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La grande santé intellectuelle de Charles Robin

Itineraire Gauchiste Repenti Charles Robin Editions Krisis Copie

La grande santé intellectuelle de Charles Robin

Pierre Le Vigan ♦

Depuis quelques années, Charles Robin est connu pour travailler sur un sujet qui lui vaut quelques ennemis. Il s’agit de l’analyse philosophique du libéralisme. Il étudie le libéralisme en philosophe, ce qui n’est pas la même chose que d’étudier la philosophie libérale (qui a beaucoup évolué du reste).

itineraire-gauchiste-repenti-charles-robin-editions-krisisVictor Hugo distinguait, sous la Restauration, un « libéralisme destructeur » et un « libéralisme conservateur ». Toute l’analyse de Charles Robin consiste à expliquer que le libéralisme ne peut être que destructeur s’agissant des liens sociaux non marchands. Le libéralisme ne peut pas être conservateur de ce qu’il y a de bon à conserver, comme les mœurs de dons et de contre dons des sociétés traditionnelles. Les conservateurs d’une certaine socialité décente et populaire ne peuvent donc pas être libéraux. Et cet écart critique au libéralisme ne peut être que global, à savoir qu’il s’agit de s’opposer au libéralisme économique mais aussi au libéralisme politique (en tant qu’il organise l’impuissance du politique) et sociétal (dont le fruit est le libéralisme libertaire).

Cette analyse de Charles Robin se situe dans la lignée de Jean-Claude Michéa et de Michel Clouscard – qui n’avait toutefois pas toute la rigueur du premier. Alain Soral a popularisé ces thèmes lui aussi sur Egalité et réconciliation. Plutôt que de discuter sur le fond des argumentations solides, étayées de références de Charles Robin, « on » a préféré l’isoler, le « discriminer » (sic) sur la base de ceux qui aiment à le lire, à le citer, à mettre en ligne ses conférences. Discrimination ? C’est le mot moderne pour éviter de parler d’injustice. Car il est injuste de mettre sur la touche Charles Robin parce qu’il ne pense pas dans les clous. Mais aussi parce que ses idées sont reprises par des sites numériques ou des maisons d’éditions dites « confusionnistes » (sic) voire « conspirationnistes ».

De fait, Charles Robin n’est « pas clair » au regard du système

Cela veut tout simplement dire qu’il n’est pas aligné et qu’il pense ce qu’il écrit en écrivant ce qu’il pense. Où irait-on si tout le monde faisait comme lui ? Il était temps d’y mettre le holà. Les gardiens du politiquement correct s’y sont attelés. Comme quoi le système existe bien et « fonctionne ». Il persiste dans son être. Il persévère dans son conatus, pour employer un langage familier de Charles Robin.

Qu’est-ce que on ne lui pardonne pas ? C’est que Charles Robin, puisqu’il pense vraiment que la gauche internationaliste est devenue la même chose que la droite mondialiste, le dit et refuse de se dire encore de gauche ou d’extrême gauche. Pour autant, il n’a pas rallié une quelconque droite extrême. Il fréquente les non-alignés, les journalistes indépendants. On peut présumer que dialoguer avec les gens d’Eléments ne veut pas dire être en accord avec toutes les lignes parues dans cette revue, mais c’est un fait que les revues ouvertes à la liberté d’expression se font rares. Elles sont d’autant plus précieuses.

Il faut donc lire et écouter Charles Robin là où on peut le faire et, pour l’instant, force est de constater que ce n’est pas sur le site de la fondation Jean Jaurès (fondation proche du P.S). Il faut travailler les textes de Charles Robin, les lire crayon en main. La matière de son dernier livre est riche. Les textes Etre cause de soi et Sagesse anarchiste sont particulièrement passionnants. Décidément, dans un monde formaté par le Capital, il faut être attentif aux marges de l’esprit.

Charles Robin, Itinéraire d’un gauchiste repenti, Krisis, 200 pages, 18 €

  1. Robert
    Robert12 janvier 2017

    C’est quand-même curieux ce courant d’opinion dominant mondial pratiquement colonial qui dénature politiciens et journalistes français de la réalité. C’est du jamais vu ! – Depuis le refus de Chirac, d’un engagement militaire contre l’Irak ; ce qui avait rapproché sur le continent l’axe politique Paris-Berlin-Moscou, une diagonale qui aurait pu prendre souche pour la Défense de l’Europe si un certain Sarkozy n’avait pas détruit ce que le général avait exécuté en 1966. – Depuis cette réintégration de la France dans ce club américain qu’est l’Otan, tout est perverti. – Qu’ils s’agissent de notre indépendance politique ou économique (mistral – Peugeot) tout est encadré par des billets d’autorisation américain. On a en quelque sorte réduite la France au rôle de la servitude et par le fait à la trahison de sa parole-libre. Ce qui faisait notre force et notre fierté d’être indépendant ; par le fait d’être un tiers disponible aux autres, aux dialogues et à la Paix, a été réduit à néant par cet acte de réintégration à l’Otan. A partir de 1995, nous sommes entrés dans l’antre du loup atlantiste et cela a été adoubé et s’est amplifié avec Hollande. La France n’est plus maîtresse de son destin, elle gesticule dans un corps gras et se laisse piller par d’impitoyables conseillers, d’escrocs opportunistes et de voleurs de tout poil. Le Peuple voit bien que rien ne va au Pays où il fait bon vivre pour les assistés ; mais on attend toujours une providence alors que nous devons prendre notre destin en mains et virez cette voyoucratie de cols blancs qui nous fait souffrir. Une riche main étrangère qui semble intouchable, assène notre liberté d’expression d’un pré-mâcher d’idées reçues fallacieuses au nom d’une doctrine qui se veut morale et salutaire. On ne devient pas de ce que nous sommes mais de ce qu’ils veulent que l’on soit. Ainsi concepts et utopies encrassent la nature humaine de prêt à porter, parce que c’est à la mode du moment. Libérons-nous, vidons le grenier commun de cet encombrement insalubre qui chaque jour qui passe nous fait perdre espoir et nous conduit à l’indifférence. Une aristocratie d’argent a envenimé les pouvoirs politiques, économiques et sociétaux. Ce qui devrait être une volonté démocratique et devenue une théocratie vicieuse. Ce monde nous entraîne dans le paradigme de l’artificiel. A la fin le robot remplacera l’homme. Ce qui était utile (homme) deviendra inutile voir néfaste (par le nombre) pour ce pouvoir d’argent. L’homme deviendra le gibier à raison de sa révolte, le cobaye par de fausses libertés et l’objet jetable avec l’âge, d’ailleurs comme déjà, notre société le pratique avec les fœtus jetables. – A trop vouloir, nous dénaturons ce qui faisait la richesse de la nature française, pire, nous nous suicidons ! Nous le constatons déjà dans le comportement grégaire d’individus, devenus victimes expiatoires mais aussi violentes contre ceux qui s’opposent et intolérantes voir haineuses contre celui qui pense autrement. Nous sommes entre les mains d’un monde qui veut le chaos.

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