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Produire ou dépérir, il faut choisir

Energienucleare

Produire ou dépérir, il faut choisir

Michel Gay ♦

La consommation d’énergie et la croissance d’un pays varient de manière concomittante. Il n’existe pas d’exemple d’une nation en croissance dont la consommation d’énergie a diminué. Ces deux valeurs sont étroitement liées et varient dans le même sens.

La recherche d’efficacité énergétique et d’économies d’énergies limite la croissance des consommations d’énergies. Au mieux, cette dernière augmentera « moins vite ». Il faut donc juste choisir la meilleure façon de produire cette énergie (coûts, disponibilité, puissance, quantité,…).

Or, pour assurer la production d’électricité nécessaire à l’accroissement du niveau de vie de la population française et mondiale, elle-même en augmentation, l’énergie nucléaire reste la plus disponible pour des millénaires et la moins chère (avec l’énergie hydraulique). Elle permettra de diminuer la consommation de pétrole et de gaz pour produire massivement et en continu une électricité abondante et sans émissions de gaz à effet de serre.

Les énergies renouvelables éoliennes ou photovoltaïques intermittentes impliquent d’avoir recours à un autre type d’énergie (surtout charbon et gaz) en parallèle pour produire pendant les périodes sans vent et sans soleil. Et c’est bien ce qui se passe depuis décembre 2016 et début janvier 2017.
L’Allemagne, qui a arrêté une partie de ses réacteurs nucléaires, l’apprend tous les jours à ses dépens en reconstruisant des centrales électriques au gaz et au charbon… qu’elle possède en grande quantité dans son sous-sol (lignite). Ces dernières tournent à plein régime cet hiver avec l’arrêt de 5 à 10 réacteurs nucléaire pour des vérifications techniques. La France, elle, n’a plus de charbon et peu de gaz (sauf peut-être de schiste…).

Il existe environ 440 réacteurs nucléaires en fonctionnement dans le monde et plus de 60 sont en construction. Les futurs réacteurs à “neutrons rapides” (RNR) qui démarreront dans les prochaines années en Russie, en Inde, en Chine et probablement après 2040 en France, permettront d’avoir des réserves de combustible uranium pour plusieurs milliers d’années, rendant la fission nucléaire de l’uranium… durable.

Certains rêvent de la fusion nucléaire (à partir de noyaux d’hydrogène) mais sa faisabilité reste encore hypothétique et lointaine (au moins un siècle) malgré de grands programmes de recherche comme ITER. Les futures générations trouveront peut-être la solution pour produire de l’électricité à partir de ce procédé “éternel” (il faut de l’eau) et moins polluant (même s’il restera tout de même des déchets nucléaires à gérer).

L’énergie nucléaire de fission restera pour longtemps la seule énergie connue capable de répondre pendant plusieurs milliers d’années aux besoins des pays modernes grâce aux réacteurs surgénérateurs à neutrons rapides (RNR). Faire croire aux Français que des économies d’énergies suffiront pour vivre du vent et du soleil est un leurre, pire, un miroir aux alouettes contre lequel ils risquent de se fracasser… par ignorance.

Il ne faut pas non plus leur faire croire que les énergies issues du vent et du soleil sont bon marché (ou mieux “gratuites”). Elles resteront chères pour produire de l’électricité. Il faut rajouter les moyens complémentaires à construire (et à mettre en oeuvre) pour adapter en continu la production au besoin des utilisateurs. De ce fait, la production éoliennes et photovoltaïque restera toujours marginale tant qu’un moyen de stockage massif capable de répondre aux besoins d’un grand pays comme la France, disponible partout et peu onéreux ne sera pas trouvé. L’humanité cherche désespérément le “Graal” du stockage sans succès depuis un siècle. Et aucune amélioration significative n’est en vue.

Ces coûteuses et inefficaces énergies renouvelables intermittentes sont subventionnées par l’intermédiaire de notre facture d’électricité via la CSPE (contribution au service public pour l’électricité) qui augmente tous les ans, ainsi que par nos impôts, afin de les soutenir artificiellement. Ce n’est pas une solution durable.

Heureusement, le pétrole et le gaz sont encore disponibles en grande quantité et ils sont actuellement bon marché. La France en achète cependant pour environ 50 milliards d’euros par an à l’étranger (l’équivalent de notre déficit commercial). Cette somme augmenterait de 20 à 30 milliards d’euros supplémentaires sans l’énergie nucléaire.

Dans quelques dizaines d’années, le pétrole et le gaz seront vraiment rares et chers. Que fera-t-on alors si cette échéance n’a pas été anticipée aujourd’hui avec de solides moyens de production comme le nucléaire ?

Produire massivement de l’énergie grâce au nucléaire est la solution d’avenir.

Produire de l’énergie abondamment pour satisfaire nos besoins ou dépérir, il faut choisir.

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