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Le parcours parmi les livres de Viviane Le Ray

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Le parcours parmi les livres de Viviane Le Ray

Viviane Le Ray, chroniqueuse ♦

Un effeuillage d’ouvrages proposé régulièrement par notre chroniqueuse

vl-SOuriez-vous-êtes-Français-Bernard-Maris...Bernard Maris, « Souriez, vous êtes Français » –  Grasset/France Inter.

Bernard Maris, assassiné le 7 janvier 2015, dans les circonstances que l’on sait, économiste iconoclaste, invité habituel de l’émission « C’est dans l’air » d’Yves Calvi, nous a laissé un livre devenu une sorte de testament dédié à sa passion l’économie qu’il venait d’achever… « Et si la France était un pays d’assistés ? » s’interrogeait Bernard Maris… « Bonjour à tous, bonjour chers assistés, bonjour les patrons qui prennent des risques et bonjour les rentiers, les planqués, les gens de l’arrière, les salariés, ceux qui ignorent la compétition ! « Ce magnifique pays d’assistés », c’est ainsi que nous voit « The Guardian » de Londres. (…) Vraies ou fausses questions, elles sont au cœur des reproches des patrons, qui ne cessent de râler contre les formulaires qu’on leur demande sans cesse de remplir et contre cette bureaucratie… qui ne se laisse pas faire. ! » Une Leçon d’économie qui se lit facilement, donnée avec humour ça ne se présente pas tous les jours !

vl-On ne meurt pas de chagrinFrédéric Schiffter, « On ne meurt pas de chagrin » – Flammarion .

« Le bonheur suppose de ne pas penser et je ne pensais pas. Si tout avait continué ainsi, je n’aurais jamais pensé… » (…) « Chaque humain passe par deux naissances. La première, biologique. La seconde, biographique. Ma biographie commence par ta mort, dix ans après ma venue au monde. » Frédéric Schiffter dans ce très beau roman, autour de l’absence, plus encore que de la mort d’un père n’utilise pas la ficelle malsaine de tous ces faux écrivains qui encombrent la planète livres avec leur pathos mercantile…Le style, la délicatesse de Frédéric Schiffter, a fait que j’ai lu avec plaisir ce que je déteste tant chez d’autres… Et puis il y a ces pages dédiées à son professeur de Français, qui était de ceux qui ont fait lire toute une génération, qui savaient transmettre leur passion « Ce qui me séduisait chez Destienne, même si alors je penchais vers l’anarchie, c’était ses manières de réactionnaire moderne – un mélange de vieille France et d’air du temps – auprès de nous, ses élèves, il représentait la littérature comme on dit d’un ambassadeur qu’il représente son pays auprès d’’un autre pays… » Tout un chapitre qui à lui seul justifierait de se plonger dans cette belle et sensible histoire d’un chagrin qui ne ressemble à aucun autre…

vl-Les Feuilles d'ombreDesmond Hogan, « Les Feuilles d’ombre » –  Grasset.

Un roman habité par la mélancolie, tel est ce poème en prose d’un auteur irlandais, salué en 1976, à la parution de son premier roman « Le garçon aux icônes » comme l’un des écrivains les plus doués de sa génération. Mais l’auteur fuit la lumière. Il voyage pour mieux se cacher. Le voici redécouvert, grâce aux éditions Grasset, après trente ans de silence. « Les feuilles d’ombre » son second roman paru en 1980…. Cinq amis, en Irlande, à la fin des années 40 apprennent à quitter l’enfance… « Parfois mes enfants me demandent, à moi l’avocat vieillissant, comment c’était d’être jeune. Je réponds des mensonges. Je dis que c’était merveilleux... » Une ode à l’amitié, à la jeunesse et à ses illusions perdues…

 

 

vl-bottFrançois Bott, « Nos années éperdues » – Le Cherche Midi.

Chaque parution d’un ouvrage de François Bott est la promesse d’un moment de lecture enchanteur, car l’homme n’est dupe de rien ni de personne, il sait que le temps vient toujours où les vies « prennent des couleurs d’arrière-saison ». C’est l’histoire d’une génération : les sixtie : « Dans les années 1950, la vie ressemblait encore à une promesse », écrit-il avec une « nostalgie tendre et joyeuse » lorsqu’il évoque ses amis Les Mousquetaires  : Édith Piaf, Rita Hayworth, Gene Tierney, Françoise Sagan, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Pierre Mendès France. La guerre d’Algérie sifflera la fin de la récréation. Raphaël, le héros, résiliera son sursis et sera tué dans les Aurès en mars 1962, quelques semaines avant le cessez-le-feu…

 

Illustration : « lire et écrire sont deux points de résistance à l’absolutisme du monde», citation de Christian Bobin , Les ruines du ciel (2009).

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