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Davos 2017 : éloge de la médiocrité satisfaite

Davos 2017

Davos 2017 : éloge de la médiocrité satisfaite

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Auran Derien, universitaire ♦

Vilfredo Pareto a forgé le concept d’élite pour désigner, de manière neutre, ceux qui se situent en haut d’une catégorie. En conséquence, nous disposons d’une élite de truands,  d’escrocs et de prédicateurs mensongers.  Malheureusement, depuis le début du XXIème siècle, on ne voit que ceux-là à Davos. Et comment s’en étonner ?

Le XXème siècle, dominé discrètement par les nouvelles mafias financières nées grâce à  la conception primitive de la monnaie-marchandise – que l’on crée et trafique à travers le crédit non remboursé – a éliminé les élites nobles et civilisées en finançant des guerres fratricides et en achetant tous ceux qui pouvaient exercer une influence. L’esclavage est désormais la norme, volontaire ou accepté après négociation sur le prix de la reddition. Le monde globalitaire a ainsi pris le visage des parrains de Davos.

Des discours de primates vaniteux

Depuis des siècles, les discours de la finance mondialiste se suivent et se ressemblent : le business est difficile, le territoire sur lequel s’exerce leur racket est agité de tensions, des petits malappris contestent l’autorité de la race  des parrains. La divinité absente, le veau d’or et ses représentants, manque de moyens de rétorsions face aux jouisseurs, libre-penseurs et autres poètes. On ne doit jamais tolérer la moquerie des saintes choses de ce monde, telles que fixées une fois pour toutes dans les vérités révélées reprises de conférencier en conférencier. Il a fallu tant de siècles pour les imposer aux humains que ce serait trop horrible de laisser bafouer ce qui a été écrit depuis Abraham. Alors la litanie des niaiseries se déroule durant trois jours.

Pour le cas français, La(ha)garde du FMI s’est chargée de promouvoir les générations de macro(.o)n, dont la dynastie devrait salir tout le siècle, au moins, puisqu’elle a évoqué les nº 1, puis 2, puis 3.

Á Davos, ce n’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule. Il suffit de répéter, l’air confis en dévotion, les conseils doux exhalés depuis le début du XXème siècle  : ne pensez pas, croyez! Laissez-vous pénétrer…pas de protection de vos territoires ni de vos êtres. Votre frère est votre ennemi, mais non le nouveau venu du vaste monde…Le banquier est un dieu vivant, il est intouchable…Récompensée par un poste au FMI pour avoir vendu des richesses qui ne lui appartenaient pas aux banksters globalitaires, La(ha)garde du FMI a obtenu en sus le droit de percevoir un dividende sous la forme de ce radotage pieux. C’était parfaitement répugnant.

Le ministre des finances italien, Pier Carlo Padoan, a frôlé le scandale en proclamant que l’Euro et l’Union Européenne étaient des problèmes, non des solutions, car tout y est totalement falsifié. Comme au théâtre de guignol, les Juncker, Schulz, et autres saltimbanques sautent et dansent au son des dollars qui tombent dans leurs escarcelles installées à l’abri des regards, dans quelque paradis fiscal, probablement aux USA qui sont le premier paradis fiscal mondial.

Quant à Klaus Schwab, Président officiel de ce Forum économique mondial, il sombre dans le piège de l’engagement qui accompagne son gâtisme. C’est une personnalité parce qu’il a accepté de devenir l’assassin de la civilisation européenne en promouvant la globalisation. Sous prétexte de favoriser l’avènement du paradis terrestre, il a installé la tyrannie des banquiers et l’absolutisme  des prédicateurs. Á 78 ans, il refuse de reconnaître qu’il a été enfumé, que tout cela est très comparable au bolchévisme, et que si tout est faux, l’organisation totalitaire de la finance mondiale, des multinationales et autres consistoires est la réalité inhumaine dont peu à peu les populations prennent conscience. Il eût pu reconnaître ses erreurs et ses torts. Mais le piège bien connu de l’engagement a imposé sa loi d’airain. Il sait qu’il a transformé ce qui fut un monde diversifié, civilisé, en un désert balayé par le vent des spéculateurs et éradiqué par des trombes ethniques, mais il se colle à son erreur.

Ce phénomène est bien connu des hommes d’affaires, aussi est-ce leur technique préférée. Ils cherchent, par toutes sortes d’astuces, à obtenir un acte qui engage leurs victimes dans une direction (achat, idéologie…) et si cela les détruit, comme aujourd’hui la globalisation extermine les européens, alors c’est parfait puisque la plupart des gens n’accepteront pas de reconnaître qu’ils ont été trompés et iront jusqu’au bout, jusqu’à l’anéantissement. Ce Schwab appartient à une catégorie bien connue des lettrés européens: le crétin instruit. On lui a fait croire que la foi en la globalisation sauvera le monde, comme d’autres (ou les mêmes) ont cru que l’ignominie bolchévique ferait advenir le paradis. Ces benêts se croient très intelligents, si subtils qu’on ne saurait les berner. La réalité est à l’opposée…

Quand la Chine s’éveillera

L’unique originalité du guignol’s band des hommes de la “davoscratie” a été la présence du Président chinois et de la délégation importante qui l’accompagnait au sein de laquelle furent remarquées les élites correspondantes à celles de Google ou d’Amazon. En même temps, le nouveau Président des USA, Donald Trump, avait annoncé qu’il ne viendrait pas et n’enverrait aucun représentant officiel. Par contre,  Soros était là. Le chef du nouveau conseil économique de la présidence étatsunienne, Gary Cohn, grand ponte de Goldman-Sachs, pilier de Davos, a déclaré que cette année il ne serait pas présent physiquement pour faire plaisir à Trump. Mais d’autres  de la banque sont venus, qui travaillent en même temps pour Trump. On citera notamment Anthony Scaramucci, ancien de Goldman-Sachs désormais au service du nouveau président américain. Si le voyage à Davos a été annoncé comme relevant d’une démarche personnelle, Scaramucci est aussi en affaires avec les Chinois auquel il a vendu sa participation dans le fonds SkyBridge Capital . Le business continue.

Les relations avec la Chine ont toutes les raisons d’être fructueuses, mais sans changement de cap, tout l’occident va devenir sous-développé, tant par la fermeture des usines, qu’à cause de la disparition de toute supériorité technologique, sans oublier la dépendance due aux investissements massifs de l’Asie dans le contrôle de ressources naturelles. Pour flatter les banquiers globalitaires, le président chinois n’oublie pas d’affirmer que son pays pratique la coopération, leur assurant de juteuses commissions lors des transactions qui lui permettent d’acheter l’Europe voire l’occident. Il a rappelé aux cadres de son parti unique, il y a quelques mois, qu’il convenait de ne pas oublier que la Chine est un pays communiste et qu’il fallait étudier Marx dans les universités, ce qui a dû faire glapir de plaisir tous les banksters autour de Trump – et des autres – puisque ce sont eux qui avaient financé, à la génération précédente, les bolchéviques partout dans le monde, tant la révolution de 1917 en Russie que lors des élections en Allemagne en 1930.

La Chine devient un pays de classe moyenne, donc un client important pour le futur proche (2030). Le niveau technologique monte en Asie et ce qui reste de supériorité en Europe dans divers secteurs va disparaître puisque tout est à vendre. En Allemagne par exemple, ce que ne veulent pas les anglo-saxons est acheté par les Chinois, de sorte que d’ici 15 ans maximum, le pays aura disparu, tant humainement que technologiquement. La qualité actuelle des investisseurs chinois réside dans leur absence totale de préoccupations politiques. Ils achètent dans un pays sans rien demander d’autre qu’une protection de leurs investissements: il n’y a aucune niaiserie pieuse à respecter en échange, du moins pour l’instant.

La Chine prend donc sa place dans le nouvel ordre mondial que préparent les banquiers concentrés autour de Donald Trump. Davos aura été réveillé par cette nouveauté. On a observé que la Chine a un programme, alors que La(ha)garde du FMI, les petits macro(.o)n en service commandé, les vieux gâteux à la Schwab, les  aliénés allemands, tous sont des baudruches  incapables de volonté au-delà de leur vertu d’obéissance aux maîtres étrangers.

Puisque la Chine s’éveille, peut-être tirera-t-elle les européens hébétés de leur cauchemar et recommenceront-ils à penser par eux-mêmes ? On en doute car les  Européens ont été achetés par tous les riches, tant l’Amérique que la Chine, les monarchies pétrolières que les Présidents africains.

Avec de tels animaux la ferme d’Orwell a des chances de perdurer en Europe, au profit de ceux qui sont plus égaux que les autres.

 

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