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Immigration : des écrivains sonnent le tocsin

Jacques Toubon Service Immigration Prefecture Mayotte 1

Immigration : des écrivains sonnent le tocsin

Camille Galic, journaliste, essayiste ♦

cg-occidentEn 1973, le succès presque immédiat et bientôt international du Camp des saints de Jean Raspail éclipsa l’autre grand roman d’anticipation sur l’immigration paru quelques années plus tôt, L’Occident (éditions Robert Desroches, 1969), publié en anglais sous le titre The Walled City : redoutant d’être attaqués, les provinciaux fuient leur campagne et affluent vers la ville, mais les remparts de la cité ne les protègent pas car l’omniprésent et protéiforme ennemi est déjà à l’intérieur. Qualifié de « grand livre hallucinatoire » par le critique Robert Poulet, qui n’hésitait pas à comparer à Céline le libraire Marcel Clouzot (frère du célèbre cinéaste Henri-Georges), L’Occident devait marquer durablement l’imaginaire de la droite dure, inspirant par exemple ses célèbres « rats noirs » à Jack Marchal, le dessinateur du Groupe Union Droit qui faisait alors trembler les gauchistes.

le camp des saintsDepuis Clouzot et Raspail, la veine ne s’est jamais tarie, au contraire, à mesure que montaient les flux migratoires. Qu’on pense à La Toussaint blanche de Philippe Gautier (éd. Les 5 Léopards, 1993), à La Mosquée Notre-Dame de Paris 2048 de la romancière russe Elena Tchoudinova (éd. Tatamis 2009), la date de 2048 étant un clin d’œil au 1984 d’Orwell, aux Chiens enragés de Marc Charuel (Albin Michel 2014) et à maints autres.
Tout récemment : Le Grand Rembarquement d’Emmanuel Albach, qui se déroule en 2019, et L’Edit de Mantes de Modeste Lakrite (1), situé en 2027. Autrement dit demain.

Par leurs prémisses, les deux romans se ressemblent. A partir des banlieues et de certains centres villes dont les auteurs connaissent visiblement la triste réalité quotidienne, avec leur population indigène déjà tombée en dhimmitude et la si prospère économie parallèle qui finance les réseaux djihadistes (2), la France est grignotée, puis largement occupée et violentée par ses immigrés.

Autochtones impuissants et souvent terrorisés, pouvoirs publics dépassés et d’ailleurs noyautés par une kyrielle de politiciens issus de l’immigration et habiles au double jeu, armée malade de la « diversité » laïque et obligatoire, cette déliquescence totale au sommet se double d’une panique générale à la base. Inévitablement on pense à la terrible lettre prémonitoire adressée par Albert Camus à son ami Jean Grenier en 1957, année où l’écrivain reçut le prix Nobel de littérature : « A longue échéance, tous les continents (jaune, noir et bistre) basculeront sur la vieille Europe. Ils sont des centaines et des centaines de millions. Ils ont faim et ils n’ont pas peur de mourir. Nous, nous ne savons plus ni mourir, ni tuer. Il faudrait prêcher, mais l’Europe ne croit à rien. »

Pourtant, des résistances s’organisent.

L’Édit de Mantes

cg-edit-de-mantescg-grand-rembarquementDans le livre de Lakrite, la Ligue des Vieux Habitants réveillée par Geneviève Nisat (un anagramme ?), ainsi prénommée sans doute en hommage à la sainte patronne de Paris qu’elle défendit contre les Huns, puis contre les Francs païens de Childéric, et sorte de pasionaria de Riposte laïque revue par la Manif pour tous, fait front et le commissaire Lelièvre (car le roman d’anticipation se double d’un roman policier) ne s’en laisse pas conter. Une partie du territoire sera sauvée, mais à quel prix ! L’Édit de Mantes, réédition de l’Edit de Nantes par lequel Henri IV avait garanti les droits des protestants, est un concordat avec les musulmans mais il conduit à la partition. Quelle humiliation pour la « fille aînée de l’Eglise » !

Le Grand Rembarquement

Le titre en témoigne, Le Grand Rembarquement se veut plus optimiste. Si les Shabeb, clones hexagonaux des Shebab ayant instauré par la terreur la Charia en Somalie, ont imposé leur loi au gouvernement, des citoyens se lèvent. Considérant qu’en ne les protégeant pas la République a violé l’antique Traité de Saint-Clair-sur-Epte, la Normandie s’insurge, bientôt suivie par d’autres provinces. Les cadres d’entreprise mettent à profit leurs capacités pour organiser l’opposition aux allogènes ; la notion de salut public renaît.

Finalement convaincus d’évacuer la France, où la présidente Marie Lapotre a succédé au président Noël Servi, les Shabeb s’éloignent, avec l’assurance que femmes et enfants les rejoindront très vite. Ainsi « de nouveau, dans les campagnes, et en ville aussi, comme jadis, on peut laisser sa maison et sa voiture ouvertes sans risquer le vol ou le pillage. En outre, comme les insurrections locales ont été l’occasion d’arracher et de détruire tous les radars du réseau routier, l’ombre menaçante de la tracasserie étatique a aussi disparu, détendant sérieusement l’atmosphère. Pour tout dire, les Français se retrouvent libres, et savourent pleinement cette liberté retrouvée, bien décidés par ailleurs à ne plus jamais laisser l’Etat s’ériger en persécuteur permanent, ni en créature “bruxellisée” »
.
Trop beau pour être vrai, que ce retour au meilleur des mondes ? « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer », disait, avant Pierre de Coubertin, Guillaume Ier d’Orange-Nassau, auquel cette devise ne réussit pas si mal puisqu’il se retrouva Stathouder de Hollande (avant, il est vrai, d’être assassiné). Quand, et surtout comment, va-t-on entreprendre la reconquête tant qu’il en est encore temps pour éviter les années vraiment les plus sombres de notre histoire ?

Modeste Lakrite, L’Edit de Mantes, Ed. Diffusia, novembre 2016, 496 pages.
Emmanuel Albach, Le Grand Rembarquement, Ed. Dualpha, juillet 2016, 331 pages.

Notes :
(1) Cet étrange pseudonyme a été choisi en référence aux akrites, soldats-paysans grecs chargés par Byzance de protéger ses frontières anatoliennes des incursions de la cavalerie turque, comme les Habsbourg devaient ensuite mobiliser les Uskoks et autres Haïdouks slaves du sud contre l’envahisseur ottoman menaçant l’Autriche.
(2) L’islamo business, de Jean-Paul Gourévitch  

Illustration : Services de l’immigration de Mayotte, plus récent département français.

Source : Polémia

 

  1. Robert41
    Robert4119 janvier 2017

    Ce qui ne domine pas, se retrouve dominé ; nous le savons tous. Et pourtant, nous persistons à nous diviser par l’excès, la déraison et la désunion. C’est notre nature bien française, c’est notre histoire qui se répète inlassablement. Nous nous condamnons au rôle de l’arc-boutant qui s’oppose à l’harmonie que tout peuple décent porte par deux fonctions essentielles : – Le sacré et la souveraineté. Nous avons minoré ces deux fonctions majeures, qui organisent toute société humaine pérenne. En nous destituant du sacré et de notre souveraineté, nous nous sommes contraints à porter des masques idéologiques. Ceux-ci contribuent à une restriction, à une partialité. Car n’en doutons pas ; Laïcité et Droits de l’Homme sont générateurs de conflits incessants. Ils ne sont que les produits de l’homme occidental qui ordonne aux autres peuples ce qu’il n’est même pas capable de s’appliquer à lui-même. Car c’est cela l’absence de sacré remplacé par l’homme de pouvoir, il se contraint à être alors qu’il n’est pas. En décalant le sens de notre culture religieuse, nous avons permis l’opportunité d’une diversion religieuse qui dénature notre civilisation. Si on avait déclaré notre État-nation de Religion Chrétienne ; comme tant d’édifices de foi, étoilent notre territoire ; nous n’aurions pas à subir les affres et les conflits de cette religion qui n’a aucun sens historique dans notre géographie. Chacun chez-soi et les vaches seront bien gardées lorsqu’il s’agit du sacré et bien évidemment de sa souveraineté. Aujourd’hui nous subissons ce que des illuminés ont imaginé dans des loges obscures, chassant par de bons sentiments ce qui freine l’esprit par le progrès qui ose tout. Nous y sommes maintenant de plein-pieds et comprenons que l’on nous a placé dans l’incantation idéologique qui peut nous conduire au chaos. Tout commencera par l’indifférence et tout se terminera par un monde de vaincus avec ce qui s’y rattache …

  2. Martine
    Martine19 janvier 2017

    Enfoncez-vous bien ça dans la tête : au train où vont les choses “il faudra changer nos bonnes vieilles habitudes pour être acceptés par les nouveaux venus et leur très nombreuse progéniture…ou quitter le pays ! (….) Quel sera le sort réservé aux autochtones de souche chrétienne lorsqu’ils deviendront minoritaires sur la terre de leurs ancêtres ? ” Suivant la love story “les corps indécents” Que du bonheur ? Sortez vos mouchoirs ? La valise ou le cercueil ?

  3. lhomme
    lhomme25 janvier 2017

    Profitons-en ici pour réparer une injustice littéraire et citer un grand roman bien meilleur que celui de Michel Houellebecq et d’ailleurs écrit bien avant Soumission mais hélas passé complètement inaperçu en métropole. Il s’agit de L’esclave de Michel Herland (https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Herland), économiste qui enseigne à l’Université des Antilles en Martinique. Un blog lui est consacré : https://herlandlesclave.wordpress.com/ ML.

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