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Ce marchand de Tapie ou Tapie volant : le Batman sans masque revient

Ce marchand de Tapie ou Tapie volant : le Batman sans masque revient

Ce marchand de Tapie ou Tapie volant : le Batman sans masque revient

Si la France mérite bien Hollande, comme elle a su mériter successivement Mitterrand, Chirac et Sarkozy, allant toujours de mal en pis, la politique française mérite Tapie. Quelle inestimable chance !

Quand il quitta honteusement la vie politique, il est vrai qu’elle perdait gros. Elle n’était plus elle-même sans son bateleur vedette, sans son fringant mauvais garçon à la forte gueule et au sourire charmeur de caïman. Il a tout essayé le coquin et, il a tout pourri ce qu’il touchait ! Quant Tapie passe, il ne laisse que fanges et détritus, le goret ; son espace devient difficilement dépolluable.

Il a d’abord fait parler ses douteuses aptitudes dans le monde des affaires ; il y a vite capté l’attention par de fumeux tours de passe-passe ; il a tout souillé et en est parti, sa batterie de casseroles aux fesses.

Il avait montré tous les atouts d’un maître magouilleur sans vergogne pour réussir en politique ; le voilà vite invité à y exercer ses talents de bonimenteur-prestidigitateur, il y fait effet mais assez vite son immense crédit s’effondre ; il n’est ni  net ni lisse pour faire longtemps illusion dans ce monde en eaux troubles.

Ces pseudo-succès adroitement médiatisés le propulsent dans le monde du football où il ne peut tirer gloire et succès qu’en trichant et mentant lamentablement, une fois de plus. Il y fut dénoncé et condamné…

Il magouillera même en prison, ce ministre PRG de la Ville de François Mitterrand. On le crut discrédité à jamais !

Par la suite, il s’essaya au cinéma et au théâtre, le comediante ; il fit aussi de brèves apparitions sur le petit écran, mais assez tristement dans ce panier de crabes pour ses ambitions mégalomaniaques ; il n’y dura pas assez pour dégueulasser ce milieu, lequel déjà bien pourri pour qu’il n’y pût laisser ses fétides traces.

Depuis, il est fort gêné de devoir rester tapi dans une pénombre allant mal à son teint et ses manières de rastaquouère, même si la lourdeur d’un passé nauséabond le hisse cycliquement à la une des médias, toujours friands de carrière tordues.

Maintenant qu’il semble avoir brûlé beaucoup de cartouches et perdu beaucoup d’illusions, il sait qu’il lui sera désormais mal aisé de jouer de sa fourberie grandiose et d’user de son penchant à la forfanterie comme à la flagornerie.

L’effronté, l’impudique magistral ne peut plus qu’espérer réussir un énorme banco, bien insane, pour  retrouver considération sous les sun-lights et défrayer la chronique : que pouvait-il donc choisir pour ce baroud en manque d’honneur ? Le domaine dans lequel il peut encore espérer le plus, où il pense avoir quelques chances, lui le fils naturel du Florentin Mitterrand et le père spirituel des Cahuzac et autres vils personnages politiques c’est la politique évidemment.

Il peaufine son retour en scène en maître des effets spéciaux.

Il affirme qu’il vient de perdre l’essentiel d’un colossale fortune, bien sauvagement amassée. On devrait en pleurer dans les appartements des banlieues.

Ainsi démuni, irrité mais libre, pourquoi ne se propulserait-il pas en sauveur providentiel d’un vieux monde politique bousculé, aux abois, comme s’il n’avait plus rien à perdre pour lui et tout à donner aux autres ?

Quelle admirable altruisme ! Il offrirait toute l’énergie de sa foi opaque.

Lui, le grand copain de Sarko, en fieffé capitaliste, mais aussi lui, l’inébranlable homme de gauche labélisé par Mitterrand, se présente comme la magique clé de la toute neuve vision par soudure d’un monde politique éclaté. Il s’affirme prêt à relever le défit du chômage et du désespoir des jeunes, voilà pour jouer sur les sentiments et lustrer son image ternie, il veut aussi pourfendre corps et âme le très vilain Front National. Il a déjà enfilé la tenue rose et bleu tendre des Estrosi et Bertrand, il aura aussi la cape et la cagoule du nouvel héros salvateur, exterminateur du démon moderne.

Le retour est annoncé, on peut même parier qu’il est déjà programmé. Attendrait-il seulement d’être adoubé par le plus grand nombre de l’ancienne obsolète répartition entre droite et gauche, ou se jettera-t-il fougueux, dans la mêlée, en espérant rallier à son panache de pacotille toutes ces composantes en total désordre ?

Bien que l’on sache qui il est précisément, si peu fiable, avec si peu de scrupule, sans probité aucune, et bien que l’on se souvienne d’où il vient réellement avec un parcours fort jalonné de saletés infectes, et que l’on se rappelle tous ces mensonges éhontés, il faut savoir que ce triste sire peut réussir son retour.

Tous les roués de la politique d’hier, les nuls, les défaits, si corrompus eux-mêmes dans leur système aux coutumes viciées, vont penser trouver en lui un nouveau souffle et marcher sans vergogne dans son attractive combine.

Il sait parfaitement leur parler et trouver merveilleusement les mots qu’ils affectionnent. Il parle suavement à leur âme veule ; ils le comprennent à la perfection.

C’est ça la politique !!!! La politique française mérite bien son Tapie.

Gustin Sintaud

Crédit photo : Jeanne Menj via Flickr (cc)

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