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Mayotte, l’île verte qui n’a plus d’eau !

Eau Ressource Fragile

Mayotte, l’île verte qui n’a plus d’eau !

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Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Depuis quelques semaines circulait dans le Nord de Mayotte une blague sur les habitants du Sud : « A quoi reconnaît-un un habitant du Sud ? A son odeur », allusion ironique aux restrictions d’eau qui sévissent autour de Chirongui et Boueni depuis maintenant un mois.

eau-couv_sieam_mayotte_les_actes_de_l_eau_Cette blague n’aura bientôt plus cours car le préfet vient de décréter, par arrêté ce vendredi, de rationner dorénavant l’eau sur toute l’île. Un ami péruvien s’étonnait il y a peu de ce rationnement et de ce manque d’eau sur l’île aux parfums. Il suffit en effet de jeter un coup d’œil sur quelques photos de Mayotte pour constater de visu qu’il s’agit d’une île verdoyante et qui doncn e peut logiquement manquer d’eau. Les bureaucrates français nous inventent donc aujourd’hui une sécheresse exceptionnelle pour justifier la crise de l’eau présente. Alors ?

Certes la pénurie d’eau actuelle est sans doute aggravée par le phénomène de la Nina qui touche l’Océan Indien et a retardé l’arrivée de la mousson alors que récemment des pluies diluviennes ont frappé par exemple la côte désertique du Pérou mais elle a aussi d’autres causes dont l’augmentation notable de la consommation d’eau  pour des raisons de croissance démographique incontrôlée, l’inactivité de la SMAE (l’exploitant de l’eau à Mayotte) dont le budget dépasse pourtant celui du Conseil Général mais qui n’a pas su anticiper, prévoir et forer à tant, l’argent nourrissant sans doute d’autres mains malhonnêtes. Comme pour le scandale de la fermeture des écoles primaires depuis le début de l’année scolaire pour grève irresponsable, on osera demander mais de qui se moque-t-on enfin ?

On sait bien à la préfecture depuis des années qu’il fallait construire une nouvelle retenue collinaire (celle de Combani pour le Sud étant insuffisante) or on n’a même pas été capable de remplir les dossiers d’aide européens pour le faire. La semaine prochaine  cette retenue sera lancée mais  bien sûr avec les fonds européens. On prépare donc les dossiers et donc forcément cela va durer.

« Anne ma sœur ne vois-tu rien venir ? » Et la sœur Anne répondait : « Je ne vois rien que le soleil qui poudroie ». Cet extrait célèbre du conte Barbe bleue de Charles Perrault illustre à lui tout seul l’activité préfectorale et celle des élus. Ainsi les deux retenues de Dzoumogné et de Combani sont en dessous de la moitié de leur capacité de stockage. Il faut donc consulter peut-être d’autres chiffres. Par exemple, en une seule année, en 2016 la consommation d’eau sur l’île a augmenté de 9,7 % par rapport à 2015 (ce qui correspond à 30 000 à 35 000 m3 d’eau supplémentaire par jour). La faute c’est bien sûr une croissance démographique liée à l’immigration clandestine  mais aussi à la hausse du nombre d’habitations de mieux en mieux équipées (cuisines, salles de bains, machines à laver) puisque Mayotte s’enrichit forcément avec un taux de croissance à quasi 7 %, championne en cela de la double économie et des doubles comptabilités.

Retenue collinaire de combani

Retenue collinaire de combani

Par de mauvaises habitudes (le lavage des voitures, le changement régulier de l’eau des piscines, les fuites d’eau, les robinets qu’on laisse ouverts), il y a aussi à Mayotte une surconsommation d’eau potable par rapport à l’hexagone (210 m3 par an par contrat pour 120 m3 en métropole). Il faut donc forer et au plus vite. Or aujourd’hui, le forage des nappes phréatiques ne représente que 18 % de l’accès à l’eau mahoraise. Il faut aussi rouvrir les puits présents dans les villages et les rendre potables car ils ont souvent été fermés et leur accès interdit. Quant à l’usine de dessalement de Petite Terre, on nous murmure qu’elle ne fonctionne même pas parce qu’elle coûterait trop chère ! Ce qui est sûrement vrai car le dessalement par osmose inverse n’est en réalité pas du tout rentable .

Actuellement, les « tours d’eau » ont été renforcés avec deux jours de coupure sur 3 et généralisés sur toute l’île. Le ton des communiqués préfectoraux se fait aussi plus dur et plus pessimiste mais sans aucun programme de sensibilisation d’envergure déployé réellement sur l’île. « Quand il n’y aura plus d’eau, il n’y aura plus d’eau ! » assène le préfet irrité par les mauvaises habitudes alors que les marchands de citernes se frottent les mains. Combani ne serait plus qu’à 15 % de sa capacité.

Déjà la rentrée scolaire d’hiver a dû être retardée de trois jours et hôteliers et restaurateurs sont en colère face à ce qui s’apparente bien à de l’improvisation généralisée et au refus de déblocage de fonds exceptionnels pour lancer les grands travaux de forage et la retenue. La défaillance politique de la préfecture comme des élus est manifeste. Personne n’a anticipé, n’a voulu anticipé.

Le préfet ne jure que par l’Europe. Pourquoi ne pas demander des subventions au Ministère de l’Ecologie si riche des aides aux énergies renouvelables, comme le réclame à bon escient Thierry Galarme, le président du Medef local ?

Illustration : l’eau, une denrée rare à Mayotte ?

 

  1. Hadiate
    Hadiate25 janvier 2017

    Les tours d’eau ne sont pas encore généralisés sur l’ensemble de l’île.
    Le distribution est pour le moment normale dans le nord de l’île.

    Ps : merci pour cet article plein de vérités !

  2. Christine
    Christine25 janvier 2017

    Faux, les tours d’eau ne concernent toujours que le sud de l’ile . Dans le nord, ils peuvent prendre 3 douches par jour mais dans le sud 1 douche, 1 jour sur 3. Il est vrai que toutes les personnalités habitent le nord. Et on en a raz le bol !!!
    De plus nous avons l’impression que la situation s’installe dans la normalité.
    Nous avons à faire à des incompetents. Cette situation était prévisible. Les personnes qui nous gouvernent le savent depuis des années que cela allait arriver.
    Idem pour la grève dans les écoles qui a duré plus d’un mois. La vice rectrice n’a pas levé le petit doigt. Les enseignants n’étaient pas en grève mais ne pouvait accéder à leurs salles de classe à cause d’une poignée de syndicalistes !
    De qui se moque t’ont ?
    Et il paraît que Mayotte c’est la France ! Quelle honte !

  3. Marco
    Marco25 janvier 2017

    Bonjour, je suis résident a Mayotte et j’habite dans le sub de l’île, je peux vous certifié que les restrictions d’eau n’affecte pas le nord de Mayotte ce qui au vue de la situation actuelle n’est pas normal car la retenue colinéaire de Dzoumougné et au plus bas. De plus nous constatons que les coupures d’eau ne touche les zones économique de Mayotte (Combani, Mamoudzou, etc…) .

  4. Ingrid
    Ingrid25 janvier 2017

    Bonjour,

    Il y a une erreur dans votre article, les « tours d’eau » n’ont pas été généralisés sur toute l’île. Ils concernent seulement les villages du sud.

    Cordialement,
    Ingrid

  5. contrarien976
    contrarien97625 janvier 2017

    Le directeur de météo Mayotte avait prévenu en juillet dernier que la saison des pluies allait être très en retard, si moi je le savais, les “responsables” ne pouvaient pas ne pas le savoir!
    Depuis 2011 il existe un rapport qui décrit ce qui se passe actuellement: retenues insuffisantes, cours d’eau non entretenus et squattés par les immigrés et des mahorais, non interconnexion des réseaux, …
    Tout cela démontre une fois de plus dans ce pays l’incompétence totale des élus, des mairies, de la police de l’eau, etc…
    Depuis 1 mois et demi seule une partie de l’ile est punie par des restrictions qui touchent aussi les centres de soins et les PMI. Les autres continuent sans vergogne de puiser dans les réserves.
    Les responsables se contentent de regarder le ciel pour prévoir quelques gouttes..

  6. Zben
    Zben27 janvier 2017

    Merci pour cet article!
    Vous pouvez consulter mon blog pour avoir ma vision de Mayotte :
    http://mayottebd.blogspot.com

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