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Jeudi 24 juillet 2014
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De quelques gabegies et indignités de campagne - Une République où le Droit n'est pas très droit

De quelques gabegies et indignités de campagne


Une République où le Droit n'est pas très droit




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Nous sommes à la veille du scrutin présidentiel, tandis que la France comme l’Europe vivent une crise sans précédent depuis près d’un siècle; crise qui non seulement n’est pas terminée, mais n’en est, vraisemblablement, qu’à ses débuts. Or, si certains candidats évoquent bien la crise et ses conséquences, notamment la rigueur budgétaire et la remise en cause du fameux «modèle français », aucun ne va jusqu’au bout de la vérité.
Il faudra, le plus vite possible, tordre le cou aux 35 heures et le faire simplement, sans périphrases et sans autre forme de procès que par l’abrogation de la loi Aubry. Il faudra aligner les régimes de retraite spéciaux, très lourdement et de plus en plus lourdement déficitaires, sur le régime général. Il faudra, surtout, se pencher sur des sujets très importants qui n’ont été qu’effleurés, comme la santé publique ou l’éducation nationale.
En santé publique par exemple, le coût de l’hôpital public n’est, à ce jour, toujours pas solutionné. La séparation nécessaire, en matière de gestion des soins, du contrôle et de la régulation des établissements publics de santé et leur gestion doit être mise en place. A ce jour, l’Etat est, à la fois, le gestionnaire direct des établissements de santé et l’autorité hiérarchique des agences régionales de santé… Une anomalie. Dans tous les autres domaines de la vie économique et sociale (financer, bancaire, télécommunication, médias…), l’autorité de contrôle est devenue indépendante. Pas en matière de santé publique. Il est temps d’en arriver à une solution de partition conforme à l’intérêt des patients. 
Il faudra, aussi, interdire la pratique de clientèle privée dans l’hôpital public. Cette pratique est contraire à toutes les règles du service public, auquel il faudra bien, même si on en limite l’assiette, revenir un jour de façon rigoureuse. Il existe bien d’autres problèmes qui devraient être enfin abordés, afin d’être solutionnés sans précipitation, mais avec rigueur.
Or, à quoi assiste-t-on ? Les uns s’intéressent au permis de conduire, les autres à l’euthanasie, sujet beaucoup trop complexe qui ne peut être traité dans une campagne politique, ce d’autant que la France dispose déjà, avec l’excellente loi Léonetti, d’un texte largement suffisant. D’autres encore au mariage homosexuel qui est, effectivement en temps de crise, l’alpha et l’oméga de la solution…
Par ailleurs, un texte récent autorise tout un personnel politique, battu aux élections, à entrer de plein pied dans la profession d’avocat; ce qui est à la fois scandaleux et méprisant pour mes confrères et moi-même. Que ces gens sachent que nous avons été formés sérieusement pour accomplir notre profession et que le fait de dormir sur les bancs du Parlement, pendant quelques années, ne transforme personne en juriste. Pourquoi ne pas permettre aux membres de la Commission de la santé de devenir médecins, aux membres de la commission de la Défense nationale de devenir légionnaires et aux membres de la commission des transports de devenir conducteurs de TGV ou pilotes de ligne? C’est, comme le dirait mon fils, du n’importe quoi.
Qu'il est bon d'être magistrats, on peut tout se permettre
Enfin, les magistrats en retraite, ou presque, semblent profiter de l’instant électoral pour démontrer que les critiques portées contre eux sont justifiées. Je rappelle que ces fonctionnaires sont les seuls à ne pas voir, sauf dans des cas bien limités, leur responsabilité mise en cause. Intouchables, ces gens-là !
Que dire d'un ancien juge d’instruction, un des plus mauvais que le Pôle Financier ait connu, dont la jouissance prenait naissance dans la mise en examen systématique de personnalités connues et qui furent ensuite, pour la plupart, blanchies, se mettant, au mépris des lois qu’elle était sensée appliquer naguère et que seule une chute dans son escalier a pu lui faire oublier, à insulter le Président de la République, en direct à la télévision, le qualifiant de voyou ou d'équivalent? Pauvre magistrature, qui n’a pas su être représentée par les meilleurs de ses enfants ! Elle ne mérite pas cela.
Ce d’autant, qu’un ancien procureur général près la Cour de cassation, magistrat éminemment politique s’il en est, juge utile, au mépris de la réserve qui devrait le guider, de faire état de données contenues dans des dossiers en cours, au prétexte qu’il soutient le candidat socialiste. Il est surprenant que la morale soit agitée par ceux qui ont laissé les Bouches du Rhône, l’Hérault et le Pas de Calais sortir des sentiers du droit, recourir à des pratiques qui font l’objet d’instructions pénales.
Que dire, pour finir, d'un procureur de la République flamboyant, médiatique et qui, muté près de la retraite dans une des Cours d’appel les moins demandées de France au terme d'une carrière qui n’a jamais pu s’élever plus haut que son ego, insulte tout un département du Sud de la France parce qu’il le quitte? Tout ceci n’est pas très digne d’une démocratie et de notre République.
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