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Hollande victime des «liaisons dangereuses»

Hollande Je Suis Pret

Hollande victime des «liaisons dangereuses»

 Raoul Fougax, journaliste ♦

La malsaine connivence politique-presse finit toujours mal.

La candidature de François Hollande est maintenant plombée par un livre de confidences écrit par deux journalistes du  Monde.

Tout y est passé : la « lâcheté» des magistrats, la musculation du cerveau des footballeurs, la femme voilée, « Marianne de demain »… Non, décidément, un président ne devrait vraiment « pas dire ça » (pour paraphraser le titre).

Alors pourquoi l’a-t-il dit ?

un-president-ne-devrait-pas-dire-çaIl est victime de la véritable fascination de certains hommes politiques vis à vis des journalistes. Il y a, à gauche surtout mais pas uniquement, le sentiment que certains journalistes  “sont de chez nous ”  et qu’on peut leur faire confiance. Alors on se livre en se faisant mousser, en faisant de bons mots, en jouant à l intéressant. On veut briller. On s’oublie, on révèle sa nature sans le filtre du politiquement et du “journalistiquement” correct.
Le journaliste, lui, veut avoir un scoop, un inédit et faire le buzz… et c’est le crash.

Notre société de connivence multiplie les liaisons dangereuses au mépris de la séparation des genres et des activités. Qui a vécu par le système périra par le système pourrait-on dire, en estimant que finalement ce n’est que justice. Mais comment un si fin politique a-t-il pu se tirer une balle au moins dans le pied sinon dans la tête ?

Peut-être cherche-t-il le suicide pour éviter d’aller au massacre électoral, pensent certains. On peut en douter.

Les Français, à 86%, ne veulent plus de lui et en tout cas pas qu’il se présente à nouveau à l’élection présidentielle, selon un sondage Ifop/JDD. Le malaise est tel au parti socialiste que plus personne n’ose parler de François Hollande. En ce livre, issu de 60 rendez-vous avec deux journalistes chargés à sa demande de raconter la chronique du quinquennat, le chef de l’État a fini de désespérer Solférino et a sans doute définitivement tué le lancement de sa campagne, pourtant affiché en Une de L’Obs avec un titre téméraire : « Je suis prêt ».

Là-dessus intervient le vrai faux appel prévu dans le JDD (encore) de parlementaires socialistes pour demander à François Hollande de ne pas se représenter. Appel mystérieux, complot bizarre qui s’est semble-t-il dégonflé. Mais il y a bien de la manœuvre dans l’air pour que le président cède la place.

L’heure de Manuel Valls pourrait-elle sonner ?

Face à un Président qui est parvenu à s’isoler de ses derniers soutiens, le premier ministre consolide ses réseaux et mène la bataille dans le huis clos d’une dramatique fin de règne. Le journal Le Monde sans doute bien informé décrit cette ultime bataille. « Valls n’est pas Macron. Il ne plantera pas un poignard dans le dos du président de la République, il ne tuera pas le père, mais il ne se fera pas hara-kiri non plus. La situation peut bien paraître désespérée, il se battra comme il l’a toujours fait. Pour lui-même et pour ses idées. Le premier ministre veut faire en sorte que le social-réformisme ne meure pas avec le quinquennat, et si cela doit passer par une candidature à la primaire de janvier 2017 pour affronter Arnaud Montebourg et le battre, il fera tout ce qu’il faut pour y parvenir.»

L’ultime match du quinquennat, le plus serré aussi, vient de débuter : Valls défie Hollande et mène la bataille où se jouent le sort des hommes et l’avenir du socialisme.

François Hollande va-t-il renoncer ?… c’est la question que se pose le tout Paris.

“Un président ne devrait pas dire ça..de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Editions Stock, 672 pages, 24.50 €.

 

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