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Les grands chantiers de la Présidentielle [1] : la folie écologiste et la dette de l’État

Dette Knut Baade Stormnatt

Les grands chantiers de la Présidentielle [1] : la folie écologiste et la dette de l’État

Métamag ♦

Tony Blair l’a dit un jour: «La bonne politique n’est ni de gauche ni de droite, c’est celle qui marche ». À trois mois des Présidentielles, Fachosphère et Gauchosphère sont toutes excitées et fourbissent leurs armes. Métamag, sans prendre partie, mettra à disposition de ses lecteurs tous les éléments leur permettant de faire un choix, en toute connaissance. Il nous paraît important dans un souci d’analyse de revenir sur les grands chantiers qui attendent le ou la future Présidente et ce, sans arrière-pensées et le plus objectivement possible. Nous commençons par le premier et il risque bien d’être le plus urgent : l’endettement de la France et le redressement de ses finances. ML.

Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

La folie écologiste et la dette de l’État : la France emprunte 7 milliards d’euros sous forme d'”obligations vertes”

De quoi s’agit-il exactement ? De titres de dettes négociables sur les marchés dont le montant doit financer des investissements en faveur de l’environnement, comprenez l’arnaque des éoliennes et du développement durable. « Le résultat de l’opération montre que la France est reconnue comme un grand État vert, avec un cadre crédible et robuste pour mettre en œuvre l’Accord de Paris », a estimé, dans un communiqué, Ségolène Royal, ministre de l’Écologie toujours pas inquiétée pour ses gabegies dans la gestion de la région Poitou-Aquitaine.

Ainsi, la France  a ouvert la voie ,mardi dernier, à la mise en place d’un véritable marché des emprunts d’État en faveur de l’environnement, en récoltant 7 milliards d’euros pour un emprunt sur une durée de 22 ans. Un communiqué de L’Élysée assure que « le produit de cette émission financera dès à présent et sur le long terme la lutte contre le changement climatique, l’adaptation au changement climatique, la protection de la biodiversité et la lutte contre la pollution » et précise  que « cette émission traduit la robustesse des engagements pris par la France pour la mise en œuvre de l’accord de Paris  sur le climat ».

La France : un « grand État vert »

Pour Ségolène « le résultat de l’opération montre que la France est reconnue comme un grand État vert » et Michel Sapin, ministre de l’Economie de rajouter que cela démontrerait que l’on « peut vouloir financer des dépenses vertes dans des conditions économiquement, budgétairement […] tout à fait exemplaires ».

En réalité, le taux d’intérêt de l’emprunt a été fixé à 1,75% soit sans aucun cadeau particulier car il correspond à un taux comparable à des emprunts « classiques » de même durée. Il s’agit donc d’un emprunt ”idéologique” cherchant à conforter le choix français suicidaire à terme de la transition énergétique.

Dernière nouvelle en date sur ce front : le parc éolien off-shore de Saint-Brieuc.

Le marché au départ avait été attribué à un groupe espagnol et à AREVA. AREVA n’a pas donné de suite d’où la reprise de la totalité du marché par le groupe espagnol, qui en réalité est une composante de l’allemand Siemens. Du coup le nouveau prototype de St-Brieuc est construit et réalisé en Allemagne ce qui rend caduc le projet d’usine de production au Havre. Si on résume froidement la situation, l’écologie est à crédit sur le dos des générations futures .

Il s’agit aussi, par ce biais, d’ouvrir une fois de plus une nouvelle ligne de crédit. Il s’agit en réalité d’un nouveau produit de camouflage émis par les agents de France-Trésor en collaboration avec les fonds souverains et les fonds de pension c’est-à-dire les banques.

A cent jours des présidentielles, le constat de faillite de l’État  est même reconnu par la Cour des comptes dirigé pourtant par un socialiste , Didier Migaut.  Le rapport de la Cour des comptes reconnaît ouvertement que le gouvernement sortant a gâché sa chance historique de redresser le déficit alors que le prix du pétrole était très bas et les taux d’intérêt proches de 0 % ce qui auraient pu permettre un rééquilibre de notre balance commerciale et un redressement significatif des déficits publics, plombés habituellement par les taux d’intérêts des emprunts. C’est d’ailleurs ce qui est bien arrivé dans quasiment tous les pays d’Europe sauf en France ! On sait donc déjà que le successeur de Hollande va avoir fort à faire car le prix du pétrole va remonter comme les taux d’intérêt et le dollar creusant alors encore plus le déficit mais mécaniquement . Migaud a eu le courage de ne proposer rien de moins que d’opérer un audit des comptes de l’État, dès la prise de fonction du nouveau Président. On nous a donc annoncé « un audit général des finances publiques » qui serait, nous dit-on, publié au mois de juin.

La cure d’austérité devra être sans précédent mais toucher avant tout l’État et la classe politique

La dette française s’élève actuellement à 2200 milliards de dettes, un chiffre tellement colossal qu’il ne veut plus rien dire pour le commun des mortels mais il faut tout de même rappelé qu’en 1980 notre endettement n’était que de 100 milliards. En fait, avec Trump et l’effondrement prévisible de l’euro , le compte à rebours touche à sa fin. Les responsables de la Banque centrale européenne, le gouverneur de la Banque de France ont multiplié les mises en garde  dans l’indifférence pourtant quasi générale.

La France qui emprunte chaque année près de 200 milliards (70 pour équilibrer son budget, 130 pour acquitter les échéances de ses anciens emprunts) n’échappera pas à la banqueroute européenne et l’Allemagne ne l’aidera pas. D’après l’Agence France Trésor, si les taux d’intérêt augmentent de 1 % en 2017, la charge de la dette (41 milliards actuellement) augmentera aussitôt de 2 milliards pour atteindre 52,5 milliards en 2022. Au total, sur la période 2017-2022, ce seraient – toujours dans la même hypothèse – 44 milliards supplémentaires qu’il nous faudrait débourser.

La dépense publique française atteint actuellement 57 % du PIB (contre 44 % en Allemagne et 43 % au Royaume-Uni). La France compte 5,6 millions d’agents publics, soit 84 fonctionnaires pour 1000 habitants (contre 60 en Allemagne et 45 au Royaume-Uni). Les dépenses publiques (1260 milliards en 2017) continuent d’augmenter plus vite que le PIB. L’État vient de dépenser 3 milliards pour les emplois aidés, 4 milliards pour la prime d’activité qui remplace le RSA, 2 milliards (fourchette la plus basse ) pour les réfugiés .

Envisager une cure d’austérité pour la France est possible à condition qu’elle apparaisse légitime et pour cela , il faudra commencer par baisser le nombre de député et de sénateurs et leurs appointements, supprimer leurs privilèges dont le nombre d’attachés parlementaires et les billets d’avions, supprimer l’échelon départemental et une grande partie du corps préfectoral, supprimer le Conseil Economique social et environnemental et toutes les officines qui ne servent qu’à replacer les ”copains”.

C’est d’abord par une cure d’amaigrissement sans précédent de la classe politique française qu’il faut commencer pour ensuite s’attaquer à la suppression de toutes les niches fiscales. Loin d’être contradictoires, économies budgétaires et baisse de la fiscalité sont complémentaires et même indissociables. Les deux mouvements doivent être engagés simultanément et avec suffisamment de hardiesse pour produire le choc de croissance qui relancera notre économie.

S’agissant de la baisse des impôts, il faut remplacer l’impôt sur le revenu, progressif et à taux variable et spécificité purement française par un impôt moderne, proportionnel et universel, inspiré de la CSG, à 3 taux constants, qui s’appliquerait à tous et serait prélevé à la source. C’est la flat tax («taxe plate»), déjà en vigueur dans une quarantaine de pays dans le monde, dont cinq membres de l’UE, mais aussi en Russie et dans certains États des États-Unis. Concrètement, pour les ménages dont le revenu est inférieur à 800 euros par mois, la CSG sera réduite à 3,5 %. Pour ceux dont les revenus sont compris entre 800 et 4000 euros par mois, la CSG actuelle (8 %) continuera d’être appliquée, mais tous les autres impôts seront supprimés. Au-delà de 4000 euros, une taxe uniforme de 17 % sera appliquée à tous les revenus, en plus de la CSG, pour solde de tout compte.

Illustration : Toile de Knud Andreassen Baade, «Stormnatt», 1879

 

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