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Éléments n°164 : Gauche-droite, c’est fini!

Elements 2017

Éléments n°164 : Gauche-droite, c’est fini!

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 Éditorial ♦

Depuis que la gauche s’est employée à remplacer son ancien électorat par des catégories extérieures aux catégories nationales et à favoriser avant tout la mondialisation des échanges, deux dynamiques nouvelles sont à l’œuvre dans le paysage politique européen. (…)

La première dynamique est la dynamique identitaire. Elle peut s’exprimer à gauche comme à droite. En dépit de tout ce qui les oppose, elle comprend aussi bien les nationalistes identitaires que les tenants du multiculturalisme. Dans l’un et l’autre cas, la notion décisive est celle d’ethnos, c’est-à-dire de personnalité historique ou ethnoculturelle, considérée comme non négociable.

La seconde dynamique est celle du populisme. Elle ne se confond pas avec la précédente, même si elle peut parfois la rejoindre. À la façon du boulangisme, le populisme mêle lui aussi des éléments de gauche et de droite. Mais surtout, il ne se réclame pas seulement du peuple-ethnos, mais avant tout du peuple-démos, c’est-à-dire du peuple politique, et subsidiairement du peuple-plebs, c’est-à-dire des couches dominées. En France, il correspond sociologiquement aux classes populaires et aux éléments de la classe moyenne menacés de déclassement, et géographiquement à la « France périphérique » par opposition aux métropoles mondialisées.

Le populisme s’appuie sur le principe de la souveraineté populaire et dénonce ses limitations par la démocratie libérale et l’État de droit. Déçus par la mondialisation comme par les institutions européennes, physiquement hostiles à la privatisation du sens de l’existence comme à l’avènement d’un homme hors-sol, dépouillé de ses racines et de sa mémoire, révulsés par les mouvements migratoires, hantés par la peur de la désagrégation de la sociabilité qui leur est propre, mus surtout par un puissant ressentiment envers les élites, les populistes s’efforcent d’articuler une nouvelle demande sociale : demande de repères en matière de mœurs, demande de cadres protecteurs, demande d’une politique qui ne se ramène pas à la gestion, demande d’une démocratie réelle, demande d’autorité.

François Fillon n’est pas un populiste. Il s’adresse avant tout aux bourgeois retraités qui forment le socle de l’électorat de droite, et qui aspirent à la fois à un paisible conservatisme des mœurs et à un libéralisme modéré. Mais c’est là que le bât blesse. Ceux qui se réclament de cette improbable alliance se retrouvent un jour ou l’autre dans une position intenable : s’ils appliquent un programme libéral, qui comprend l’ouverture des frontières, la politique des droits individuels et la soumission de l’entreprise aux exigences des propriétaires du capital, ils déçoivent les conservateurs ; s’ils appliquent un programme conservateur, qui implique la protection de la société, le maintien des frontières et le primat de l’intérêt national, ils déçoivent les libéraux.

Sommaire

GabL’entretien : Marcel Gauchet sans tabous
Cartouches
Le regard d’Olivier François : L’AF et ses dissidents
Une fin du monde sans importance par Xavier Eman
Cinéma : Un coup de tonnerre (de Brest) pour rien
Champs de bataille : La dernière charge des cuirassés
Musique : Grand Blanc, avis de tempête
Le combat des idées
Les nouvelles têtes à claques du libéralisme
Éric Brunet, le Père Ubu du libéralisme
Guy Verhofstadt, alias « Baby Thatcher »
La France buissonnière de Sylvain Tesson
Vivre et penser comme des loups
Littérature : entretien avec Louis Jeanne
La leçon de Gabriel Matzneff
Tintin : retour au pays des Soviets
Or noir : la guerre du Chaco
À la redécouverte de Thomas Sankara
Entretien avec Ludovic Maubreuil
Après nous le déluge ? La réponse de Sloterdijk
Dossier
Droite-gauche, c’est fini !
Fiction : Le Pen-Mélenchon au second tour ?
L’obsolescence programmée du clivage droite-gauche
Droite + gauche, et vice versa
Le moment populiste
Permanence du clivage droite-gauche
Pourquoi les vrais socialistes font la guerre à la gauche
Entretien avec Charles Robin
Rencontre avec Bernard Langlois
Panorama
L’œil de Slobodan Despot
Série télé : Black Sails
Philosophie : L’esprit dépend-il de la matière ?
L’esprit des lieux : Venise
C’était dans Éléments : Pourquoi le terrorisme ?
Éphémérides

Éléments, n°164, 6.90€,  l’acheter, s’abonner

 

  1. Plouvier Bernard
    Plouvier Bernard22 janvier 2017

    Curieux jargon très parisien :
    – RIEN n’oppose fondamentalement droite-centre et “gauche” en France, sauf la manière de dépenser-gaspiller l’argent public. Dans tous les cas, on accepte l’immigration, soutien de la consommation de masse… simplement, à droite, on voudrait une immigration moins pouilleuse et moins violente ; à gauche, on a toujours adoré les repris de justice ; au centre, on oscille selon les vents dominant le marigot médiatique
    – Le libéralisme n’est en aucun cas “démocratique”, mais ploutocratique. Les ex-communistes sont devenus de bons petits-bourgeois de la consommation pure et dure, conservant leurs vieux réflexes de la contestation tous azimuts et du travail mollasson
    – Le populisme, c’est bien autre chose, infiniment plus RUDE : c’est la redistribution des fruits du travail acharné, avec partage des bénéfices entre véritables travailleurs et capital de production, c’est élever le niveau culturel du peuple, c’est prendre son avis sur tous les choix essentiels de société… effectivement dans le respect des valeurs identitaires (c’est la seule chose de bien que je reconnaisse à cet éditorial)

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