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Brexit : un drame qui survient bien à point

Brexit Or Not

Brexit : un drame qui survient bien à point

Jean Bonnevey, journaliste ♦

Depuis le meurtre du député Cox, les médias audiovisuels français exploitent le drame pour faire campagne pour le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union Européenne. Ils parient sur un retournement de l’opinion qu’ils appellent de leurs vœux.

On peut dire que pour les opposants du Brexit, ce meurtre est la dernière carte et donc objectivement une formidable opportunité.
Cela tombe trop bien pour qu’on ne se pose pas des questions. Mais malheureusement, il y a partout suffisamment d’esprits faibles pour que cet acte ne soit pas une manipulation odieuse.

Il est fort possible qu’un déséquilibré de l’espace ultra droite, chauffé par la campagne soit passé à l’acte.

On remarquera simplement que, quand un musulman radicalisé et jugé déséquilibré passe à l’acte- ce qui est souvent le cas-, c’est son identité de malade mental qui efface l’autre. En revanche quand le déséquilibré peut être suspecté d’être d’extrême droite, c’est son identité politique qui est mise en avant.

Il y a des engagements qui gênent et d’autres qui sont exploités par l’idéologique médiatique.

Si la Grande-Bretagne reste en Europe en raison de l’émotion suscitée par un meurtre, ce sera tout de même une victoire peu solide. Mais l’opinion peut aussi ne pas être influencée par un acte isolé et juger son exploitation politicienne excessive ou même indécente.

Quand à la députée Jo Cox dont on parlait assez peu avant sa tragique disparition, elle est portée au panthéon médiatique. La voilà devenue l’étoile montante d’un parti qui chercherait une ligne plus humaniste et aurait pu la trouver grâce à elle. Car la militante du maintien dans l’Europe, l’était pour une bonne raison, ouvrir le pays à tous les réfugiés du monde et notamment aux musulmans venus de Syrie. C’était une immigrationniste, ce qui explique au-delà de la détestation par les médias des partisans du brexit, leur engouement pour madame Cox.

Tous les jours jusqu’à Jeudi, on peut être sûr que l’enquête sera exploitée dans le sens politique… quitte à se retourner après le vote.

La branche antiterroriste du parquet britannique (Crown Prosecution Service) a engagé des poursuites contre le suspect du meurtre de la députée Jo Cox, tuée en pleine rue jeudi dans sa circonscription du Yorkshire, à Birstall. Entendu depuis le jour du meurtre, Thomas Mair, 52 ans, a été inculpé dans la nuit de vendredi à samedi pour homicide volontaire et devrait être entendu par un juge dans la journée. Décrit comme un homme solitaire et serviable par ses voisins, il aurait été en relation avec des groupuscules racistes et l’extrême droite. Il aurait acheté de la littérature, dont des guides sur la fabrication d’armes à feu et d’explosifs, auprès de National Alliance, une association néonazie basée aux États-Unis, selon l’association américaine Southern Poverty Law Centre. De tels documents auraient été trouvés à son domicile par les enquêteurs, selon le Guardian. Il aurait été traité dans le passé pour des problèmes psychologiques. Sur une photo, il apparaît en veste militaire, coiffé d’une casquette.

Pour les médias c’est moins supportable que de porter une tenue islamique du moyen âge.

Plusieurs témoins ont entendu le meurtrier crier «Britain First» («La Grande-Bretagne d’abord») au moment où il s’attaquait à sa victime à l’arme à feu et à l’arme blanche. Il a été arrêté peu après les faits.

Le parti politique Britain First, dont la page Facebook compte 1,4 million de sympathisants, a nié toute implication. Thomas Mair aurait aussi été abonné au magazine d’un organisme pro-apartheid. La police enquêtait par ailleurs sur un groupe de suprémacistes blancs, National Action.

Ses préférences politiques semblent évidentes. Mais cela explique-t-il son geste ? Personne ne le sait mais tout sera fait pour que ce crime dans le “brexit express” fasse dérailler le TGV grande vitesse des partisans de la sortie de l’union de la Grande-Bretagne.

  1. Robert41
    Robert4120 juin 2016

    L’hubris hystérique des mainstream monte aux créneaux. L’occasion est trop belle pour le voile médiatique d’accuser l’identitaire. Car profiter de la lâcheté de ce crime, pour amalgamer une idéologie politique à une conséquence criminelle ; c’est entraver de facto une réalité qui dérange. Lady Jo, Cox, était opposée à un come back home. C’est son droit et cela ne mérite pas la mort. Maintenant, la raison est une objectivité qui se limite aussi au raisonnable. Peut-on accueillir toute la misère du monde ? La députée travailliste dans sa kermesse électorale de campagne, a sans doute usé d’une sémantique de nature à troubler l’ordre social d’opposition. Cela a provoqué un écorché vif esseulé, sur l’opportunité d’un passage à l’acte. Tout cela est tragique, car l’une ne méritait pas la mort et l’autre méritait d’être écouté. A force de pilonnage d’une idéologique sacrificatoire, nous sommes entrés dans l’absurdité politique. Gauche et droite sont liées d’une même religion et occasionnent un moutonnage dévastateur et corrupteur. On attentait une pause politique et réfléchir d’où on vient et vers où on se dirige mais non, c’est une course à celui qui fera le plus. Il n’y a pas de démocratie, nous sommes des otages, aux mains d’intérêts particuliers qui agitent des pitres politiques. La mémoire sauvera-t-elle notre raison d’être ? J’en doute !

  2. kralgral
    kralgral21 juin 2016

    Il y a quelques temps déjà que les médias ne sont plus des canaux d’informations, mais les relais d’opinions d’une caste de politiques professionnels , se cooptant allègrement….
    Il reste l’internet , pour peu que l’on choisisse des journalistes consciencieux qui vérifient leurs sources, et mettent de côté leur satisfaction intellectuelle personnelle….

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