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La dame de Villers-Carbonnel sort de terre - Une représentation féminine assez rare pour être remarquable

La dame de Villers-Carbonnel sort de terre


Une représentation féminine assez rare pour être remarquable




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modifié le 03/05/2012 à 19:06h

Avec ses fesses proéminentes et ses petits seins, la dame de Villers-Carbonnel n'aurait pas grande chance chez une Elisabeth de Fontenay, même très vieillissante. Cette beauté stéatopyge nous rappelle plutôt la Venus hottentote dont on a fait un film et que l'on peut regarder à l'exposition "Exhibitions", dont nous reparlerons. Mais avec laquelle elle n'a racialement aucun rapport. 

Si les équipes d’archéologie préventive de l’INRAP sont tombés en extase, ce n'est donc pas devant son sex-appeal, mais pour le caractère exceptionnel de la trouvaille effectuée Mais pour deux autres raisons dont la conjugaison est exceptionnelle: l’intégrité de sa reconstitution et le fait que ce genre de figurines féminines est très rarement mis à jour dans des ensembles du néolithique moyen. 
Ce le fut dans deux vastes enceintes mises à jour et appartenant à la culture chasséenne, environ 4 300-3 600 avant notre ère. La plus ancienne est délimitée par un fossé et une palissade définissant un espace d’environ 6 hectares. L'autre enceinte, comportant également une palissade ponctuée sur l’extérieur de tronçons de fossés, clôturait une surface inhabituellement plus vaste: 15 hectares abritant des habitats et de nombreuses structures fouillées : bâtiment, fossés, trous de poteau, fours…
 
Les archéologues ont retrouvé les fragments d’une statuette dans un four dont la voûte de terre s’est effondrée. Après remontage des fragments, celle-ci s’est révélée entière. Haute de 21 cm, elle est modelée à partir d’une plaque d’argile rectangulaire. Les hanches sont larges et accentuées, les fesses proéminentes et viennent amplifier le déséquilibre entre la partie inférieure du bassin et la taille étroite et fine. Les bras sont esquissés par deux bourrelets au niveau des épaules, mais ne sont pas réellement figurés; pas plus que les mains. Le sexe n’est pas représenté, mais les seins sont formés par l’ajout de deux petites boules de pâte légèrement étirées. La tête enfin, très stylisée et sans visage, est constituée d’un simple cône. 

Zone de découverte de la dame de Villers-Carbonnel
Cette statuette féminine possède des lignes pures mais asymétriques, c’est, par exemple, le cas des seins et des jambes. On assiste ici à une forte abstraction de la représentation du corps féminin, marquée par la largeur des hanches et les seins. La dame de Villers-Carbonnel , puisque c’est le qualificatif qui la désigne, est caractéristique, avec d’autres « dames » découvertes, d’une époque où l’on assiste à une forte abstraction de la représentation du corps féminin, aboutissant à des figures stylisées, qui marquent une dissolution de la figuration. C’est bien la preuve que l’art peut connaître des pulsations et des révolutions au sens étymologiques du terme. Ces figurines féminines, malgré leurs multiples différences, laissent penser qu’elles rentrent dans un fond idéologique commun dont l’origine est méditerranéenne.
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