culturel unique autour du patrimoine écrit, des mécanismes spécifiques d’acquisition et de valorisation s’appuyant sur un magazine spécialisé - « Plume » - et sur un musée dont nous avons déjà parlé. Son succès témoigne de la vivacité d’un marché n’ayant connu aucune crise depuis plus de 120 ans et faisant rêver le collectionneur comme le passionné d’histoire. Cela mérite réflexion.

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